10 thermidor An II – Robespierre est raccourci d’une tête, c’est la fin de la Terreur

La Terreur, mise à l’ordre du jour en septembre 1792 pour s’achever le 28 juillet 1794 avec l’arrestation et la mise à mort des robespierristes, s’est présentée comme un système répressif visant à protéger, défendre la démocratie de ses ennemis qui la rongent de l’intérieur. C’est au nom du « salut public » qu’ont été emprisonnés, près de cinq cent mille « traîtres du peuple » pendant cette période, dont cinquante mille « supprimés ».

La Terreur signifie l’élimination systématique des présumés contre-révolutionnaires. La loi dit des « suspects », votée par le Comité de salut public le 17 septembre 1793, instaure un règne de suspicion et de délations, lesquelles sont récompensées et encouragées par des primes.

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Maximilien Robespierre

Dans un célèbre discours du 5 février 1794, Robespierre en appelle à la terreur pour sauver la Révolution menacée de l’intérieur comme de l’extérieur et lui donne une justification inattendue : « La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie ».

 

Robespierre, le jeune avocat d’Arras, âgé d’une avait tout d’abord  trentaine d’années a depuis sa jeunesse au lycée Louis Legrand été séduit par les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Élu représentant d’Arras aux états généraux de 1789, ce vertueux incorruptible, dont on ne connaît ni ami ni femme, trace son chemin. Il se montre discret à l’assemblée, mais assidu à un café de Versailles fréquenté par des députés bretons et auquel on donnera le nom de club breton.

À l’automne 1789, le roi et l’Assemblée se transportent à Paris. Le club breton s’installe de son côté dans le couvent désaffecté des Jacobins dont il prend le nom.

Tandis qu’à la tribune de l’Assemblée, Robespierre suscite des ricanements avec sa voix éraillée et son emphase, il va donner toute sa mesure au club des Jacobins. Ce haut lieu de l’agitation révolutionnaire est fréquenté par les députés comme par les artisans de la ville, les sans-culottes. Alléchée par ce titre, Elissa tenta d’y souscrire en jetant son string à la poubelle, mais son application lui fut refusée.

Le détachement de Robespierre des plaisirs terrestres refroidit les opposants et lui vaut le qualificatif d’« incorruptible défenseur du peuple ». C’est un robot, ni plus ni moins. HAL de Space Odyssey avait plus de compassion.

Après la chute de la monarchie, Robespierre est à nouveau élu député et entre à la Convention. Il se hisse d’emblée parmi les chefs de file de la Montagne, les députés les plus radicaux, attachés à la volonté du peuple, et appelés Montagne à cause des bancs les plus hauts de la Convention où ils siégeaient. La Montagne  organise l’élimination de la Gironde, un parti coupable de s’opposer à la Terreur. Ses chefs sont proscrits le 31 mai 1793.

L’« Incorruptible » va personnifier la Révolution à partir de son entrée le 27 juillet 1793 au Comité de salut public (le gouvernement révolutionnaire), dont il va devenir le président sans en avoir le titre.

Il élimine George Danton et les montagnards Indulgents, et comme un enragé relance la Grande Terreur. Il tenta même d’imposer le culte de l’Être suprême en remplacement du christianisme sans succès. Le jour de la Pentecôte, il est en tête du défilé d’honneur du nouveau dieu. Mais son attitude déplait: « Il ne lui suffit pas d’être maitre, murmure-t-on, il veut être dieu ».

Les têtes tombent par milliers. Gagnés par la lassitude et la peur, rassurés par les victoires des armées françaises sur le front, les députés de la Convention finissent par s’insurger.

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Robespierre, le jour de son execution, par Jaques-Louis David

Le 27 juillet, à la tribune de la Convention, Maximilien Robespierre se fait huer du haut des gradins aux cris de « A bas le tyran ! ». Ses opposants lui reprochent d’avoir instauré la loi du 22 prairial (10 juin) qui avait mis  en place la « Grande Terreur » et d’avoir organisé un système d’espionnage des députés. La grande majorité des conventionnels rejoint le mouvement. Robespierre « l’Incorruptible », Saint-Just « l’Archange de la Terreur », Couthon, Robespierre jeune, frère de Maximilien, ainsi qu’une vingtaine d’autres jacobins seront arrêtés et guillotinés le lendemain sans avoir été jugés.

 

Pendant son arrestation, en essayant de résister, Maximilien Robespierre a la mâchoire inférieure arrachée par une balle. Il ne lui fut plus possible de parler ni de discourir. Qui sait comment cet orateur hors pair qui terrifiait les foules aurait pu retourner la situation.

 

La Convention fait fermer le club des Jacobins et instaure la République thermidorienne.

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Tête de Robespierre ( masque mortuaire)

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