31 octobre 1992 – Il a fallu 359 ans au Vatican pour admettre les faits : Galilée est réhabilité

Le 31 octobre 1992, le pape Jean-Paul II a solennellement reconnu devant l’Académie pontificale des sciences que le physicien et astronome italien Galileo Galilei était réhabilité. L’église avait tort. Le Vatican réhabilite Galilée.

Il leur a fallu 359 ans pour l’admettre. Mais rien ne se passe facilement au trône de Saint Pierre. Car une commission d’enquête planche sur le procès depuis 1981 (soit 11 ans !!!) avant d’arriver à la conclusion que l’église avait tort, que la terre tournait autour d’elle-même et du soleil, que la Terre n’était pas au centre de l’univers, que l’homme, cet amas de cellules parasitant une planète n’était pas le nombril du monde.

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Galilée instruisant le mathématicien Vincenzo Viviani (Tito Lessi, 1892)

En 1633, l’astronome Galilée ou Galileo Galilei de son nom italien, est jugé pour hérésie en malgré un argumentaire scientifique rigoureux et exact. Son travail d’astronomie et de physique prouve que la Terre sur elle-même et qu’elle n’est pas le centre de l’univers. Mais l’église ne l’entend pas de cette oreille. L’homme est le centre de l’univers et la terre ne se meut pas. Suis alors le procès de l’église contre la science. Pour éviter la condamnation à mort, l’Inquisition force Galilée à renoncer publiquement à ses opinions et à ne plus discuter de ses théories héliocentriques. Ses écrits et ceux de Nicolas Copernic sont désormais interdits !

« Et pourtant elle tourne » …

C’est ainsi qu’à genoux devant les cardinaux, entouré d’un soldat et d’un prêtre il lit la formule d’abjuration préparée pour lui et maudit ses idées. Une repentance totale, humiliante. Il lâche cependant pour ses plus proches au bout de son serment le fameux « Et pourtant elle tourne ».

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Minutes du procès de Galilée (archives du Vatican)

Sa peine est alors muée en prison à vie. 

Pour échapper à la censure du Saint-Office, son deuxième chef-d’oeuvre, Discours sur deux sciences nouvelles, qui contient le fondement de la physique moderne, fut imprimé en Hollande en 1638, quatre ans avant sa mort.

Le 31 octobre 1992, le Vatican, par la bouche du pape Jean-Paul II, réhabilite Galileo Galilée en arguant qu’une «tragique incompréhension» avait marqué son procès.

Jean-Paul II prononce alors un discours devant l’Académie pontificale des sciences, réconciliant la position de l’Église catholique avec les découvertes de Galilée.

359 ans pour accepter que la Terre tourne. Alors bon courage pour tous les autres dossiers, preniez votre numéro messieurs pour les dossiers de Darwin, de pédophilie, de l’Inquisition, de la canonisation d’assassins, du colonialisme, de la chasse à l’hérétique, des exterminations en Amérique latine, la persécution des homosexuels, l’esclavage, etc.

30 octobre 1938 – Orson Welles sème la terreur en Amérique

Scènes de panique, des familles qui se barricadent et se cachent dans les caves… Les appels paniqués à la police pour savoir où se réfugier. Ça s’est passé pendant la diffusion de « La Guerre des mondes », une dramatique radio interprétée par la troupe du Mercury Theatre et diffusée le soir du 30 octobre 1938 sur le réseau CBS aux États-Unis. Orson Welles qui l’adaptée tellement bien que les auditeurs y croient vraiment.

En cette soirée tranquille du 30 octobre 1938, les auditeurs de CBS s’installent pour écouter une nouvelle dramatique. Le plus naturellement du monde, le speaker annonce le « divertissement » qui va suivre. Le commentateur mentionne, avec une certaine désinvolture, une « perturbation atmosphérique » sans intérêt. Et puis tiens, le voilà qui fait état d’« explosions de gaz incandescent » observées sur Mars, qui se dirigent vers la Terre « à une vitesse faramineuse ». Suivi d’une explication : les Martiens viennent de débarquer sur Terre ! Les (faux) directs paniqués s’enchaînent, les (faux) communiqués officiels tombent. Orson Welles se joue avec maestro de ses auditeurs. De l’autre côté du poste, à Chicago, à New York, c’est l’épouvante. Saisis d’effroi à l’idée d’être la proie des extraterrestres, des auditeurs paniquent, il y eut même selon les journaux des cas de suicides…

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Photographie d’une répétition de La Guerre des mondes au théâtre Mercury. Orson Welles est à gauche les bras levés, Bernard Herrmann dirige l’orchestre radiophonique de la CBS, et aux micros les acteurs Ray Collins et Richard Wilson (en chemise blanche)

L’adaptation du roman du même nom de l’écrivain H. G. Wells est écrite et racontée par Orson Welles. Wells y joue plusieurs personnages à la fois, dont un faux envoyé spécial qui s’écrit: « I guess that it…That’s the thing…Terrific…. »

Certes il y eut quelques cas de panique, mais les journaux friands d’insolite ont exagéré au fil des années l’ampleur de la panique.  La mémoire collective a retenu que l’émission aurait causé un vent de panique à travers les États-Unis, des dizaines de milliers d’auditeurs croyant qu’il s’agissait d’un bulletin d’informations et qu’une attaque extraterrestre était vraiment en cours. La plupart des auditeurs prenant l’émission en cours sont effrayés. Plusieurs milliers de personnes s’enfuient de chez elles croyant à une réelle invasion martienne sur le New Jersey.

Au lendemain de l’émission, les unes des journaux relatent de prétendues scènes de panique et d’émeutes massives à travers les États-Unis, qui auraient été causées par le feuilleton de Welles et sa fausse annonce d’attaque extraterrestre.

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Illustration du livre de  H.G.Wells

L’équipe du psychologue Handley Cantril récolta rapidement après l’évènement de très nombreuses études de cas de personnes ayant paniqué durant la diffusion radio, ainsi que d’autres données empiriques. Certains témoins rapportèrent avoir ressenti des symptômes physiques comme l’odeur des gaz des Martiens ainsi que la chaleur des rayons émis par leurs armes.

Mais cette panique a-t-elle vraiment eu lieu ? Avec 2% d’auditoire sur les 5000 foyers qui ont écouté la radio en cette soirée, certes il y eut des cas de panique, des appels à la radio et à la police. Mais les journaux ont largement exagéré les faits. Et ce ne fut pas un coup de média génial de CBS!

Derrière cette légende tenace se trouve un conflit entre radio et presse. Les journaux ont été ringardisés par la radio qui depuis l’élection de Roosevelt prenait de plus en plus d’ampleur. La presse s’inquiétait de l’ampleur que la radio prenait à leurs dépens, grignotant leurs revenus publicitaires. Leur attaque se cibla sur cette émission en exagérant les faits pour démontrer simplement que ce nouveau média n’était pas fiable.

Orson Welles dut s’excuser devant toute l’Amérique quelques jours plus tard, toujours à la radio.

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Stèle commémorant l’invasion fictive (parc de Grover’s Mill (en), New Jersey, États-Unis)

 

29 octobre 1959 – Naissance d’Astérix le Gaulois

Le premier numéro de Pilote, l’irrégulomadaire créé par Gosciny, Charlier et Uderzo est lancé. Il marque la naissance d’Astérix le Gaulois.

C’est un irrégulomadaire, c’est-à-dire à la fréquence de parution irrégulière, en d’autres termes, selon l’humeur des dessinateurs.

En 1959, âgés de 24 et 25 ans, Albert et René partagent la même volonté de faire évoluer la bande dessinée humoristique vers moins de mièvrerie. Puis pas question de laisser le terrain aux Amerloques ! À l’époque, mis à part les titres belges Tintin et Spirou, les journaux étaient remplis de BD américaines. L’idée était de créer une BD où les histoires et la culture française seraient prédominantes. Car le Polonais et l’Italien sont chauvins !L'ATTACHANT UDERZO

Alors Gosciny a une idée de transformer Le Roman de Renart en BD. Les premières planchent sont prêtes deux mois en avance pour le premier numéro de Pilote. Las, ils n’avaient pas fait gaffe qu’un autre journal publie cette même histoire. Retour à la case zéro et à la page blanche. Ils n’arrivent pas à trouver un remplaçant.

Finalement, au bout d’une soirée bien arrosée ils ont l’idée d’un petit gaulois, petit, mais costaud, qui saute aux yeux comme un astérisque. Et au petit, mais costaud, on colle à la Laurel et Hardy l’ami balaise.

La conception spontanée d’Astérix, rapportée au succès qui s’en suivit, est une remise en cause complète des études de marché, qui, déjà à l’époque, affirmaient que le héros devait être jeune et beau pour que le lecteur s’identifie à lui et qu’il fallait traiter de problèmes actuels plutôt qu’anciens… Une conception qui faisait se gondoler Goscinny : «Demander à quelqu’un ce qu’il aimerait, c’est déjà fini, puisque nous sommes là pour surprendre le lecteur. S’il connaît les histoires avant nous, ça ne lui plaira pas.»

Le succès est phénoménal. On pardonne les anachronismes et approximations historiques (les casques ailés, les menhirs à la mauvaise époques, etc.)

Goscinny meurt d’un arrêt cardiaque à 51 ans, en 1977. À la fin de l’album Astérix chez les Belges, un lapin quitte tristement le banquet final, illustré à la manière de Bruegel : l’hommage d’Uderzo à son compère René. Mais l’aventure reprend dans les années 80 avec Uderzo aux commandes. Et finalement, il passe le relais à d’autres auteurs et dessinateurs qui continuent à faire vivre les Gaulois, contrairement à Hergé qui avait souhaité l’arrêt de Tintin après sa mort.

Depuis ce 29 octobre 1959, 325 millions d’albums d’Astérix et Obélix ont été vendus en 107 langues.

Finalement, deux anecdotes pour conclure :

En discutant avec Hergé les gags dans Tintin et Astérix, Gosciny répond «Vous construisez une histoire sur laquelle vous greffez des gags, nous construisons des gags sous lesquels nous greffons une histoire.»

Une autre anecdote : Adressé aux auteurs, un courrier vient du couvent des dominicains d’Alger adressé à Uderzo et Goscini contient la photocopie d’une page d’un ancien livre de psaumes, reproduction des traductions de la Bible de saint Jérôme, au IVe siècle. Le texte latin contient cette ligne : « Ac in secunda editione obelis et astériscis illustratus ». Obélix et Astérix dans un texte de l’Antiquité chrétienne ? Goscinny et Uderzo n’en reviennent pas. Mais une fois obtenue, la traduction explique tout : « Et dans la deuxième édition, éclairée d’obèles et d’astérisques ». Le passage fait tout simplement allusion à des signes graphiques indiquant l’inclusion de commentaires dans le texte biblique… Ça ne s’invente pas une coïncidence pareille.