11 juillet 711 – Tarek ibn Zyad envahit l’Espagne avant de finir au cachot pour butin détourné

Il y a bien longtemps, dans une galaxie bien lointaine, les Arabes étaient unis, leurs bibliothèques recelaient le summum de la connaissance et des sciences, et marquaient victoire sur victoire. Las, ce temps rentre dans le mythe. Tarek ibn Zyad qui organisa la conquista soumit l’Andalousie en enchaînant les victoires, avant de finir au cachot pour détournement de butin. Confirmation que ces faits eurent lieu dans une galaxie bien lointaine, où dans un monde arabe parallèle la justice fonctionne. La bataille de Guadalete sise en ce jour livra l’Espagne à la conquête arabe.

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Tarek Ibn Zyad

En avril 711, l’armée de Tarek ibn Zyad, chef de guerre omeyyade, d’origine berbère, affranchi de Moussa ibn Noçair, débarque à la tête d’une troupe de 5,000 hommes sur un roc en méditerranée qui désormais porte son nom : Jabal Tareq, francisé en Gibraltar.

Tarek, surnommé dans l’histoire « Tarek le borgne », fut appelé par les héritiers du roi wisigoth Wittiza qui lui demandèrent son soutien au cours de la guerre civile espagnole les opposant au roi wisigoth Roderic.

Les Wisigoths, une tribu germaine venue d’au-delà du Rhin trois siècles plus tôt, avaient d’abord créé un royaume autour de Toulouse. Ils en avaient été chassés par les Francs et se sont alors repliés sur la péninsule espagnole.

Wittiza, en pleine guerre interne, appela donc à son aide un seigneur musulman du Maghreb, l’émir de Tanger Mousa ibn-Noçair. La chose est moins surprenante qu’il y paraît, car les chrétiens d’Occident ont encore à cette époque une notion très floue de l’islam et le voient plutôt comme une secte chrétienne que comme une religion rivale.

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Le Roi Roderic

Moussa ibn Noçair ne se fait pas prier et envoie à son nouvel ami un corps d’armée commandé par un jeune chef berbère fraîchement converti, Tarek ibn Zyad. L’armée de Tarek avait le soutien de la population juive persécutée, et des rivaux chrétiens du roi Roderic qui fournirent la flottille nécessaire au débarquement.

L’essentiel des écrits concernant Tariq et la conquista provient d’historiens musulmans, qui ont rédigé leurs récits plusieurs siècles après les faits. Ces sources racontent ainsi qu’il avait fait brûler les navires qui ont ramené ses guerriers de l’autre côté de la mer, en prononçant son fameux discours « L’ennemi est devant vous, la mer est derrière vous… », avant de remporter la première bataille décisive d’Al-Andalus.

La rencontre entre les armées de Tarek ibn Zyad et de Roderic eut lieu en ce jour du 11 juillet 711. La bataille est connue sous le nom de la bataille de Wadi Lakka par les chroniqueurs arabes et bataille de Guadalete par les historiens espagnols. Bien que les Wisigoths furent très supérieurs en nombre aux envahisseurs, la victoire revint à ces derniers suite à la trahison des deux frères de Wittiza. Le roi Roderic périt dans l’affrontement.

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La bataille de Guadalete

Tarek n’a plus aucun mal pour s’emparer des villes méridionales, à commencer par Séville, qui est détruite faute d’avoir accepté de se rendre. Instruites par cet exemple, les autres villes, comme Cordoue et Grenade, capitulent sans se faire prier, se soumettant à l’envahisseur, Madrid offrit ainsi au vainqueur son premier club de foot, et Zineddine Zidane y fut nommé entraîneur à vie.

Tarek est rapidement rejoint par l’émir Moussa, désireux de s’approprier une part du butin. Plusieurs écrivains arabo-musulmans font état du fait que Tarek aurait décidé sans en informer son supérieur de faire la traversée du détroit, initiative qui aurait provoqué la colère de Moussa Ibn Noçair.

Une version est rapportée selon laquelle la désobéissance et les succès militaires de Tariq auraient provoqué l’ire et la jalousie de Moussa Ibn Noçair, qui l’aurait mis aux arrêts et se serait approprié ses conquêtes (on est arabe ou on ne l’est pas !). En effet, les sources rapportent l’agacement et surprise de la part de Moussa Ibn Noçair, au vu des richesses amassées par Tarek au cours de sa progression rapide. Les références historiques sur ce point indiquent que les deux hommes ont été convoqués et entendus à Damas, en 715 par le calife Al Walid ben Abd al Malak. Les deux protagonistes furent alors accusés de détournement de ces dernières.

Certaines versions historiques racontent ainsi que Tarek fut emmené enchaîné et mourut sur la route de Damas, pour avoir mis dans sa poche ce qu’un ministre actuel n’accepterait même pas comme pourboire. O Tempo o mores.

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