4 Août 70 – Titus lève le siège de Jérusalem, après avoir détruit le temple

Le 10 du mois de Loos, soit le 4 août, Titus détruit le Temple de Jérusalem. Un soldat y jette un fagot et le temple prend feu. Cette date correspond à la chute de Jérusalem.

Le siège de Jérusalem en 70 est l’événement décisif de la première guerre judéo-romaine, la chute de Massada en 73 ou 74 y mettant un terme.

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Reconstitution du Temple de Jérusalem

L’armée romaine, menée par le futur empereur Titus, qui est secondé par Tibère Alexandre, assiège et conquiert la ville de Jérusalem, qui avait été tenue par ses défenseurs juifs depuis 66. La ville est mise à sac, et le second Temple de Jérusalem détruit.

Cet événement a été conté en détail par le dirigeant juif passé au service des Romains puis devenu historien, Flavius Josèphe.

Pompée avait conquis Jérusalem en 66 av J.-C, et depuis, les Romains gouvernent la Judée soit à travers des princes locaux mis en place, comme Hérode Ier le Grand ou Hérode Agrippa Ier, soit directement par des procurateurs souvent corrompus, qui suscitent l’hostilité des Juifs en s’appuyant sur l’importante population hellénisée.

Les causes immédiates de la révolte des Juifs, en 66, sont un sacrifice païen devant l’entrée de la synagogue de Césarée, suivi par le détournement de 17 talents du trésor du Temple de Jérusalem par le procurateur Gessius Florus. Franchement, une révolte pour 17 talents ! Même pas de quoi satisfaire un sous-fifre de parlementaire chez nous.

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Buste de Titus

Titus, arrivé pour mater la rébellion, est secondé par Tibère Alexandre, apostat du judaïsme, ancien procurateur de Judée, qui connaît donc la région et qui a déjà massacré des Juifs à Alexandrie en tant que préfet d’Égypte sous Néron. Les Juifs opposent aux Romains 23 400 hommes, mais ils appartiennent à des factions antagonistes et obéissent à de multiples chefs qui se sont entretués dans une féroce guerre civile. Jérusalem est donc tenue par trois factions zélotes dirigées par Éléazar ben Simon dont la forteresse est la cour intérieure du Temple, Simon Bargiora qui tient la ville haute et partie de la ville basse et Jean de Gischala qui tient le mont du Temple. Tacite raconte que « ce n’était entre eux que combats, trahisons, incendies et une partie du blé avait été dévorée par les flammes ».

En gros, rien n’a changé en Orient depuis : détournement d’or, guerres civiles, factions antagonistes, trahisons…

Au moment du siège, Jérusalem, entièrement ceinte de remparts, fait 7 kilomètres de tour et peut abriter 600 000 personnes.

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Titus met en place le siège devant la ville peu avant la Pâque 70. Il a avec lui quatre légions qu’il dispose d’abord sur les collines entourant Jérusalem. Malgré la gravité de la situation, les Juifs ne s’entendent toujours pas et Jean, en bon juif, profite de ce qu’Éléazar laisse les pèlerins venir au Temple célébrer la Pâque, pour y introduire ses hommes et s’en emparer, éliminant ainsi Éléazar.

Titus fait alors aplanir le terrain au pied des remparts de façon à en faciliter l’approche et construire des hélépoles, les fameuses tours roulantes, qui permettent à son armée de s’attaquer au nouveau rempart de la ville neuve. Le 25 mai 70, les troupes romaines peuvent le franchir, puis, cinq jours plus tard, s’emparer du second rempart et de la ville neuve jusqu’au pied de la forteresse Antonia, tenue par Jean de Gischala.

Mais les factions juives de Jean de Gischala et de Simon bar Giora résistent toujours, alors Titus décide de construire autour de Jérusalem une muraille de 7 kilomètres de long pour mieux isoler la ville.

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Siège de Jérusalem

Jérusalem possédait des provisions pour tenir le siège durant des années. Cependant, pour « motiver » les habitants au combat, les zélotes incendièrent ces provisions !!!

Un peu de famine pour se remuer le cul. La famine commença à faire ses ravages. Flavius Josèphe raconte : « Les terrasses étaient encombrées de femmes et de petits enfants exténués, les ruelles de vieillards morts ; des garçons et des jeunes gens erraient comme des fantômes, le corps tuméfié. Sur les places, ils tombaient là où le fléau les accablait. Les malades n’avaient pas la force d’ensevelir les cadavres de leurs proches ; ceux qui étaient encore vigoureux différaient ce soin, effrayés par la multitude des cadavres et l’incertitude de leur propre sort ; beaucoup tombaient morts sur ceux qu’ils ensevelissaient ; beaucoup, avant que fût venu pour eux le moment fatal, succombaient dans ce labeur »7. Et, malgré cela, la guerre civile continue alors dans Jérusalem où les zélotes se livrent toujours à de nombreuses exécutions sommaires, particulièrement parmi les prêtres.

Le 20 juillet, les Romains réussirent à percer une brèche dans le rempart, pour se retrouver devant un nouveau rempart qui avait été construit à la hâte par les assiégés.

Puis, ils construisirent une rampe d’accès à l’esplanade du Temple, et progressèrent malgré la résistance des Juifs qui, pour les repousser, mettaient le feu aux différents portiques qui entourent le Temple. En ce moment de la fin du siège quand les sacrifices quotidiens avaient cessé dans le Temple, la famine atteint en ville son point culminant : « en dernier lieu, ils usèrent du cuir de leurs ceintures et de leurs sandales ; ils grattèrent, pour la mâcher, la peau de leurs boucliers. D’autres se nourrirent de brindilles de vieux foin ». Josèphe cite aussi un cas de cannibalisme où une mère cuit et dévore son bébé.

Les combats redoublent d’intensité dans les derniers jours d’août 70. Finalement, le 10 du mois de Loos, quand les Romains s’approchèrent du Temple, un légionnaire jette un brandon dans le Temple qui s’embrase, et malgré les ordres de Titus, les Romains ne peuvent éteindre l’incendie.

Destruction of Jerusalem by Ercole de' Roberti

Finalement, les Romains donnent l’assaut final le 25 septembre (8 du mois de Gorpiée) en massacrant la population et en incendiant la ville. Simon bar Giora et Jean de Gischala sont faits prisonniers.

Selon Favius Josèphe, le nombre de prisonniers de guerre s’élève à 97 000 et le nombre de morts pendant le siège à 1 100 000, ce qui peut paraître exagéré même s’il faut se rappeler que le siège a commencé peu avant la Pâque, fête de pèlerinage où les Juifs avaient l’habitude de se rendre à Jérusalem. Mais en Orient, on sait depuis toujours jouer avec les chiffres. 700 prisonniers, dont Simon et Jean, sont emmenés à Rome pour le triomphe de Titus.

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