20 Juin 1815 – Les Rothschild attaquent la bourse de Londres

Au lendemain de la bataille de Waterloo, spéculant sur le résultat de la bataille et propageant de fausses informations, Nathan Rothschild effectue son fameux « coup de bourse » qui donne à sa famille le pouvoir financier absolu sur la bourse de Londres. Comme quoi, il n’y avait pas que les vautours qui se gavaient au lendemain des batailles. Quelques banquiers trainaient aussi…

Certains gagnent des batailles, mais perdent leurs âmes. C’est ce qu’on pourra dire des Anglais au lendemain de la bataille de Waterloo. La famille Rothschild, n’est plus à présenter, de commerçants juifs ayant gravi les échelons depuis la maison où leur ancêtre tenait négoce et change, la maison « à l’écusson rouge » ou zum roten schild à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, qu’ils prirent comme patronyme, pour devenir financiers, banquiers et barons.

Or en 1815, la famille était assez puissante : elle possédait des banques dans cinq pays, et avaient prêté de l’argent à pratiquement tous les gouvernements où ils opéraient, notamment aux Anglais autant qu’au Français pour financer la guerre, ils attendaient le dénouement pour reprendre les affaires. Le retour de Napoléon, et la bataille que la coalition s’apprêtait à livrer allaient décider du sort de l’Europe.

Une des forces de la banque Rothschild était le réseau d’informateurs et d’espions, partout présents à l’échelle internationale, et qui rapportait toute sorte d’information en des échanges codés et secrets. Avec leurs agents, la famille avait son réseau d’information privé.

 Les voitures de Rothschild arpentaient les routes, les bateaux de Rothschild voguaient le long des canaux, l’ombre des agents de Rothschild se déplaçait sans un bruit dans les rues des capitales. Tous transportaient de la monnaie, des messages ou encore des courriers confidentiels, et par-dessus tout – des informations exclusives concernant les plus récents mouvements sur le marché des matières premières et la bourse.

Et il n’y avait de plus précieuse information que celle concernant Waterloo en ce jour du 18 juin.

De la bataille de Waterloo dépendait le futur du continent européen. Si Napoléon sortait victorieux de cette bataille, la France se verrait devenir maître inconditionnel en Europe. Et dans le cas contraire, l’Angleterre deviendrait de facto le pays le plus puissant d’Europe et se trouverait ainsi en position d’étendre largement sa sphère d’influence. Si l’Angleterre venait à être vaincue, la livre anglaise sombrerait sous des dettes colossales tandis que le franc s’envolerait. A contrario, si elle venait à écraser Napoléon, la valeur de la livre atteindrait des records.

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Nathan Mayer de Rothschild

Nathan de Rothschild, qui tenait la banque à Londres avait fait de gros investissements, et attendait, comme toute la bourse de Londres d’ailleurs, le résultat de la bataille pour savoir comment adapter sa stratégie. Or, contrairement aux autres banquiers de Londres, Nathan n’avait d’appartenances qu’à la maison des Rothschild. Les sentiments nationaux n’avaient pas lieu d’exister dans sa stratégie froide. C’était le genre de banquier calculateur et tranquille, pas le genre de celui dont les gardes du corps poignardent les passants à Achrafieh. Alors que les deux armées se préparent à la bataille, Nathan Rothschild avait déployé ses agents aux positions les plus stratégiques dans les deux camps, ainsi qu’il avait préparé les postes pour le transport des bulletins d’information. Et il avait concocté sa stratégie en grand secret. Aucun commis ou assistant n’était au courant du coup qu’il préparait, surtout pas son petit commis nommé Rafic H. qui essayait alors d’apprendre le métier en spéculant sur les dettes souveraines libanaises.

18 Juin au matin, la bataille de Waterloo commence. Le sort du combat qui laissa 25,000 morts resta indécis jusqu’à la soirée. Mais dès la fin de l’après-midi du 18, une information capitale dépêchée par un agent des Rothschild part vers Londres, avant les dépêches officielles.

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Diorama du champs de la bataille de Waterloo
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Bataille de Waterloo

Le 20, l’information que Wellignton est sorti victorieux arrive à Nathan qui la garda secrète. Il partit vers la place boursière de Londres et s’installa dans son coin préféré, contre ce qui fut appelé plus tard le ‘pilier Rothschild’. Avec un visage de poker, le chef de la maison Rothschild donne le signal à ses agents situés aux alentours de vendre des livres britanniques. Rafic H. qui trainait dans la salle passa l’info à son copain Najib M. qui avait besoin d’un peu de tunes pour s’acheter des voix.

Presque instantanément, les agents de Rothschild commencent à vendre des livres, qui, vu les sommes déversées sur le marché commença à perdre de sa valeur. Il ne fut pas nécessaire d’attendre bien longtemps pour voir la devise anglaise s’effondrer totalement.

Nathan ne s’éloigna pas de son ‘pilier’ de toute la durée de l’opération, le visage toujours figé. Il continua à vendre, et à vendre encore. La livre continua sa dégringolade, et dans la salle, le bruit commença à circuler que Rothschild « savait » que Wellington avait perdu.

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Le pilier de Rothschild

Un mouvement de panique s’ensuivit, alors que tous se précipitaient pour se débarrasser de leurs livres en échange d’or ou d’argent dans l’espoir de conserver ne serait-ce qu’une partie de leur richesse. La livre continua sa chute effrénée, et après quelques heures de ventes incessantes, se trouva ruinée, à 5% de sa valeur initiale.

Nathan Rothschild, moins expressif que jamais, toujours adossé contre son pilier, continuait de donner des ordres à ses agents, mais ses signaux ont changé. Ils ont changé de manière si subtile que seuls ses agents surentraînés se trouvaient en mesure de s’en apercevoir. Immédiatement, une douzaine de ses agents se précipitèrent vers le guichet et achètent toutes les livres disponibles pour trois fois rien. Najib M. passa l’info à Walid J. qui suivit la foule des agents pour se faire un peu de pèze pour s’acheter une nouvelle montagne.

Ce ne fut que peu de temps après que la vraie nouvelle se fit savoir dans la capitale anglaise. L’Angleterre était devenue maître incontesté en Europe.

En l’espace de quelques secondes, la livre vit sa valeur flamber jusqu’à atteindre des sommets.

Nathan avait achevé son contrôle sur l’économie anglaise qui était à sa merci. En l’espace de quelques heures, sa fortune avait été multipliée par plus de vingt.

Ce n’est pas tout, grâce au pouvoir acquis dans la bourse de Londres et à ses réserves quasiment illimitées, la famille Rotshchild, avec la branche française rejoue le même coup en France. En 1818, la banque achète une énorme quantité d’obligations du gouvernement français. Ensuite elle inonde le marché des principales places commerciales d’Europe de ces obligations ce qui provoque une panique boursière. Le commis Walid J. passa l’info à son copain Gebran B. qui avait besoin d’un max d’oseille pour un nouveau jet et un peu plus d’ego. Alors, le scénario joué à Londres est suivi, et la famille rachète pour une bouchée de pain les titres et obligations du gouvernement français, empochant en chemin le contrôle de la bourse de Paris.

Comme quoi, vainqueurs et perdants de la bataille de Waterloo sont logés à la même enseigne. Les soldats croupissent et les banquiers trinquent.

À bon entendeur, salut.

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