29 juin 2007 – Après le fiasco du premier Apple phone, le Rokr E1, le 29 juin 2007 Apple commercialise l’iPhone

Le Rokr E1, premier téléphone de la marque à la pomme dévéloppé conjointement avec Motorola fut un bide total. Le 29 juin 2007, le premier iPhone est commercialisé. Ce fut une machine truffée de bugs, avec des problèmes à n’en plus finir, mais au potentiel en or. Avant cette date, on était thé ou café, dessert ou fromage, Nord ou Sud, et depuis, on est iPhone ou autre.

2007, c’était il y a dix ans. Ce n’est pas vraiment de l’histoire, mais l’histoire fut écrite ce jour-là. Depuis l’annonce par Steve Jobs de l’iPhone en janvier de cette même année, la ferveur du public et la panique des ingénieurs d’Apple ne cessaient de monter.

Le 29 juin, ce sont les queues devant les Apple Stores. Le public qui se rue à l’intérieur après plusieurs jours d’attente sur le trottoir, dormant sur place sous les tentes. Les analystes et les médias ne comprennent pas cet engouement pour un téléphone. Ils filmaient ces extra-terrestres faisant la queue, attendant l’ovin d’iPhone. Pourtant ce genre de folie de groupe n’est pas nouveau à New York. En 1945, les New-Yorkais faisaient déjà la queue pour un produit qui voulait révolutionner leur vie: le stylo bille, notre fidèle BIC. Et à l’époque, ils ont payé l’équivalent de 150 dollars pour se le procurer. Sauf que depuis, et contrairement à l’iPhone, son prix a bien baissé.

La conception de ce premier iPhone avait démarré dans le plus grand secret. Jobs voulait l’expérience de l’internet sur un téléphone sans boutons.

« C’était comme la première mission sur la Lune ! » raconte Tony Fadell, le père de l’iPod.

Au moment du keynote, en janvier 2017, l’iPhone n’était qu’un « prototype qui fonctionnait à peine » Il n’y avait pas encore de ligne de production mise en place, il en existait une centaine d’exemplaires, dont certains avaient de gros défauts, pleins de bugs, et qui plantaient aléatoirement. Par exemple, l’iPhone pouvait lire un extrait de musique ou de vidéo, mais pas jouer un clip entier sous peine de planter. Il pouvait envoyer un e-mail puis surfer sur le Web, mais pas l’inverse ! Des heures de tests avaient permis de définir l’ordre précis dans lequel on pouvait enchaîner les actions sans plantage. Mais toute sortie de route était pénalisée.

Concevoir un écran tactile était à lui seul un projet titanesque. Un des tout premiers appareils équipés de la technologie tactile multipoints, sur lequel travaillait l’équipe Mac, était « énorme, il remplissait la pièce ». Le premier vrai prototype ressemblait à un iPod dont on utilisait la molette cliquable pour composer les numéros. Pas assez cool pour le boss.

Le deuxième prototype, conçu début 2006, plus proche de la version finale, était entièrement en aluminium. Deux experts des antennes ont dû aller « jusqu’en salle du conseil pour expliquer à Steve (Jobs) et (Jonathan) Ive qu’on ne pouvait pas faire traverser du métal à des ondes radio » raconte Phil Kearney, qui dut expliquer aux « artistes » que c’était juste une belle brique, qui ne pourrait jamais fonctionner. Loin de faciliter les discussions, par obsession du secret, Steve Jobs avait tenu à séparer les équipes du logiciel de celles travaillant sur le matériel… Au final : un bel appareil qui ne peut servir que comme presse-papier.

Pour mettre la pression, Jobs annonce la keynote aux grands désarrois de ses ingénieurs. En janvier 2007, la veille du jour J, après cinq jours de répétitions d’arrache-pied, l’ultime prototype se comportait rarement sans plantage. Les ingénieurs d’Apple avaient établi un «  golden path  », autrement dit un cheminement sûr pour le démonstrateur, Steve Jobs. S’il enchaînait les tâches dans le bon ordre, l’iPhone donnait l’impression de bien fonctionner. Mais au moindre faux pas, il aurait planté. En fin de compte, le miracle se produisit. Steve Jobs parvint à accomplir sa démonstration sans incident.

Pendant ce temps, au cinquième rang, une bande d’ingénieurs et de cadres, stressés et exténués, saluaient chaque étape réussie de la présentation de Steve Jobs d’une lampée de Scotch, se préparant à subir la foudre de Jobs en cas de plantage.

George Kennedy Jr
George E. Kennedy Jr., left, first in line to purchase the new iPhone, shows his purchase, at an Apple store in Tysons Corner, Va., Friday, June 29, 2007. Kennedy is switching from Nextel to AT&T, and for him it is « bye bye Blackberry, hello iPhone. » (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)

La keynote réussie, restait à sortir un produit commercialisable. Finalement, le 29 juin 2007, les portes des Apple Store s’ouvrent, et les fans, qui attendaient depuis plusieurs jours aux portes, vont se ruer à l’intérieur pour s’en emparer. À l’époque, le premier iPhone n’avait pas d’App Store, une faible 2G, pas de fonction copier-coller ni même de possibilité de changer le fond d’écran. Ce modèle n’était pas opérationnel, les bugs étaient nombreux, et ni les médias ni les analystes ne comprenaient la folie qui entourait le produit. Mais en 2007, tout ce qui intéressait les gens avec l’iPhone, au-delà de l’aspect gadget ultramoderne véhiculé par Apple, c’était l’expérience du Web qu’offrait le téléphone avec une qualité encore jamais vue.

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Quelques mois plus tard seulement, Apple baissait le prix de son téléphone, le faisant passer de 600 à 400 dollars. Le modèle sorti l’année suivante, l’iPhone 3G ne sera vendu que 200 dollars. Un rabais tout simplement inconcevable aujourd’hui: l’iPhone 7 coûte aux alentours de 650 dollars dans les magasins alors qu’il ne coûte que 227 dollars à produire.

 

Quelques anecdotes sur l’iPhone:

L’iPhone n’était pas le premier téléphone d’Apple. En 2005 le Rokr E1 lancé avec Motorola fut un total échec.

Adios femmes et enfants. À quelques semaines du lancement de l’iPhone, insatisfait de l’appareil, Jobs avait demandé à toutes les personnes travaillant sur le projet de rentrer chez elles pour prendre quelques affaires dans une valise et revenir travailler non-stop jusqu’à ce que tout fonctionne comme il se doit.

Le téléphone de Google et Android ringardisé avant son lancement. Andy Rubin, papa d’Android et à la tête du projet de téléphone Google du nom de code Sooner était en route pour un rendez-vous à Las Vegas, où se tenait l’édition 2007 du CES. Il devait y rencontrer un fabricant de téléphones, prêt à intégrer son bébé. Bluffé par la présentation qu’il était en train de voir, il a demandé à son chauffeur de s’arrêter sur le bas-côté pour finir de regarder l’événement. « Shit ! », aurait-il dit à un de ses collègues dans la voiture, «  je crois qu’on ne va pas sortir le téléphone  ».

Le téléphone en question était pourtant plus performant que l’iPhone sur certains aspects. Il était, entre autres, multitâche, fonctionnait sans avoir besoin d’être connecté régulièrement à un PC ou un Mac et intégrait un Android Market. Problème : il était laid et ringard, avec un clavier physique et écran non tactile. Google dut remettre à plat son projet pour le relancer en 2008 sous le nom de code Dream.

Le Gorilla Glass. À l’origine, l’iPhone devait avoir un écran en plastique, comme ceux des iPod. Mais une fois les premiers prototypes en main, Steve Jobs voulut passer au verre, plus noble et élégant. La difficulté était de trouver un verre solide et inrayable… Un tel matériau existait bel et bien : baptisé Gorilla Glass, il avait été inventé dans les années 60 par l’entreprise Corning… mais n’avait jamais trouvé de marché. Corning n’en produisait donc pas et n’avait pas d’usine capable d’en fabriquer dans le délai de six mois fixé par Jobs. Quelque peu poussé par le patron d’Apple, Wendell Weeks, directeur général de Corning, releva le défi. Le Gorilla Glass, qui orne encore les iPhone, a été produit en moins de six mois après qu’une usine fut transformée en une nuit.

L’iPad avant l’iPhone. Apple travaillait sur une tablette tactile bien avant de se mettre à développer son iPhone. Mais Steve Jobs avait un problème avec le concept de tablette : il ne savait pas comment le « vendre » ce Safari Pad. En revanche, il pensait pouvoir vendre un appareil tactile destiné à remplacer les téléphones mobiles de l’époque. Apple s’est donc orienté vers l’iPhone. Le Safari Pad ne fut lancé que trois ans plus tard sous le nom d’iPad.

Steve Jobs ne voulait pas de l’App Store. Il était même très réticent à ce que des applications tierces viennent polluer son appareil avec des virus ou des logiciels indésirables. Pour que Steve Jobs change d’avis, il a fallu toute l’insistance de Phil Schiller et d’Arthur Levinson. Siégeant au board de Google, ce dernier savait que le magasin applicatif était central à Android. L’App Store a été lancé en juillet 2008, avec l’iPhone 3G.

Le nom d’iPhone était propriété de Cisco. Ainsi que l’iOS. Un accord passant par les cases tribunal et  chéquier permit à Apple de garder le nom.

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