18 Août 1572 – Henri IV épouse la reine Margot

Non. Elle ne ressemble pas à Isabelle Adjani. Oui. Elle vécut « libre ». Non. On n’est pas sûr qu’elle couchait avec ses frères. Oui. Le mariage vaut à Henri de Navarre de devenir roi de France sous le nom d’Henri IV.

Née le 14 mai 1553, Marguerite de France est le septième enfant d’Henri II et de Catherine de Médicis. Blessé au cours d’un tournoi, son père meurt lors qu’elle a six ans, elle grandit avec ses frères, avec qui elle entretient d’excellents rapports, à la cour. Rapports qui, certaines sources malveillantes de l’époque affirment, dépassèrent le simple amour fraternel.

À la fin des années 1560, une idylle nait entre Marguerite et Henri de Lorraine, duc de Guise. Catholique radical, cette union va à l’encontre de la politique de son frère le roi. Le mariage n’aura pas lieu.

Par contre, sa mère Catherine de Médicis engage des négociations avec Henri de Navarre, le futur Henri IV, jeune chef du parti protestant, pour la main de Marguerite. Le 18 août 1572, Marguerite épouse, non sans réticence, Henri de Navarre.

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Henri IV et Marguerite

Ce ne fut pas de bon cœur. Tout séparait ces deux-là. Lui, huguenot, âgé de 18 ans, il a conservé de son enfance béarnaise des mœurs grossières, il adore la chasse et la bagarre, la propreté n’est pas son obsession, pour ne pas en dire plus. Puis il culbute tout ce qui passe à portée de son membre. Les femmes de chambre en savaient quelque chose. C’était ou lui ou Strauss-Kahn, autant aller pour le roi… Elle, catholique, âgée de 19 ans, elle parlait le latin, le grec, l’italien et l’espagnol. Fine lettrée, très coquette et soignée, et si elle partageait la même boulimie sexuelle que son futur époux, au moins elle choisissait ses amants parmi la fine fleur du royaume.

Le mariage réunit 800 gentilshommes réformés, venus à Paris et rassemblés sur le parvis de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Ils ont dû interner de force Hiba Tawagi qui n’arrêtait pas de hurler son Esmeralda, accrochée aux gargouilles de la façade. Face aux tenues luxuriantes des papistes, beaucoup de huguenots se contentent de paraître en habit noir à large col blanc. Les deux futurs époux ont le visage fermé au milieu du cortège. Seule la future mariée pénètre dans Notre-Dame, au bras de son frère, le duc d’Anjou, qui remplace le Béarnais le temps de la cérémonie. En effet, avant de mourir, Jeanne d’Albret, la mère d’Henri, huguenote fanatique, pour qui Baghdadi lui-même ressemblerait à un hippie soixante-huitard, avait exigé que son fils n’assistât pas à la messe célébrée dans la cathédrale.

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La mariage d’Henri IV et de la reine Margot

Le futur Henri IV patiente donc sur le parvis en compagnie de sa suite. Bientôt, sa promise sort pour la bénédiction nuptiale qui se déroule sur une estrade dressée pour l’occasion devant la cathédrale. Marguerite hésite à prononcer le fameux oui. Il faut que son frère, le roi, lui fasse incliner la tête de la main.

La cérémonie achevée, tout le monde est convié à un festin qui durera trois jours et trois nuits, durant lesquels les catholiques n’arrêtent pas d’humilier les réformés. Des mascarades sont jouées par les rois et les princes, et comme par hasard, les rôles les plus ridicules échouent à Henri de Navarre et sa suite. Ainsi il est grimé en chevalier errant battu par des anges armés ( le roi et ses frères), ou habillé en Turc, et défait par des amazones aux seins nus, toujours joués par le roi et ses frères.

La tension monte entre les deux camps, et les incidents se suivent. Un attentat est perpétré contre l’amiral de France Gaspard II de Coligny, chef de file des réformés. Suivi le jeudi 21 août a lieu le massacre de la Saint Barthélemie, où les catholiques massacrent les huguenots. Au total, le nombre de morts est estimé à 3 000 à Paris, et de 5 000 à 30 000 dans le reste de la France.

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La reine Margot et sa cour

Pendant le massacre, Margot s’activera à sauver les serviteurs de son mari, et ne profitera pas comme l’occasion lui est donnée de faire annuler son mariage. Henri reste prisonnier à la cour, et il est contraint d’abjurer le protestantisme le 26 septembre 1572. Durant quatre ans, il vit en bon catholique avant de s’évader de la cour et de son épouse en 1576.

Le couple ne fait pas long feu. Henri, une fois devenu roi, demande la dissolution de son mariage au pape, Margot n’arrivant pas à donner d’héritier au roi de France. Les deux anciens époux restent en bons termes. Elle mènera une vie libre et dissolue de son côté, changeant d’amant comme on change de chaussettes.

Et pour casser définitivement l’image d’Isabelle Adjani dans le rôle de la reine, cette description de Tallement des Réaux de Marguerite, qui raconte que Margot, devenue énorme, elle élargit encore sa carrure avec des plaques de fer blanc disposées sous ses habits pour faire paraître sa taille plus fine. Par contre, avec cette carapace en fer, elle n’arrive plus à passer par les portes. Elle utilise des « vertugadins », ou bourrelets, disposés sous sa jupe dans lesquels « elle mettoit une boîte où était le coeur d’un de ses amants trépassés, car elle était soigneuse, à mesure qu’ils mouroient, d’en faire embaumer le cœur ». Chaque soir elle prend soin d’attacher ce vertugadin à son lit. Devenue chauve, elle se coiffe d’une perruque blonde faite avec les cheveux de ses valets de pied, et pour dissimuler son teint couperosé, elle lance l’usage de la poudre, pratique qui nous est arrivée. À lire Tallement, on se dit que Samira Toufic, tondue et démaquillée aurait mieux fait l’affaire que la maigriotte Adjani pour le role de la Reine Margot.

 

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