3 Août 1492 – Christophe Colomb lève l’ancre pour sa première traversée de l’Atlantique. C’est la fin du Moyen Âge.

Pour son premier voyage à la découverte du passage Ouest-Est et l’Inde et son commerce d’épices, Colomb lève l’ancre du port de Palos en Andalousie, et les historiens tirent un trait sur le Moyen Âge, cette découverte de l’Amérique marquant le passage au temp moderne. Au bout de cette épique traversée, le navigateur ramène la description d’un nouveau monde qu’il s’entête à identifier comme l’Inde ou la Chine ainsi que la Syphilis…

3aout-200px-ColombCristobal Colón, ou Christophe Colomb est un marin hors pair, mais un piètre politicien. Il découvrit tout un continent, fut nommé avant son départ amiral, vice-roi et gouverneur d’une contrée immense et riche, mais perdit tout à son retour.

Le périple débuta en ce 3 août 1492. Les trois navires armés, la Santa Maria, la Niña et la Pinta étaient prêts pour l’appareillage. L’équipage était formé de criminels en faveur de qui on avait suspendu le cours de la justice, un peu comme nos 128 députés de l’hémicycle, mais aussi des marins de valeur comme les Pinzon, qui avaient payé pour deux des trois navires.

Le vendredi 3 août 1492, à huit heures du matin, la flottille de Colomb appareilla de la barre de Salles, à l’embouchure de l’Odiel et du Rio Tinto, en face de Huelva. L’équipage s’était confessé et avait communié, les réservoirs d’eau remplis, les adieux aux femmes et enfants fait, il ne restait plus qu’à lever l’amarre vers l’inconnu. Colomb cingla droit sur les Canaries avec l’intention de se diriger ensuite à l’ouest sur le parallèle de cet archipel, vers l’île d’Antilia et Cipangu. Dès le quatrième jour le gouvernail de la Pinta se détacha, par la malveillance des deux propriétaires Pinzon qui avaient changé d’avis et voulaient revenir, pris de peur devant le voyage vers l’inconnu. Mais l’avarie fut réparée aux Canarie et le périple reprit.

Pour rassurer son équipage, Colomb prit la décision de leur donner des chiffres erronés sur la distance parcourue, inférieurs à la réalité, pour éviter que le trop grand éloignement les intimidât. Quand même après plusieurs jours de navigation sans terre visible, les matelots commencèrent à s’inquiéter, craignant que la persistance du vent qui les portait ne rendît leur retour impossible. Les mutineries de plus en plus violentes de ses hommes furent pour l’amiral un terrible, sujet de préoccupations.

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Réplique de la Santa Maria, construite à la fin du XIXe siècle

À partir du 25 septembre, Christophe Colomb parvenu aux parages où sa carte marquait l’île d’Antilia se mit à la rechercher obstinément; à plusieurs reprises il crut l’apercevoir. Las, ce n’était que Maxime Chaaya qui ramait pour sa troisième traversée en solitaire, sans eau, les yeux bandés et les mains liées derrière le dos, rien qu’avec une caméra de télé pour toute nourriture. Malgré la pression, Colomb ne se laissa pas ébranler par les prières, les objurgations ou les menaces de son équipage, décidé à poursuivre son entreprise jusqu’au bout. Mais la terre restait introuvable, c’était comme chercher de l’intégrité dans le cabinet d’Hariri. Une version non confirmée de l’histoire dit que Colomb aurait même demandé un répit de trois jours à son équipage avant de rebrousser chemin. Pour motiver ses hommes, il promit une pension de 10,000 maravédis à qui signalerait terre en premier. Mais il y eut tellement de fausses signalisations qu’il dut changer la règle pour en exclure tous ceux qui se tromperaient.

Le 10 octobre, les marins voulaient tous retourner. Ça sentait la mutinerie à tout bout de champ. Colomb tint tête, promettant monts et merveilles. On était alors à 750 milles des Canaries, mais l’équipage n’en savait rien, berné par les faux chiffres de Colomb. Le 11 octobre, on pêcha des branches d’arbre encore vertes, ce qui fit calmer les esprits. Le soir, Colomb lui-même aperçut du haut du château d’arrière de son navire une lueur; il appela l’équipage qui confirma la vision. Il y avait trente-deux jours qu’on était parti des îles Canaries, au lieu des quinze escomptés. La première rencontre avec les indigènes – que Colomb nomme « Indiens », car il pense avoir atteint les Indes orientales – est encore pacifique. Ceux-ci lui apportent du coton, des perroquets et d’autres objets. L’interprète que le navigateur avait embarqué à son bord n’est pas d’une grande utilité…

L’île fut baptisée «San Salvador» (Saint Sauveur). Les marins, quand ils descendirent à terre, sont surtout bouleversés par… la nudité des pacifiques Taïnos, des Indiens du groupe des Arawaks.

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Arrivée de Christophe Colomb à Hispaniola, illustration

De cette nudité qui fut suivie d’un « échange culturel », les marins ramenèrent en Europe, sans le savoir, une terrible maladie vénérienne, la syphilis. En contrepartie, et bon échange oblige, les Européens laissèrent aux habitants de ce Nouveau Monde des maladies comme la rougeole qui vont les décimer en quelques années, plus sûrement que les arquebuses et les épées des conquistadors. Mais cela, c’est une autre histoire.

De retour en Europe, Colomb fut fêté comme il se doit. Il effectua au total quatre voyages au Nouveau Monde. Mais il est vite destitué de ses titres. Et même, au bout de sont troisième voyage, en août 1500, Francisco de Bobadilla, émissaire des rois, débarque à Hispaniolia et fait jeter les frères Colomb au cachot avant de les renvoyer en Espagne. Fin octobre 1500, c’est enchaîné dans la cale, que Colomb débarque à Cadix, humilié et accusé. Il sera libéré au bout de quelques semaines, mais il perdra tous les bénéfices. Il se voit retirer le contrôle sur ses nouvelles terres et ne lui restera que son titre de vice-roi désormais strictement honorifique et ses privilèges.

L’entreprise maritime de Colomb est avant tout une affaire commerciale, mais de ce point de vue les découvertes de l’Amiral et de ses hommes ont déçu les espoirs placés en elles. Que ce soit pour les épices ou pour l’or, les bénéfices rapides et importants qui étaient escomptés n’ont pas été au rendez-vous, au moins du vivant de Colomb.

Les historiens dressent le portrait d’un marin hors pair, « un des meilleurs navigateurs de tous les temps », ou même « le plus grand marin de tous les temps », mais « piètre politicien ». Les biographes de Colomb, en particulier au XIXe siècle, ont souvent tenté d’expliquer le succès de son entreprise maritime par l’emploi de techniques nouvelles en matière de navigation, évoquant entre autres la boussole, le gouvernail d’étambot et la caravelle comme navire.

Il meurt le 20 mai 1506 à Valladolid, toujours convaincu d’avoir rejoint les Indes et totalement satisfait d’avoir atteint son but. Il ne saura jamais qu’il s’agissait d’un nouveau continent et que sa découverte le faisait entrer dans les annales de géographie.

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