15 juin 1844 — Charles Goodyear brevette le caoutchouc

Cette découverte ne fut pas sans accrocs. Mr Goodyear, après être passé trois fois par la case prison, essuyé trois banqueroutes, deux déménagements forcés et inhalés des milliers de litres d’air aux effluves de caoutchouc brûlé, arriva à sortir de ses fours la matière proche de celle qu’on flambe les soirs de nos désaccords cordiaux à Tarik el Jdidé.

Charles Goodyear commença à travailler dans une quincaillerie de Philadelphie à l’âge très respectable de 14 ans, soit le double de la moyenne des migrants syriens travailleurs au noir.

Quelques années plus tard, vers 1824 Charles ouvre sa propre quincaillerie, qui fera faillite suite au crash boursier de 1828. Il passera une première fois par la prison pour dettes impayées avant de s’y remettre au business. Il a la niaque. Il s’intéresse au potentiel du caoutchouc. Il essaie de l’exploiter dans de nouvelles utilisations, mais la matière est instable. Le caoutchouc utilisé résiste mal aux changements de température : mou quand il est soumis à la chaleur, cassant une fois exposé au froid. Ses expériences et les odeurs incommodantes le forcent à déménager. Il part s’installer à New York pour expérimenter un nouveau mélange d’acide nitrique et de caoutchouc qui lui permet de décrocher un contrat pour des sacs postaux. Mais la recette n’est pas la bonne. Les sacs fondent au soleil ! Top Chef lui conseille de raffiner sa recette en ajoutant un peu plus de mayonnaise. Mais ça ne prend toujours pas. Ruiné il doit déménager encore une fois à Woburn.

En 1839, Goodyear achète les droits à un nouveau procédé qui utilise l’addition du soufre au caoutchouc par imprégnation pour éliminer la nature collante du produit. Un jour, affairé à ses fours, un extrait de caoutchouc soufré tombe dans un poêle : la cuisson stabilisa les propriétés élastomères de la gomme. Goodyear découvre ainsi par hasard le procédé de « vulcanisation ». Le jury de Top Chef fait la moue, car un peu de mélasse aurait fait l’affaire quand même. Mais le produit fini n’est pas parfaitement homogène… Goodyear fait faillite et repasse par la case prison.

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Finalement, en 1842, un nouveau procédé consistant à l’ajout de vapeur d’eau sous pression au mélange de caoutchouc et du soufre permit d’obtenir un produit stable et homogène. Charles Goodyear est aux anges.  Les applications et les inventions se succèdent : fils de caoutchouc, canots de sauvetage, ressorts, roues, etc. Mais la fortune ne lui sourit toujours pas, car l’idiot, pris par son labo et ses essais, se fait coiffer au poteau par Thomas Hancock qui le devança en déposant le brevet de la vulcanisation le 21 novembre 1843, ayant pu découvrir sur les échantillons de Goodyear les traces de soufre révélant son procédé. Charles Goodyear ne tira presque aucun bénéfice de ses inventions.

Il passa ses dernières années en procès, essayant de poursuivre en justice ceux qui ont spolié son invention. Ses économies y passent en frais de justice. Il repasse brièvement par la case prison pour une chambre d’hôtel impayée avant de s’éteindre le 1er juillet 1860, très endetté et malade à force d’avoir brassé l’air de ses cuissons.

En 1898, l’entreprise Goodyear Tire & Rubber Company spécialisée dans la production de pneus en caoutchouc, est fondée aux États-Unis. Cette entreprise n’est aucunement liée à Charles Goodyear ni à sa famille. Comme quoi, ce n’est même pas le nom de Charles Goodyear que le Sayyed bénit à chaque brasier de pneus.

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