24 Juillet 1911 – Hiram Bingham découvre Machu Picchu

Après une longue marche dans la jungle, arrivé au sommet, Bingham tombe sur la citadelle inca de Machu Picchu, trésor architectonique jusqu’alors resté caché pendant plus de 4 siècles sous l’exubérante nature du canyon de l’Urubamba.

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Hiram Bingham

Le professeur de l’université de Yale, Hiram Bingham auteur de cette trouvaille, est un anthropologue converti, historien et explorateur nord-américain passionné par l’archéologie. Bien qu’il soit considéré comme un archéologue, il préféra toujours le terme explorateur, insistant pour être décrit ainsi dans les Who’s Who de son époque.

Né à Honolulu, Hawaï, en 1875, il étudia l’histoire et la géographie de l’Amérique du Sud à l’Université de Yale. Il s’est intéressé aux légendes sur la llacta de Vitco, le dernier refuge des Incas en rébellion contre les Espagnols, dans la jungle de Vilcabamba, contées de manière épique par les chroniqueurs de cette époque. Sa première incursion eut lieu en Argentine en 1906.

En juillet 1911, après plusieurs jours de marche, Hiram tombe sur des murs construits, recouverts de végétation.
« Nous nous frayions un chemin à travers la forêt vierge (…). Quand soudain, je me suis retrouvé face aux murs de maisons en ruines construites grâce à un travail de pierres très minutieux qu’avaient fait les Incas », raconte-t-il dans son livre consacré, en 1948, à sa « découverte » (La Fabuleuse Découverte de la cité perdue des Incas, Pygmalion, réed. 1998).

« Alors que j’examinais les grands blocs de la ligne inférieure et calculais qu’ils devaient peser  entre 10 et 15 tonnes chacun, je ne pouvais pas en croire mes yeux. Quelqu’un allait-il croire ce que je venais de découvrir? Heureusement (…), j’avais un bon appareil photo et le soleil brillait »

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En réalité, l’archéologue cherchait la ville de Vitco, le dernier refuge des Incas et lieu de résistance contre les Espagnols, et il était convaincu de l’avoir trouvée. Cette découverte fut le fruit d’une investigation exténuante basée sur les informations fournies par des paysans en plus de nombreuses années de voyage et exploration de la zone.

Bien que la découverte soit attribuée à Bingham, Enrique Palma, Gabino Sanchez et Augustin Lizárraga furent les premiers à visiter ces vestiges archéologiques et à graver leur nom sur une pierre, le 14 juillet 1901. Hiram Bingham s’accommoda rapidement de ce petit contretemps, en grattant activement leur nom pour s’attribuer la paternité de cette découverte.

Le site se trouve à l’est de la cordillère des Andes, aux limites de la forêt amazonienne  au Pérou, à cent trente kilomètres de Cuzco, à 2 438 mètres d’altitude. Les ruines sont à cheval sur la crête entre deux sommets : le Huayna Picchu signifiant « jeune montagne » et le Machu Picchu, signifiant « vieille montagne » en quechua.

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Hiram Bingham (gauche) avec des membres de son équipe

Pour Hiram, ce site ne pouvait être que la Vitcos tant recherchée. Il s’y accrocha bec et ongle à cette théorie, même quand d’autres chercheurs prouvèrent catégoriquement que Machu Picchu ne pouvait être la capitale recherchée. Pour lui, ce site découvert sous les lianes était Vitcos, la capitale de l’un des derniers empereurs incas, Manco II, et de ses fils. Ledit Manco aurait emporté dans sa fuite de véritables trésors, notamment la plus grande et la plus précieuse des effigies en or du Dieu Soleil, qui ornait le grand temple de Cuzco. Il n’en fallait pas plus pour exciter les imaginations de tous les chasseurs de trésors. C’est pour cette raison que Walid avait envoyé Taymour sur place.

Suite à la découverte de Machu Picchu, la Vitcos de ses rêves, Bingham sollicita un soutien économique à l’Université de Yale et la Société Géographique Nationale, qui lui fut donnée. Il employa un groupe d’archéologues et anthropologues pour effectuer les fouilles sur le site. Bingham obtint le 31 octobre 1912 l’autorisation d’exécution d’œuvres sur Machu Picchu, et d’emporter les objets rencontrés durant ses travaux archéologiques aux États-Unis. Selon l’article nº4 de cette autorisation Bingham pouvait faire sortir librement toutes les pièces obtenues pendant ses explorations, sous la condition de les rendre au Pérou sur simple pétition.

Tu parles, Charles !

Le site fut retourné mètre par mètre, et aujourd’hui, Bingham et son expédition sont le plus grand exemple de piraterie culturelle qu’a connu l’Amérique du Sud.

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