4 juillet 1807 – Naissance du plus grand rebelle de tous les temps : Giuseppe Garibaldi

Oust Che Guevara, Castro, et James Dean. Qui d’autre peut se targuer d’être récupéré aussi bien par la gauche que par la droite et le fascisme, defendu par Marx et Engels, fêté comme libérateur sur trois continents? C’est l’occasion de parler du chef des « chemises rouges », héros le plus populaire d’Italie, en tête du hit-parade des noms donnés aux rues et places publiques, mais aussi victime de sa légende. 

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Giuseppe Garibaldi

Né à Nice le 4 juillet 1807, Giuseppe Garibaldi est honoré par l’Italie, mais aussi par Nice, sa ville natale, et l’Uruguay, lieu de ses premiers exploits. Il est ainsi surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe. Guevara n’a qu’à aller se rhabiller, car il est difficile de faire à l’ombre à Garibaldi, l’éternel rebelle.

Mousse à 13 ans, il s’engage sur le Cortese pour la mer Noire, mais le bâtiment est assailli par des corsaires grecs qui pillent le bateau, volant jusqu’aux vêtements des marins. Le voyage se poursuit et sur le retour, en août 1828, Garibaldi tombe malade et débarque à Constantinople où il reste jusqu’à fin 1832, en partie, en raison de la guerre turco-russe. De retour à Nice, après avoir eu la patente de capitaine, il se passionne pour les idées révolutionnaires et rejoint le mouvement révolutionnaire «Jeune Italie» de Giuseppe Mazzini, pour la rédemption de tous les « peuples opprimés ».

Marseille. First Meeting Between Garibaldi And Mazzini In 1833
First Meeting Between Garibaldi And Mazzini In 1833 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Enrôlé dans l’armée, il ne tarde pas à s’exposer avec ses idées révolutionnaires. Le 11 février 1834, il doit participer au mouvement insurrectionnel mazzinien de l’arsenal de Gênes ; celui-ci doit accompagner l’opération militaire du général Ramorino dans le Piémont le 1er février 1834 destinée à renverser la royauté. Mais l’opération échoue, et Garibaldi devient un « bandit » condamné à mort par contumace.

Il s’embarque alors pour le Brésil, où il participe à un soulèvement républicain, participe à plusieurs batailles, mais comme l’issue tarde à venir, il passe en Uruguay pour défendre l’indépendance de ce petit pays avec une troupe d’exilés italiens. Avec sa troupe de Légions italiennes, Garibaldi marque victoire sur victoire et il obtient le statut de héros, sa renommée devient internationale et la presse italienne raconte ses exploits.

Les légionnaires de Garibaldi, reconnaissables à leur chemise rouge se feront désormais connaître sous l’appellation de «Chemises rouges».

Mais en apprenant es bouleversements qui ont lieu en Italie, l’investiture du pape libéral Pie IX, l’insurrection dans le Royaume des Deux-Siciles, il se montre impatient de rentrer en Italie, d’autant plus que la paix semble imminente à Montevideo.

En 1848, l’Europe connaît, une série de révolutions par lesquelles les peuples demandent plus de liberté, et que l’on nomme le printemps des peuples. Elle débute en France et donne naissance à la Deuxième République, s’étend à l’Allemagne, la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche et les états de la péninsule italienne.

Le 23 juin 1848, après 14 ans d’absence, Garibaldi débarque à Nice avec ses compagnons ; la guerre est déjà engagée. Le 29, il quitte Nice pour Gênes avec 150 volontaires. Garibaldi, dont la réputation a précédé la venue, offre son épée au roi de Sardaigne qui refuse son aide. Il se précipite alors à Rome avec une nouvelle troupe de volontaires à Rome où Mazzini vient de proclamer la République. Il est élu à l’assemblée constituante de la future République. Il vainc le corps expéditionnaire français du général Oudinot, mais ne réussit pas à sauver la République romaine.

Garibaldi in Palermo / Fattori - Garibaldi in Palermo / Paint.by Fattori -
Garibaldi in Palermo’. – Painting by Giovanni Fattori (1825- 1908)

C’est à nouveau l’exil, La Marmora, commissaire extraordinaire à Gênes du royaume de Sardaigne, soucieux de rendre Garibaldi politiquement inoffensif, le fait arrêter. Les autorités l’informent qu’elles souhaitent qu’il quitte le territoire. Ainsi démarre un exil qui le portera à Cagliari, Gibraltar, Tanger, New York où il travaille dans l’usine de chandelles d’Antonio Meucci, connu pour avoir inventé le téléphone avant Alexandre Graham Bell. Puis le Pérou, où il obtient la citoyenneté péruvienne. Travaillant comme capitaine d’un navire marchand il voyage en Chine, à Manille et en Australie. Finalement, en 1857, il s’installe à Caprera où il est paysan, forgeron et éleveur, possédant des oliviers, et un vignoble. Mais la vie tranquille ne lui sied pas. Ainsi, il quitte son île et devient major général de chasseurs des Alpes et arrive à repousser les Autrichiens qui avançaient vers Turin.

Le Journal des débats, Le Siècle, The Times relatent ses entreprises et Marx et Engels en parlent régulièrement dans le New York Daily Tribune.

En avril 1860, Garibaldi est sollicité pour prendre la direction d’une expédition destinée à soutenir la révolte qui a commencé à Palerme, en Sicile. Il débarque avec un millier de volontaires, sans munitions et sans charbon, mais soutenu par la population et jouant d’audace, il s’empare de l’île, remonte jusqu’à Naples et livre le royaume au roi du Piémont-Sardaigne qui peut se faire proclamer roi d’Italie.

Garibaldi entering Naples
Garibaldi paradant à Naples

Le 9 novembre 1860, Garibaldi se retire à Caprera après avoir refusé toutes récompenses, ce qui fascine ses contemporains presque autant que son entreprise.

Garibaldi est le véritable artisan de l’unification du royaume d’Italie qui est proclamé le 17 mars 1861.

Au printemps de cette même année, aux États-Unis en pleine guerre de Sécession, le président Lincoln se désespère de l’inexpérience de ses généraux. Après l’échec de la bataille de Bull Run. Il contacte Garibaldi pour lui demander son aide en qualité de commandant de division dans l’armée de l’Union. Garibaldi fait deux demandes : il veut une résolution décisive pour l’émancipation des esclaves et le commandement suprême. L’émancipation n’est pas dans les intentions du gouvernement fédéral, les négociations s’arrêtent.

Dédaigneux des honneurs, Garibaldi lève en 1862 une troupe pour partir à la conquête de la Ville éternelle où réside le pape sous protection française. C’est le pas de trop. Le roi le fait arrêter, et relâcher aussitôt.

En 1867, Garibaldi reprend sa croisade pour conquérir Rome et se lance à nouveau à l’attaque du réduit romain. Mais il est défait par les troupes françaises et pontificales à Mentana.

En 1871, l’unité italienne est achevée. Garibaldi, alors âgé de 64 ans, met son épée au service des républicains français et Gambetta lui confie le commandement de 10.000 tirailleurs de l’armée des Vosges. Il inflige une défaite aux Prussiens du général Werder à Châtillon-sur-Seine, mais l’armistice du  28 janvier 1871 met fin à la participation de Garibaldi, ainsi qu’au règne de Napoléon III, fait prisonnier à Sedan. Il est élu le mois d’après député en France, puis en Algérie lors des élections supplétives.

Les insurgés de la Commune de Paris font appel à Garibaldi pour prendre la tête de la Garde nationale de Paris, en mars de la même année, mais il décline la proposition.

En 1875, élu député de Rome, Garibaldi est usé par la maladie et les ressources pour faire vivre sa famille sont insuffisantes. Il reprend l’activité d’écrivain, sans succès. Ce n’est qu’après l’arrivée de la gauche au pouvoir qu’il accepte une rente de 100 000 lires de l’État italien, ce qui le met à l’abri du besoin.

Devant l’Assemblée nationale française, Victor Hugo dit de lui : «Cet homme est une puissance». Giuseppe Garibaldi se retire définitivement sur son île de Caprera, près de la Sardaigne, où il rédige ses mémoires et meurt le 2 juin 1882.

« Un homme qui, se faisant cosmopolite, adopte l’humanité comme patrie et offre son épée et son sang à tous les peuples qui luttent contre la tyrannie, il est plus qu’un soldat ; c’est un héros »

Phrase de Barrault rapportée par Garibaldi à Alexandre Dumas dans les mémoires qu’il a rédigés.

Garibaldi
Garibaldi after being wounded on the Aspromonte Massif. Italian Unification (Risorgimento), Italy, 19th century. (Photo by DeAgostini/Getty Images)

 

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