21 juillet 357B.C. – Érostrate brûle le temple d’Artemis, une des merveilles du monde, pour accéder à la notoriété

Manque de pot. Le tribunal qui le juge interdit de prononcer son nom, sous peine de mise à mort. Néanmoins, la notoriété survient un peu plus tard, l’historien Théopompe le mentionnant dans ses Helléniques ; puis il est repris par Strabon, Élien, Solinus, et Panta Rhei pour Ave Tempus, qui feront connaître le nom d’Érostate à la postérité.

 

Les faits

21juillet-119048601_1Dans la nuit du 21 juillet -357, Érostrate, un jeune homme de la cité antique d’Éphèse en Asie Mineure en manque de reconnaissance a l’idée lumineuse d’illuminer le temple d’Artémis en y mettant le feu, pour accéder à l’Histoire et à l’immortalité. Il met le feu au temple d’Artémis, l’une des sept merveilles du monde antique. La déesse en question est représentée au musée actuel d’Éphèse sous la forme d’une « déesse aux mille seins », rien à voir avec sa réincarnation romaine, Diane la chasseresse…

Le pyromane expliqua sous la torture qu’il avait voulu par son geste acquérir une immortelle notoriété. Comme quoi ce besoin existait bien avant le Loft, Big Brother et les perches à selfies. Il fut supplicié comme il se doit et exécuté par les Éphésiens qui condamneront à mort toute personne de la cité qui prononcera son nom.

Dans sa nouvelle Érostrate, publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur, Jean-Paul Sartre résume brillamment l’histoire en quelques lignes :

« — Je le connais votre type, me dit-il. Il s’appelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et il n’a rien trouvé de mieux que de brûler le temple d’Éphèse, une des sept merveilles du monde.
— Et comment s’appelait l’architecte de ce temple ?
— Je ne me rappelle plus, confessa-t-il, je crois même qu’on ne sait pas son nom.
— Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom d’Érostrate ? Vous voyez qu’il n’avait pas fait un si mauvais calcul. 

 

Le temple

21juillet-artemis-planLe temple d’Artemis, dédié à la déesse de la chasse et chef d’œuvre de l’art ionien, a été construit vers 550 av. J.-C. par Théodore de Samos, Chersiphron et Métagénès, et financé par le roi Crésus de Lydie.

Il était entouré de 127 colonnes. Ses dimensions colossales (137,74 m de longueur et 71,74 m de largeur) et la richesse de sa décoration expliquent sa mention dans seize des vingt-quatre listes des sept merveilles du monde qui nous sont parvenues.

D’après Plutarque, reprise par Cicéron dans son traité De Divinatione, cet incendie eut lieu le jour de la naissance d’Alexandre le Grand, ce qui inspire à Hégésias de Magnésie le commentaire suivant : « on comprend que le temple ait brûlé, puisque Artémis était occupée à mettre Alexandre au monde! »

Ce temple est également considéré comme un des premiers établissements bancaires au monde. Il disposait de ses propres finances et faisait fonction de banque pour les dépôts. À quoi servirait sinon la fonction de prêtre si on ne peut pas en profiter au passage ? Puis, de par son statut, le sanctuaire était inviolable et le droit d’asile était accordé à ceux qui se plaçaient sous sa protection.

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Ce qui reste du temple aujourd’hui

Un second temple est bâti au milieu du IVe siècle av. J.-C. sur le même plan avant d’être pillé par les Goths en 263, puis brûlé par les chrétiens en 401. Justinien achève de le démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople. Ses ruines sont visibles à quelques kilomètres de la ville turque d’Izmir.

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