2 Août 1914 – Jules Peugeot et Albert Mayer se tuent l’un l’autre. Les premiers morts de la Grande Guerre

Peugeot et Mayer, deux noms inconnus et oubliés, les deux premiers morts de la Grande Guerre. Le caporal français Jules Peugeot et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer se trouvent face à face à Joncherey, sur le territoire de Belfort, et échangent des coups de feu. Pourtant la guerre n’était pas encore déclarée. Tous les deux ils tombent. C’est le bilan de cette première journée. Huit millions suivront tout au long des quatre années du conflit.

 

La Grande Guerre, la Der des Der, ou the Great War for Civilisation, qui ne fut en fin de compte qu’une boucherie dans la boue a été déclarée suite à une série de surenchère. Comme des cow-boys du Far West, les gouvernements européens étaient convaincus que la victoire appartiendrait à celui qui dégaine le premier, tout en espérant que l’autre se retiendrait. Malheureusement, la retenue ne fut pas de mise.

 

Trois coups de feu qui ont engendré 8 millions de morts.

Le destin se joue à quelques détails. Trois assassinats, trois coups de feu, ont  abouti au déclenchement de la boucherie générale.

Premier coup de feu :

Le 16 mars 1914, un fait divers anodin impliquant la femme du président du conseil a lieu. Henriette Caillaux abat avec son revolver le directeur du Figaro, Gaston Calmette, par crainte que le passé sentimental de son couple soit étalé sur la place publique, des lettres ayant fait surface. Ce qui aurait dû rester un fait divers sera le premier rouage au déclenchement de la Grande Guerre, car, suite à son crime, son mari, Joseph Caillaux se retire de la vie politique le temps du procès, et quitte la présidence du Conseil à un moment crucial. Partisan de la paix et de la diplomatie, il laisse libre cours aux partisans de la guerre, les revanchards, qui veulent venger Sedan et la guerre de 1870. Pas son absence, il a annihilé l’espoir d’une alternative diplomatique à la tragédie majeure dans laquelle va sombrer l’Europe.

Deuxième coup de feu :

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L’archiduc Franz-Ferdinand d’Autriche, avec sa femme, une heure avant leur assassinat dans cette même voiture

Le 28 juin 1914, un nationaliste serbe abat l’archiduc Ferdinand, héritier de la couronne austro-hongroise, et sa femme. Suite à l’assassinat de l’archiduc, l’empereur autrichien François-Joseph se décide à donner une leçon à la Serbie pour écraser toute volonté indépendantiste. Ce qu’il ne prévoyait pas, c’est que tout l’équilibre européen basé sur un jeu d’alliance allait s’ébranler: la Russie soutient les Serbes Slaves. La France, alliée à la Russie est obligée de lui apporter son soutien, tandis que l’Allemagne, par alliance germanique, soutient l’Autriche.

Troisième coup de feu :

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Jean Jaurès

Quelques mois plus tard, à Paris, au café du Croissant, le 31 juillet, un déséquilibré assassine Jean Jaurès.  Le leader respecté des socialistes était le dernier partisan de la paix qui défendait la voie diplomatique.

 

Dès lors, les surenchères allaient se suivre en dominos, les partisans de la paix étant réduits au silence.

Les débordements diplomatiques et fanfaronnades militaires se suivent de part et d’autre. Tout le monde compte sur le maintien de l’équilibre européen pour résoudre la crise, sans compter sur les revanchards français. Les revanchards, comptant des partisans de l’extrême gauche et l’extrême droite monarchique, qui pour une fois partagent la même analyse, poussent le gouvernement à guerroyer en Alsace et Lorraine. De l’autre côté du Rhin, le commandement allemand craint par-dessus tout d’être pris en tenaille par la France et la Russie. Ils ne voient l’espoir du salut que dans une attaque immédiate de la France qui mettrait celle-ci hors de combat avant que la Russie ait eu le temps de mobiliser ses troupes innombrables.

En Russie, sous la pression de ses généraux, qui craignent d’être pris de court, le tsar mobilise dès le 29 juillet.

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Mobilisation des troupes, août 1914

Le 1er août, l’Allemagne riposte avec une surenchère en déclarant la guerre à la Russie.

Le samedi 1er août 1914, à 4 heures de l’après-midi, tous les clochers de France sonnent le tocsin. C’est la mobilisation générale.

Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, et pour essayer de mater l’adversaire, elle envahit la Belgique, violant sa neutralité.

Le lendemain, les Anglais, qui avaient garanti la neutralité la Belgique, déclarent à leur tour la guerre à l’Allemagne.

En quelques jours, 6 millions d’hommes se retrouvent ainsi sous les drapeaux ! Chacun se résigne à un conflit que l’on espère court et, fait exceptionnel, on compte très peu de désertions dans tous les camps.

La Grande Guerre commence.

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