29 octobre 1959 – Naissance d’Astérix le Gaulois

Le premier numéro de Pilote, l’irrégulomadaire créé par Gosciny, Charlier et Uderzo est lancé. Il marque la naissance d’Astérix le Gaulois.

C’est un irrégulomadaire, c’est-à-dire à la fréquence de parution irrégulière, en d’autres termes, selon l’humeur des dessinateurs.

En 1959, âgés de 24 et 25 ans, Albert et René partagent la même volonté de faire évoluer la bande dessinée humoristique vers moins de mièvrerie. Puis pas question de laisser le terrain aux Amerloques ! À l’époque, mis à part les titres belges Tintin et Spirou, les journaux étaient remplis de BD américaines. L’idée était de créer une BD où les histoires et la culture française seraient prédominantes. Car le Polonais et l’Italien sont chauvins !L'ATTACHANT UDERZO

Alors Gosciny a une idée de transformer Le Roman de Renart en BD. Les premières planchent sont prêtes deux mois en avance pour le premier numéro de Pilote. Las, ils n’avaient pas fait gaffe qu’un autre journal publie cette même histoire. Retour à la case zéro et à la page blanche. Ils n’arrivent pas à trouver un remplaçant.

Finalement, au bout d’une soirée bien arrosée ils ont l’idée d’un petit gaulois, petit, mais costaud, qui saute aux yeux comme un astérisque. Et au petit, mais costaud, on colle à la Laurel et Hardy l’ami balaise.

La conception spontanée d’Astérix, rapportée au succès qui s’en suivit, est une remise en cause complète des études de marché, qui, déjà à l’époque, affirmaient que le héros devait être jeune et beau pour que le lecteur s’identifie à lui et qu’il fallait traiter de problèmes actuels plutôt qu’anciens… Une conception qui faisait se gondoler Goscinny : «Demander à quelqu’un ce qu’il aimerait, c’est déjà fini, puisque nous sommes là pour surprendre le lecteur. S’il connaît les histoires avant nous, ça ne lui plaira pas.»

Le succès est phénoménal. On pardonne les anachronismes et approximations historiques (les casques ailés, les menhirs à la mauvaise époques, etc.)

Goscinny meurt d’un arrêt cardiaque à 51 ans, en 1977. À la fin de l’album Astérix chez les Belges, un lapin quitte tristement le banquet final, illustré à la manière de Bruegel : l’hommage d’Uderzo à son compère René. Mais l’aventure reprend dans les années 80 avec Uderzo aux commandes. Et finalement, il passe le relais à d’autres auteurs et dessinateurs qui continuent à faire vivre les Gaulois, contrairement à Hergé qui avait souhaité l’arrêt de Tintin après sa mort.

Depuis ce 29 octobre 1959, 325 millions d’albums d’Astérix et Obélix ont été vendus en 107 langues.

Finalement, deux anecdotes pour conclure :

En discutant avec Hergé les gags dans Tintin et Astérix, Gosciny répond «Vous construisez une histoire sur laquelle vous greffez des gags, nous construisons des gags sous lesquels nous greffons une histoire.»

Une autre anecdote : Adressé aux auteurs, un courrier vient du couvent des dominicains d’Alger adressé à Uderzo et Goscini contient la photocopie d’une page d’un ancien livre de psaumes, reproduction des traductions de la Bible de saint Jérôme, au IVe siècle. Le texte latin contient cette ligne : « Ac in secunda editione obelis et astériscis illustratus ». Obélix et Astérix dans un texte de l’Antiquité chrétienne ? Goscinny et Uderzo n’en reviennent pas. Mais une fois obtenue, la traduction explique tout : « Et dans la deuxième édition, éclairée d’obèles et d’astérisques ». Le passage fait tout simplement allusion à des signes graphiques indiquant l’inclusion de commentaires dans le texte biblique… Ça ne s’invente pas une coïncidence pareille.

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