5 juillet 1887 – L’héritier de la distillerie Jameson Irish Whiskey s’offre une fillette en festin

Rien n’est de trop pour développer son art. De passage à Riba-Riba au Congo, James S. Jameson, pour pouvoir en faire une aquarelle, acheta une fillette à ses parents et l’offrit à manger à des cannibales. Son interprète Assaad Farran, originaire du Mont-Liban a rapporté les faits.

L’héritier de la distillerie Jameson, la même qui rachetée par Pernod-Ricard et qu’on sert à Mar Michael avec deux glaçons, est né en 1856. Après avoir fini ses études et son service militaire se donna entièrement au travail de naturaliste. Ainsi, ses pérégrinations l’emmenèrent à Colombo, Calcutta, Singapour, Bornéo, l’Afrique du Sud, l’Espagne et l’Algérie, qu’il visita en quête de curiosités et découvertes.

En 1887, Jameson s’engage avec le corps expéditionnaire de H.M. Stanley, parti au cœur de l’Afrique délivrer Emin Pacha. En 1885, à la naissance de l’État indépendant du Congo, la révolte mahdiste au Soudan détruisait l’ensemble de l’administration égyptienne. Il en résulta que la province soudanaise  Equatoria, la plus équatoriale, dirigée par le docteur allemand Emin Pacha,  fut totalement coupée de ses bases et abandonnée à son sort.

Pour éviter au gouverneur d’Equatoria et aux fonctionnaires égyptiens  le sort de Gordon Pacha et de son personnel lors des combats de Khartoum et, peut-être intéressé par l’annexion facile aux colonies anglaises que représentait la situation de cette province, l’opinion britannique en la personne de l’homme d’affaires William Mackinnon, proposa à Stanley de monter une expédition  pour secourir Emin Pacha.

Arrivé à Banana, comme on disait alors, en plus de l’expédition et des longues journées de camps, Jameson s’adonne à des recherches de naturaliste et la consignation de ses observations en vue de l’illustration de ses futures Forschungen. Mais la maladie l’éprouvera souvent et le service le contraindra à plusieurs déplacements à la rencontre de Tippo-Tip, riche marchand d’esclaves aveugle, propriétaire de plantation et gouverneur, au service d’une succession de sultans de Zanzibar, plus connu pour sa cruauté qu’autre chose.

Un soir à Riba Riba, comme la discussion trainait sur l’anthropophagie que Jameson mettait en doute, Tippo-Tip demanda à Jameson six mouchoirs.

Farran témoigna qu’à Riba Riba, Jameson confia à Tippo-Tip à quel point il était désireux d’étudier la pratique du cannibalisme, qu’il croyait commune chez les indigènes. Pour honorer son invité. Tippo-Tip demanda à Jameson six mouchoirs, qu’un de ses subordonnés troqua à une famille contre leur fille de 10 ans.

Elle fut conduite à la cabane des cannibales. L’interprète traduisit au chef : «Ceci est un cadeau d’un homme blanc, qui souhaite vous voir la manger ». Suarez applaudit à cette initiative et ramena des cordes. La fillette fut attachée à un arbre. On l’éventra deux fois avec un coutelas. Jameson relate l’attitude résignée de la fillette tandis que le sang et les viscères jaillissaient de son abdomen. Lorsqu’elle mourut exsangue, elle fut dépecée et mangée par les hommes qui avaient aiguisé leurs couteaux à proximité. On ne sait pas si du whisky Jameson a été servi avec le repas, mais on doute fort. Le festin terminé, on ne laissa que les deux lobes d’oreille à Mike Tyson pour son snack de l’après-midi.

D’après Farran, Jameson installa son matériel d’artiste et en fit six aquarelles. Fier de son travail, une fois le festin terminé, il demanda aux chefs des tribus de lui corriger ses croquis pour être sûr de tous les détails. Il ne voulait pas qu’on lui reproche plus tard une erreur ou un détail manquant ! Il voulait avoir la conscience tranquille !

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Le seul dessin de Jameson qui nous soit parvenu

Bien sûr, l’histoire fit grand bruit. Jameson, dans sa correspondance avec sa femme clama son innocence en clamant qu’il n’était pas au courant de ce que Tippo-Tip voulait en faire avec la fillette, mais surtout, qu’il n’avait pas son matériel de peinture, et qu’il ne fit ses dessins que quelques jours plus tard. La famille de Jameson qui décéda quelques mois plus tard accusa l’interprète Assaad Farran de mensonges. En fin de compte, c’est un « Levantin », ce qui dans le langage du temps, ne vaut guère mieux que « rastaquouère ».

Mais les faits restent là. Bon appétit.

 

 

 

 

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