2 novembre 1917 – Balfour offre la Palestine aux juifs après l’avoir offerte au chérif de La Mecque

Quoi de mieux pour s’en sortir sans rien payer de sa poche, qu’offrir ce qu’on n’a pas à ceux qui nous réclament des biens? C’est ce que le ministre des Affaires étrangères britannique, le comte Arthur, James de Balfour fait en rédigeant une lettre ouverte au baron de Rothschild où il est stipulé que le gouvernement de Sa Majesté est disposé à créer en Palestine, qui appartient au sultan d’Istanbul, un « foyer national juif ». Et c’est parti pour cent ans de conflits : 101 ans à ce jour d’hui pour être exact et le compteur tourne toujours.

Tout au début, le gouvernement de Sa Majesté, ô que magnanime, offre au peuple juif parsemé dans le monde une partie de l’Uganda et du Kenya pour y former le nouvel Israël. Mais Weisman refuse net.

Quand Balfour s’enquiert pourquoi, Weisman lui demande si les Britanniques accepteraient d’avoir Paris à la place de Londres.

Balfour répond : « Mais on a Londres !» Alors Weisman rétorque que Londres était encore en marécage quand les juifs avaient Jérusalem (soit 2000 ans plus tôt, ce qui dans une logique sioniste veut dire que ce qui t’a appartenu une fois dans le passé, plus de deux millénaires plus tôt, te reviendra de droit)

Le hic, c’est qu’un an plus tôt,  le 16 mai 1916 plus exactement, le même gouvernement britannique,  les Britanniques et les Français signent les accords Sykes-Picot, qui prévoient le démantèlement de l’Empire ottoman après la guerre. Les deux alliés se partagent les possessions arabes et redéfinissent le visage du Moyen-Orient. Et les Britanniques promettent également au chérif de La Mecque, Hussein ben Ali les territoires arabes sous occupation turque, dont la Palestine et la Syrie.3 novembre - images

Offrir ce qu’on ne possède pas à quelqu’un d’autre, autant l’offrir à plusieurs ! The more the merrier, your majesty.

En fait l’Angleterre avait encouragé les Arabes à entrer en guerre contre l’Empire ottoman qui s’était allié avec l’Allemagne. En échange de leur engagement, l’Angleterre promit aux Arabes de soutenir leur émancipation au lendemain de la guerre, lorsque l’Empire ottoman aurait entièrement disparu. L’appui anglais devait se concrétiser par le soutien par le gouvernement de Londres à l’indépendance des Arabes dans la région située entre d’une part : « la Perse à l’est et (d’autre part) la mer Méditerranée et la mer Rouge à l’ouest », Palestine inclue.

Balfour admet lui-même les contradictions des déclarations britanniques en 1919, et admet que les Anglais ne comptaient pas demander aux Palestiniens leur avis.

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Le partage de l’empire ottoman suivant l’accord Sykes-Picot

Mais former un était sur une terre qui n’appartient pas aux juifs pose un problème légal. Car malgré l’arrivée massive d’expatriés  juifs en Palestine, et tous les efforts d’acheter les terres aux Arabes et toute la fortune des Rothschild qui y passe, en 1948 les juifs ne possèdent que 6% de la terre, et ne forment que 17% de la population ! Difficile d’y implanter un état juif dans ce cas.

Mais c’est sans compter sur l’aide des Britanniques ! Tout simplement, ils révoquent les titres de propriété des Arabes, titres frappés du sceau de Sa Majesté (car parjure un jour, parjure toujours.)

It’s a minor detail your majesty. Donc les titres de possessions sont tout simplement annulés et d’autres offerts aux juifs. Et voilà la question de la terre résolue.

Le nouvel état incluait donc des terres détenues illégalement par des Juifs et qui furent incorporées, comme un fait accompli, à l’intérieur des frontières de l’État hébreu. Et après qu’Israël proclama qu’il était devenu un État, une batterie impressionnante de lois assimila en toute légalité des étendues immenses de terre arabe, dont les propriétaires étaient devenus des réfugiés et avaient été déclarés « propriétaires défaillants », afin de pouvoir exproprier leurs terrains et empêcher définitivement leur retour.

Aujourd’hui, 89,500 morts plus tard (reportés depuis 1917 des deux côtés, selon un rapport de la Cour de justice européenne), le Moyen-Orient remercie chaleureusement monsieur Balfour ainsi que tout le gouvernement de Sa Majesté pour ce cadeau. Le Moyen-Orient est tellement embarrassé par cette générosité, que pour le cadeau il est à court d’idées… un joli bouquet d’al-Qaeda ? Ou un petit paquet d’État Islamique en cadeau de retour ?