8 Août 1929 – Le dirigeable allemand Graf Zeppelin entame son vol autour du monde

Quoi de mieux qu’un suppositoire géant de forme des plus phalliques pour faire le tour du monde, et finir sa carrière en une gerbe de feu et de sang ? C’est l’histoire du Zeppelin.

Le zeppelin, avec sa forme bien reconnue, est un dirigeable allemand, nommé d’après le pionnier allemand des dirigeables, Ferdinand von Zeppelin, qui avait le titre de Graf, ou comte.

8aout-graf-zeppelin-los-angele004a1-550x351Le Zeppelin était un géant des airs, presque aussi grand que le Titanic avec ses 246m de longueur (le Titanic mesurant 269m). Un géant rempli de gaz, comme les promesses du jus de l’EDL en quelque sorte: tout un tabac pour brasser de l’air, avant de finir en cendre et fumée.

Le Zeppelin servit en 1928 et 1937. Durant presque une décennie, il effectua 590 vols, 143 traversée de l’Atlantique et une du Pacifique, transportant 13,110 passagers sur plus d’un million et demi de kilomètres.

L’ère de l’exploitation des ballons a commencé au 19e siècle. Déjà, le 4 septembre 1870, deux jours après la capitulation de Sedan où Napoléon III est fait prisonnier, Léon Gambetta proclame la IIIe république et prend la décision de rejoindre Tours pour maintenir la cohésion nationale et organiser la résistance.

Pour s’enfuir de Paris, il décide de prendre la voix des airs, en s’envolant en ballon le 8 octobre 1870.

Mais les ballons encore à leur début et n’étant pas dirigeables, plutôt que de se diriger vers le Sud, le ballon s’envola vers le Nord et se posa au milieu des armées prussiennes ! Heureusement pour Gambetta, ce furent des Français qui vont l’accueillir et il mettra finalement deux jours pour rejoindre Tours.

50 ans après le vol en ballon de Gambetta, la maîtrise des airs est bien plus avancée.

La popularité grandissante du « géant des airs » permit au chef de la compagnie Zeppelin, le Dr Hugo Eckener de trouver des sponsors pour un vol autour du monde.

Débutant le 8 août 1929, le Graf Zeppelin retraversa l’Atlantique pour sa base de Friedrichshafen où il fit le plein. Il repartit le 15 août, survola Berlin puis la Pologne avant de traverser la nouvelle Union soviétique, ayant obtenu une autorisation de Staline. Il devait initialement survoler Moscou, mais la météo l’obligea à tracer sa route plus au nord, il survola la Sibérie et atteignit Tokyo et la base aéronavale de Kasumigaura, en un vol direct et sans escale de 11 246 km qui dura trois jours, survolant des terres en Sibérie n’ayant jamais été vues auparavant.

Après Tokyo, le Graf Zeppelin repartit pour une traversée de l’océan Pacifique. Il affronta une violente tempête, occasionnant quelques dégâts au dirigeable et coupant ses liaisons radio, ce qui fit penser pendant 2 jours aux médias internationaux que l’appareil s’était abimé en mer. Le Graf fut obligé à presque amerrir pour effectuer des réparations avant de reprendre son vol pour atteindre San Francisco, puis Mines Field à Los Angeles.  La traversée finale à travers les États-Unis fit passer le dirigeable au-dessus de Chicago avant d’atterrir à Lakehurst le 29 août.

Le temps de vol de Lakehurst à Lakehurst fut de 12 jours et 11 minutes et le temps complet de ce record de durée de vol est de 21 jours, 5 heures et 31 minutes. Le dirigeable parcourant en tout 49 618 km, la distance du « tour du monde » étant elle de 31 400 km.

8aout-
La circumnavigation de 1929

Après cet exploit, le Zeppelin effectua en juillet 1931 une expédition scientifique en Arctique au bout d’une traversée spectaculaire. Eckener envisagea alors sur une rencontre avec un navire de surface. Il finança ce énième exploit de son suppositoire volant par la livraison de courrier au navire. Après publicité, environ quinze mille lettres furent rassemblées à travers le monde pour un total de 300 kilos. Le navire choisi était le brise-glace soviétique Malygin qui avait de son côté embarqué 120 kilos de courrier destiné à être chargé sur le dirigeable. La majeure partie du coût de l’expédition fut ainsi couverte par la vente de timbres, le reste fut assuré par l’Aeroarctic et le groupe de presse Ullstein-Verlag en échange de l’exclusivité des reportages.

En parallèle de sa carrière civile, les dirigeables furent adoptés par les armées pour des missions de reconnaissance. Et même les États-Unis construisirent au début des années 1930 deux porte-avions volants qui pourront accueillir à leur bord plusieurs avions. Le dirigeable devient un hangar volant. Mais l’expérience tourna court: les deux dirigeables, l’USS Akkron et l’USS Macon, allaient s’écraser quelques années seulement après leur mise en service.

 

Le Graf avec ses innombrables exploits servait surtout de propagande au parti nazi.

8aout-5722839367_5422a2f218_bLe Zeppelin fut abandonné après l’accident du Hindenburg. Ce Zeppelin gonflé à l’hydrogène, gaz extrêmement inflammable, s’est embrasé à son arrivée à Lakehurst, le 6 mai 1937. Pas besoin d’être Sherlock pour comprendre que c’est une question de temps pour en arriver à l’accident. L’hélium, gaz ininflammable, rare et cher à l’époque, est essentiellement issu de ressources naturelles provenant des États-Unis. La législation américaine, à travers l’Helium Control Act de 1927, accorde au Bureau des Mines, « l’exploitation ainsi que la production de l’hélium », à l’exception de sa commercialisation. Ainsi, les Allemands ne purent pas acheter de l’hélium et durent se contenter du dangereux substitut, soit l’hydrogène.

Le Hindenburg, avec son espace dédié aux passagers à l’intérieur du ballon plutôt qu’à l’extérieur comme sur les modèles précédents, comprenait deux ponts, un restaurant, des douches, une cuisine « tout électrique » et même un fumoir ! Une folie pour un ballon gonflé à l’hydrogène !! Le fumoir était sécurisé par un système de surpression, afin d’empêcher toute intrusion accidentelle d’hydrogène. Il renferme le seul briquet disponible à bord, les briquets personnels étant confisqués au départ du voyage. Le barman s’assure qu’aucun passager ne franchit la porte tournante faisant office de sas avec une cigarette ou une pipe allumée.

À son arrivée, au bout de son 63e voyage, l’atterrissage du Hindemburg est retardé par un orage. Quelque 200 manœuvres s’apprêtent à l’amarrer. Un incendie éclate à la poupe du dirigeable, rapidement alimenté par le dihydrogène. L’aéronef perd son stabilisateur horizontal et s’écrase au sol en 34 secondes. Le brasier est nourri par le carburant diesel des moteurs. Il y avait 97 personnes à bord, dont 61 membres d’équipage et 36 passagers. L’accident fait 35 morts, dont 21 membres d’équipage, 1 membre du personnel au sol et 13 passagers.

Cet accident marqua la fin de l’âge d’or des dirigeables…

 

 

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