6 Août 1945 – Hiroshima est effacée de la carte. Merci uncle Sam.

La bombe était inutile, le Japon étant déjà défait, elle est lâchée pour montrer les dents à l’ami Staline. Lâchée de l’avion, 43 secondes plus tard, Hiroshima est effacée. 70,000 incinérés en une fraction de seconde, 150,000 au total. La question de la nécessité militaire et du moindre mal peut être rapidement écartée, car le Japon allait capituler dans tous les cas. Mais lancer la bombe permettait de faire étalage de la puissance militaire américaine devant l’URSS de Staline.

6aout-15Au moment où les Américains finalisent la bombe, l’Allemagne nazie s’apprête à capituler. Seul le Japon, dirigé par des généraux jusqu’au-boutistes, s’entête dans une résistance désespérée. Mais au pays du soleil levant, la situation était désespérée, et on savait la guerre perdue et la capitulation inévitable. Mais on discutait toujours sur le meilleur moyen de le faire, pour éviter d’avoir l’empereur démis, ou pire, jugé pour crime de guerre.

La simple prise de l’île d’Okinawa avait coûté 12,500 morts à l’armée américaine et 110,000 aux Japonais. L’état-major américain estimait les pertes à 500.000 soldats pour conquérir Honshu, l’île principale de l’archipel. Truman opte pour la solution radicale.

Le 6 août 1945, à 2h45, un bombardier nommé Enola Gay décolle de Tinian, dans les îles Mariannes. Le colonel Paul Tibbets et ses hommes ont survolé Iwo Jima, puis poursuivi vers le nord avant d’apercevoir, peu après 8 heures, leur objectif : Hiroshima, un important centre industriel et portuaire du sud du Japon, jusque-là épargné par les raids des forteresses volantes américaines.

 

 

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Hiroshima, avant et après l’impact. La capitale Tokyo n’est informée de la cause exacte du désastre qu’une quinzaine d’heures plus tard, lorsque la Maison-Blanche annonce publiquement le bombardement. Le gouvernement japonais ne formule aucune réponse officielle.

L’avion, isolé, ne déclenche aucun tir de défense. A 8 h 15, il largue au-dessus de la ville une bombe de 4,5 tonnes surnommée « Little Boy », longue de 4,30 m et d’un diamètre de 76 cm, avant d’effectuer un virage pour s’éloigner. Quarante-trois secondes plus tard, à 600 mètres d’altitude, l’engin explose. A l’éclair foudroyant succède une boule de feu d’un kilomètre de diamètre, puis une terrible onde de choc, qui secoue violemment le bombardier. En quelques secondes, une gigantesque colonne de fumée s’élève jusqu’à 12 000 mètres d’altitude. L’avion refait un passage au-dessus de la ville, terrifié, le capitaine Lewis s’écrie : « Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? »

Le monde vient de basculer dans l’ère nucléaire.

6aout-7Environ 80 % des personnes vivant dans un rayon de 1 kilomètre autour du point d’explosion sont tuées sur le coup. Si quelque 70 000 personnes meurent instantanément, le bilan atteint 150 000 victimes dans les mois suivants, où d’autres personnes sont emportées à la suite de l’exposition aux radiations.

Trois jours plus tard, rebelote sur Nagasaki. Le bilan sera de 80,000 mort dans cette deuxième ville.

Le 15 août 1945, l’empereur japonais Hirohito annonce la capitulation de son pays, mettant fin à la Deuxième Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de l’histoire avec plus de 60 millions de morts.

La bombe vient  bouleverser les lois de la guerre, abolissant des siècles de domination de la poudre à canon sur les champs de bataille pour ouvrir la terrifiante ère de l’atome. Une ère dominée par une arme tellement écrasante que la décision de son usage devient plus politique que stratégique.

« Le Japon était déjà vaincu et les bombes n’étaient absolument pas nécessaires. » Ces paroles ne sont pas celles d’un révisionniste ou d’un écrivain gauchiste. Ce ne sont certainement pas les paroles d’un antiaméricain primaire. Ce sont les paroles de Dwight D. Eisenhower, Commandant suprême des forces alliées en Europe et futur président des États-Unis. Eisenhower savait, comme toute la hiérarchie militaire des États-Unis, que le Japon était sans défense.

L’amiral Chester W. Nimitz, Commandant en Chef de la flotte US du Pacifique, fit écho à cette réalité lorsqu’il écrivit, «  En fait, les Japonais avaient déjà avoué leur défaite, la bombe atomique n’a joué aucun rôle sur le plan strictement militaire. » L’Amiral William D. Leahy, chef de cabinet du Président Truman, a dit la même chose : «  L’emploi des (bombes atomiques) sur Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucune utilité dans la guerre contre le Japon. Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. »

Cette question de la nécessité de la bombe est toujours critique aux États-Unis. Par exemple, le Smithsonian qui avait osé poser la question en 1995 a dû rapidement fermer l’exhibition suite aux indignations et aux critiques hystériques des visiteurs, cinquante ans après les faits.

Dix scientifiques allemands sont détenus depuis la capitulation nazie dans un cottage anglais près de Cambridge. Le 6 août 1945, des micros dissimulés enregistrent le contenu de leurs conversations. Ils sont dix, physiciens ou chimistes, théoriciens ou expérimentateurs, qui ont participé au programme nucléaire allemand. Ils sont traités avec tous les égards dus à leur valeur intellectuelle et ils jouissent d’un confort qu’ils n’ont sans doute pas connu depuis des mois. En début de soirée, après avoir écouté la BBC, le commandant Rittner s’isole avec Otto Hahn. Il réserve à l’homme qui a découvert la fission nucléaire en 1938 la primeur de l’annonce qu’une bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima. Hahn est « complètement brisé par la nouvelle ». Il ne cesse de répéter qu’il est coupable : c’est lui qui a rendu tout cela possible. On doit lui faire boire de l’alcool jusqu’à ce qu’il ait suffisamment retrouvé son calme pour rejoindre les autres et leur révéler ce qu’il vient d’apprendre.

 

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Les 450 000 survivants de ces attaques, appelés les hibakusha (exposés à la bombe), connaîtront une existence pénible. Ils ont été blessés par la force et la chaleur de l’explosion et malades après avoir été exposés aux radiations qui provoquent d’innombrables symptômes comme la perte des cheveux, et des cancers. 

 

Pour faire un parallèle si la bombe avait explosé à Beyrouth par exemple:

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Si la bombe était lachée sur Beyrouth, le bilan serait de 133,00 morts et 358,000 blessés, avec pratiquement la moitié de Beirut rayée de la carte. À noter que la bombe lachée sur Hiroshima a un effet minuscule comparé aux bombes « modernes », tel la Tsar Bomba qui détruira tout le liban et une partie d’Israel et de la Syrie en un seul coup.

 

 

Quelques images d’Hiroshima, avant/après:

 

 

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