11 Août 480 av. J.-C – Bataille des Thermopyles

Comment 300 spartiates ont retenu une armée de 300,000 hommes pour donner le temps à la Grèce de se défendre. Abou el Dam n’a plus qu’à remettre ses couches-culottes.

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Passage des Thermopyles

À l’entrée du défilé des Thermopyles qui commande l’accès de la Grèce centrale, le long de la mer Égée, la grande armée perse du Grand Roi Xerxès Ier qui comptait, selon les estimations modernes, entre 70 000 et 300 000 soldats est à l’arrêt. Devant eux, défendant la position, 7,000 hommes de l’alliance des cités grecques les attendent.

Le « grand roi » perse, Xerxès, fils de Darius Ier, ne voulait pas subir une nouvelle défaite contre les Grecs, comme son père à Marathon dix ans plus tôt. Darius est mort quatre ans après la défaite, et Xerxes, en bon fiston ne pensait qu’à la revanche.

Les nations ont afflué pour prêter serment au Roi des rois. L’armée était composée d’au moins une centaine de nations différentes, aux dialectes et aux mœurs toutes plus étranges les unes que les autres. Au cœur de cet assemblement, la garde personnelle de Xerxes, composée de 10.000 Immortels, une unité d’élite qui lui est dévouée corps et âme.

Pour traverser la mer, il n’a pas eu à se casser la tête pour se construire une armada. En Phénicie, on vend de tout et à tous. Ça n’a pas changé depuis. Les bateaux phéniciens formèrent le fleuron de sa flotte emmenée à l’assaut de la Grèce. Les rois des cités phéniciennes étaient les amiraux, chacun à la tête du contingent de sa cité : Hérodote cite parmi eux Tetramnestos de Sidon, Matten de Tyr et Merbalos d’Arwad, car quand on est phéniciens, on offre du service après-vente, surtout si le client paie comptant !

Même les oracles, ces prêtres en contact direct avec les dieux, sont unanimes: il n’existe aucun moyen de repousser l’armée de Xerxès. D’ailleurs, son avancée confirme la puissance de son armée.

Pour affirmer sa supériorité du peuple perse, il entreprend deux chantiers titanesques.

Le premier est la construction de deux ponts parallèles de plus de 3,000m enjambant les Dardanelles, pour faire passer ses hommes au plus vite. Une première tentative de ponts assis  sur des bateaux alignés et reliés les uns aux autres sont déchiquetés par une tempête. Que nenni. Xerxes fait décapiter les ingénieurs, et donner 300 coups de fouet à la mer avant de reprendre le chantier qui cette fois aboutira. Finalement, en juin -480, l’armée traverse le détroit, le défilé prend sept jours et sept nuits sur les deux ponts.

Le deuxième chantier est un canal au pied du mont Athos afin d’éviter à sa flotte de contourner la péninsule de l’Aktè. Douze ans plus tôt, une tempête au large de cette péninsule avait décimé toute la flotte de son père Darius, et Xerxes ne voulait pas subir le même sort. Le canal de 2400 mètres de long sur 30 mètres de large qui sera creusé et la flotte passa sans contourner la péninsule.

Malgré ces précautions, 400 navires et 40,000 hommes furent perdus dans des tempêtes.

Finalement, arrivé devant le passage des Thermopyles, Xerxès attendit quatre jours, pensant que la minuscule armée grecque fuirait. Cce ne fut pas le cas. Au cinquième jour, il donna l’ordre d’attaque.

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Léonidas aux Thermopyles, par Jacques-Louis David (1814)

Au premier jour de l’attaque, soit le 11 août, l’armée attaqua les Grecs frontalement « avec pour ordre de les amener vivants devant lui ». La bataille dura toute la journée. Les troupes de Léonidas tinrent fermement leur position en phalange dans le défilé et repoussèrent les Perses, ceux-ci ayant des lances plus courtes que les Grecs, leur infligeant de lourdes pertes.

Xerxès décida d’envoyer ses troupes d’élite, les 10 000 Mélophores ou Immortels. Ils connurent bientôt le même sort que leurs alliés, ne profitant pas de leur supériorité numérique dans le défilé trop étroit et moins bien armés que les Grecs. Les spartiates entamèrent une manœuvre de repli, attirant les Immortels à leur suite pour se retourner brusquement et les écraser.

Les corps des milliers de morts faisaient désormais une barrière naturelle entre les deux camps.

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Le champ de la bataille des Thermopyles

Le deuxième jour, Xerxès lança un assaut massif d’infanterie, comptant sur la fatigue des Grecs, et que le nombre aurait raison d’eux et qu’ « affaiblis par leurs blessures, ils ne puissent se battre ». Cependant, les troupes impériales ne réussirent pas mieux que la veille et se firent tailler en pièces.

Mais le soir,  un certain Éphialtès, citoyen de Malide, trahit son camp et livra aux Perses le moyen de contourner l’armée grecque, par le sentier d’Anopée. Ce chemin n’étant défendu que par un millier de soldats de Phocide, qui se replièrent quand les Perses arrivèrent. Léonidas décida alors de se sacrifier avec les 300 hoplites spartiates, ainsi que 700 soldats de Thespies, 700 Lacédémoniens non spartiates et 400 Thébains, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense et à l’armée de se retirer en bon ordre.

Le troisième jour, toujours selon Hérodote, les Grecs changèrent de stratégie et avancèrent hors de leur position jusqu’à l’endroit le plus large des Thermopyles. Ils résistèrent héroïquement autour du roi spartiate Léonidas, qui fut tué. Leur infériorité numérique empira avec l’arrivée par le sentier d’Anopée des troupes perses. Ils se replièrent avec le peu d’armes qu’il leur restait sur le mont Kolonos. À l’issue de la bataille, Xerxès ordonna qu’on décapitât Léonidas et qu’on mît sa tête au bout d’un pieu, ce qui est étrange pour Hérodote puisqu’en ce temps, les Perses accordaient de la valeur aux soldats héroïques qu’ils avaient combattus.

Cette bataille devint l’emblème de la résistance grecque à l’envahisseur et de l’esprit de sacrifice des Spartiates. Au sommet du Kolonós, théâtre de l’ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556 ; -467), commémore cette action :

« Ὦ ξεῖν’, ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι » (« Étranger, annonce aux Lacédémoniens, que nous gisons ici, ayant obéi à leurs lois. »)

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Épitaphe de Simonide

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