29 juin 2007 – Après le fiasco du premier Apple phone, le Rokr E1, le 29 juin 2007 Apple commercialise l’iPhone

Le Rokr E1, premier téléphone de la marque à la pomme dévéloppé conjointement avec Motorola fut un bide total. Le 29 juin 2007, le premier iPhone est commercialisé. Ce fut une machine truffée de bugs, avec des problèmes à n’en plus finir, mais au potentiel en or. Avant cette date, on était thé ou café, dessert ou fromage, Nord ou Sud, et depuis, on est iPhone ou autre.

2007, c’était il y a dix ans. Ce n’est pas vraiment de l’histoire, mais l’histoire fut écrite ce jour-là. Depuis l’annonce par Steve Jobs de l’iPhone en janvier de cette même année, la ferveur du public et la panique des ingénieurs d’Apple ne cessaient de monter.

Le 29 juin, ce sont les queues devant les Apple Stores. Le public qui se rue à l’intérieur après plusieurs jours d’attente sur le trottoir, dormant sur place sous les tentes. Les analystes et les médias ne comprennent pas cet engouement pour un téléphone. Ils filmaient ces extra-terrestres faisant la queue, attendant l’ovin d’iPhone. Pourtant ce genre de folie de groupe n’est pas nouveau à New York. En 1945, les New-Yorkais faisaient déjà la queue pour un produit qui voulait révolutionner leur vie: le stylo bille, notre fidèle BIC. Et à l’époque, ils ont payé l’équivalent de 150 dollars pour se le procurer. Sauf que depuis, et contrairement à l’iPhone, son prix a bien baissé.

La conception de ce premier iPhone avait démarré dans le plus grand secret. Jobs voulait l’expérience de l’internet sur un téléphone sans boutons.

« C’était comme la première mission sur la Lune ! » raconte Tony Fadell, le père de l’iPod.

Au moment du keynote, en janvier 2017, l’iPhone n’était qu’un « prototype qui fonctionnait à peine » Il n’y avait pas encore de ligne de production mise en place, il en existait une centaine d’exemplaires, dont certains avaient de gros défauts, pleins de bugs, et qui plantaient aléatoirement. Par exemple, l’iPhone pouvait lire un extrait de musique ou de vidéo, mais pas jouer un clip entier sous peine de planter. Il pouvait envoyer un e-mail puis surfer sur le Web, mais pas l’inverse ! Des heures de tests avaient permis de définir l’ordre précis dans lequel on pouvait enchaîner les actions sans plantage. Mais toute sortie de route était pénalisée.

Concevoir un écran tactile était à lui seul un projet titanesque. Un des tout premiers appareils équipés de la technologie tactile multipoints, sur lequel travaillait l’équipe Mac, était « énorme, il remplissait la pièce ». Le premier vrai prototype ressemblait à un iPod dont on utilisait la molette cliquable pour composer les numéros. Pas assez cool pour le boss.

Le deuxième prototype, conçu début 2006, plus proche de la version finale, était entièrement en aluminium. Deux experts des antennes ont dû aller « jusqu’en salle du conseil pour expliquer à Steve (Jobs) et (Jonathan) Ive qu’on ne pouvait pas faire traverser du métal à des ondes radio » raconte Phil Kearney, qui dut expliquer aux « artistes » que c’était juste une belle brique, qui ne pourrait jamais fonctionner. Loin de faciliter les discussions, par obsession du secret, Steve Jobs avait tenu à séparer les équipes du logiciel de celles travaillant sur le matériel… Au final : un bel appareil qui ne peut servir que comme presse-papier.

Pour mettre la pression, Jobs annonce la keynote aux grands désarrois de ses ingénieurs. En janvier 2007, la veille du jour J, après cinq jours de répétitions d’arrache-pied, l’ultime prototype se comportait rarement sans plantage. Les ingénieurs d’Apple avaient établi un «  golden path  », autrement dit un cheminement sûr pour le démonstrateur, Steve Jobs. S’il enchaînait les tâches dans le bon ordre, l’iPhone donnait l’impression de bien fonctionner. Mais au moindre faux pas, il aurait planté. En fin de compte, le miracle se produisit. Steve Jobs parvint à accomplir sa démonstration sans incident.

Pendant ce temps, au cinquième rang, une bande d’ingénieurs et de cadres, stressés et exténués, saluaient chaque étape réussie de la présentation de Steve Jobs d’une lampée de Scotch, se préparant à subir la foudre de Jobs en cas de plantage.

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George E. Kennedy Jr., left, first in line to purchase the new iPhone, shows his purchase, at an Apple store in Tysons Corner, Va., Friday, June 29, 2007. Kennedy is switching from Nextel to AT&T, and for him it is « bye bye Blackberry, hello iPhone. » (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)

La keynote réussie, restait à sortir un produit commercialisable. Finalement, le 29 juin 2007, les portes des Apple Store s’ouvrent, et les fans, qui attendaient depuis plusieurs jours aux portes, vont se ruer à l’intérieur pour s’en emparer. À l’époque, le premier iPhone n’avait pas d’App Store, une faible 2G, pas de fonction copier-coller ni même de possibilité de changer le fond d’écran. Ce modèle n’était pas opérationnel, les bugs étaient nombreux, et ni les médias ni les analystes ne comprenaient la folie qui entourait le produit. Mais en 2007, tout ce qui intéressait les gens avec l’iPhone, au-delà de l’aspect gadget ultramoderne véhiculé par Apple, c’était l’expérience du Web qu’offrait le téléphone avec une qualité encore jamais vue.

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Quelques mois plus tard seulement, Apple baissait le prix de son téléphone, le faisant passer de 600 à 400 dollars. Le modèle sorti l’année suivante, l’iPhone 3G ne sera vendu que 200 dollars. Un rabais tout simplement inconcevable aujourd’hui: l’iPhone 7 coûte aux alentours de 650 dollars dans les magasins alors qu’il ne coûte que 227 dollars à produire.

 

Quelques anecdotes sur l’iPhone:

L’iPhone n’était pas le premier téléphone d’Apple. En 2005 le Rokr E1 lancé avec Motorola fut un total échec.

Adios femmes et enfants. À quelques semaines du lancement de l’iPhone, insatisfait de l’appareil, Jobs avait demandé à toutes les personnes travaillant sur le projet de rentrer chez elles pour prendre quelques affaires dans une valise et revenir travailler non-stop jusqu’à ce que tout fonctionne comme il se doit.

Le téléphone de Google et Android ringardisé avant son lancement. Andy Rubin, papa d’Android et à la tête du projet de téléphone Google du nom de code Sooner était en route pour un rendez-vous à Las Vegas, où se tenait l’édition 2007 du CES. Il devait y rencontrer un fabricant de téléphones, prêt à intégrer son bébé. Bluffé par la présentation qu’il était en train de voir, il a demandé à son chauffeur de s’arrêter sur le bas-côté pour finir de regarder l’événement. « Shit ! », aurait-il dit à un de ses collègues dans la voiture, «  je crois qu’on ne va pas sortir le téléphone  ».

Le téléphone en question était pourtant plus performant que l’iPhone sur certains aspects. Il était, entre autres, multitâche, fonctionnait sans avoir besoin d’être connecté régulièrement à un PC ou un Mac et intégrait un Android Market. Problème : il était laid et ringard, avec un clavier physique et écran non tactile. Google dut remettre à plat son projet pour le relancer en 2008 sous le nom de code Dream.

Le Gorilla Glass. À l’origine, l’iPhone devait avoir un écran en plastique, comme ceux des iPod. Mais une fois les premiers prototypes en main, Steve Jobs voulut passer au verre, plus noble et élégant. La difficulté était de trouver un verre solide et inrayable… Un tel matériau existait bel et bien : baptisé Gorilla Glass, il avait été inventé dans les années 60 par l’entreprise Corning… mais n’avait jamais trouvé de marché. Corning n’en produisait donc pas et n’avait pas d’usine capable d’en fabriquer dans le délai de six mois fixé par Jobs. Quelque peu poussé par le patron d’Apple, Wendell Weeks, directeur général de Corning, releva le défi. Le Gorilla Glass, qui orne encore les iPhone, a été produit en moins de six mois après qu’une usine fut transformée en une nuit.

L’iPad avant l’iPhone. Apple travaillait sur une tablette tactile bien avant de se mettre à développer son iPhone. Mais Steve Jobs avait un problème avec le concept de tablette : il ne savait pas comment le « vendre » ce Safari Pad. En revanche, il pensait pouvoir vendre un appareil tactile destiné à remplacer les téléphones mobiles de l’époque. Apple s’est donc orienté vers l’iPhone. Le Safari Pad ne fut lancé que trois ans plus tard sous le nom d’iPad.

Steve Jobs ne voulait pas de l’App Store. Il était même très réticent à ce que des applications tierces viennent polluer son appareil avec des virus ou des logiciels indésirables. Pour que Steve Jobs change d’avis, il a fallu toute l’insistance de Phil Schiller et d’Arthur Levinson. Siégeant au board de Google, ce dernier savait que le magasin applicatif était central à Android. L’App Store a été lancé en juillet 2008, avec l’iPhone 3G.

Le nom d’iPhone était propriété de Cisco. Ainsi que l’iOS. Un accord passant par les cases tribunal et  chéquier permit à Apple de garder le nom.

28 juin 1492 – Pour plaire à son souverain, Antoine de Ville invente l’alpinisme

Pour répondre à un souhait du roi Charles VIII, Antoine de Ville s’attaque à la falaise du Mont Aiguille. Il va réussir une réelle performance acrobatique et audacieuse en prenant d’assaut la montagne comme on le faisait pour les châteaux forts : échelles, tours, et machine de guerre.  

Mais quel est l’intérêt de la montagne, terroir non agricole au climat si rude? Pendant longtemps, les sommets demeurent un territoire interdit, où les croyances situent la demeure des dragons et du diable. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle, la nature, l’océan et al montagne en particulier furent recherchés comme des « sites d’expérimentation et de définition d’une nouvelle catégorie esthético-morale ».  Mais au XVe siècle, seuls les fous penseraient s’y aventurer.

Les prémices de l’alpinisme peuvent être trouvées dans l’ascension du Mont Aiguille, 2087m en 1492. C’est une première initiative dont il est conservé une relation avérée de l’exploit.

Au moyen âge, le Mont Aiguille, baptisé en latin Supereminet Invius qui signifie « Il se dresse, inaccessible », est perçu comme un énorme rocher d’une hauteur prodigieuse. Les dessinateurs de l’époque le représentent sous la forme d’un champignon ou d’une pyramide renversée. Sous l’ancien Régime, il jouit d’une popularité supérieure à celle des géants des Alpes, ignorés du plus grand nombre.

En 1211, Gervais de Tilbury, neveu du roi d’Angleterre Henri II, le décrit comme un mont inaccessible duquel choit une source transparente; au sommet, de l’herbe verdoie et l’on y voit parfois des draps blancs, étendus pour sécher, selon l’usage des lavandières. Les lambeaux de neige qui subsistent au printemps sur la prairie sommitale et l’imagination du narrateur juché sur la cime du grand Vermont suffisent pour accréditer la légende des lavandières du Mont Aiguille.

Certaines des légendes qui s’y rapportent ont pu retenir l’attention des princes. La plate-forme sommitale apparaissait en effet, dans bien des esprits, comme une sorte d’Eden, un territoire préservé du monde profane. Une île en pleine terre.

1492, le jeune roi Charles VIII impressionné par la silhouette de cette tour rocheuse lors d’un voyage de Lyon à Notre Dame d’Embrum, pour accomplir un pèlerinage sur les traces de de son père, le roi Louis XI le Pieux, chargea Antoine de Ville, seigneur lorrain de Domjulien et Beaupré, et capitaine du roi, spécialiste de l’assaut des places fortes, de se risquer à l’ascension de la divine montagne. Les textes sont précis : le Roi de France Charles VIII n’émet pas un ordre, mais une invitation « à faire essayer si l’on pouvait monter sur cette montagne que l’on disait inaccessible ». Et le courtisan comme n’importe quel cadre du CPL, FL, Futur ou Amal s’y jeta corps et âme. Bel damm, bel rou7…

Donc, pour être exact, cette ascension ne fut nullement d’une conquête alpine ; Antoine de Ville, en s’attaquant à la falaise du Mont Aiguille, faisait œuvre de courtisan désireux de satisfaire un caprice de son souverain Charles VIII. Puis la forme singulière de la montagne, en forme de table, donnait envie d’aller voir ce qu’il y avait dessus!

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Illustration de l’exploit

Tout au plus pourrait-on reconnaître que le sire de Ville était un précurseur en matière d’escalade artificielle, puisque son ascension évoque la prise d’une place forte, beaucoup plus qu’une escalade de rocher ; les moyens employés : échelles, perches, etc., étaient ceux normalement usités lorsque l’on donnait l’assaut aux murs d’un château fort. Cette expédition fut authentifiée par un acte notarié le 28 juin 1492. Car le capitaine de Ville a bien voulu risquer de se casser le cou pour plaire à son seigneur, n’empêche, comme tout cadre du CPL et Cie, ne départira pas sans une récompense ou un nouveau poste, et il fallait authentifier l’acte par un notaire. Yves Lévy, huissier de son état effectue le constat depuis le bas « Ne voulant pas s’exposer d’y monter par le danger qu’il y avait d’y périr et par l’impossibilité d’y arriver de peur  qu’il ne parût tenter le seigneur… » L’acte certifié, de Ville put se pavaner de son action en attendant dans les antichambres, échine courbée la récompense, comme tout bon cadre du CPL et Cie en gros.

Pour son assaut, Antoine de Ville se fait assister par un prédicateur apostolique, l’escalleur du roi (échelleur), un maître tailleur de pierres, un maître charpentier, un laquais et un aumônier. L’ascension est réalisée par cette équipe de « spécialistes » au moyen d’échelles, de cordes et de grappins pour, enfin au sommet,  découvrir « un beau pré qui demanderait 40 hommes pour le faucher, avec des fleurs de couleurs et de parfums divers, et une belle garenne de chamois » ainsi qu’une « belle garenne de chamois qui jamais n’en pourront partir. » La question sans réponse qui se posa, comment ces bêtes sont elles arrivées sur ce plateau.

Antoine de Ville et ses compagnons séjournèrent plusieurs jours sur la prairie sommitale, y burent et y mangèrent, firent dire des messes, baptisèrent le mont « Aiguille-Fort », érigèrent 3 croix et bâtirent une petite maison de pierres sèches.

La seconde escalade ne sera réalisée qu’en 1834 par un berger du pays, Jean Liotard.

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Le Mont Aiguille

27 Juin 444 – Mort de Cyrille d’Alexandrie à qui on doit l’avènement d’une ère d’obscurantisme, et la proclamation de « Marie Mère de Dieu »

Cyrille d’Alexandrie, surnommé de son vivant le Pharaon, est mieux connu pour sa brutalité à l’égard des païens et des chrétiens de Constantinople ou d’Antioche, pour les assassinats commandités et pour avoir (ex)terminé la pensée gréco-romaine antique et l’avènement de l’obscurantisme chrétien. Mais ses écrits lui valent néanmoins la sainteté et, en 1882, le titre de Docteur de l’Église. Autre légat, au concile d’Éphèse, en 431, Marie qui n’était que mère de Jésus, fut proclamée par Cyrille « Marie Mère de Dieu ».

Né en 376, et après des études classiques et théologiques, Cyrille mena pendant un certain temps la vie monastique, puis devint clerc. À la mort de son oncle Théophile, en 412, Cyrille fut élu au siège d’Alexandrie et il le conserva jusqu’à sa mort en 444. Comme quoi l’hérédité des postes date des premiers siècles dans notre cher Orient.

Tout comme son oncle Théophile, que l’on surnommait « le Pharaon », Cyrille a parfois abusé du pouvoir immense que lui donnait son titre d’évêque d’Alexandrie. Mais on Orient, on ferme les yeux et on bénit nos tyrans.

La première partie de son épiscopat est marquée par la lutte et l’expulsion des Juifs, et la lutte brutale contre les païens et les hérétiques, et les chrétiens de Constantinople et d’Antioche. Pour en finir des concurrents des deux villes concurrentes, c’est tout simple, Cyrille les affuble d’hérésie. Ainsi le bras assassin devient vengeur béni. Ces mesures brutales l’opposent à Oreste, préfet d’Egypte, chrétien lui aussi, et sont l’occasion de pogroms et autres scènes sanglantes, au cours desquelles périt en 415 la philosophe Hypatie, victime d’un lynchage.

La mort d’Hypatie est considérée comme la fin de la pensée des philosophes et l’avènement de l’obscurantisme chrétien. Fille de Théon, dernier directeur de la bibliothèque d’Alexandrie, Hypatie est une scientifique, agnostique, laïque avant l’heure, qui enseigne notamment la pensée de Platon, les mathématiques et l’astronomie. Ses travaux ont été détruits – merci, Cyrille -, mais on suppose qu’elle travaillait sur une forme d’héliocentrisme.

L’historien chrétien Socrate le Scolastique disait d’elle:

 

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Socrate le Scolastique

« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. »

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Hypatie, matématicienne et philosophe

On ne sait pas si elle fut Femen, montrant ses seins tagués, ou juste philosophe. N’empêche, elle gênait Cyrille.

Ne pas être chrétienne, enseigner le rationalisme, la philosophie, être femme, indépendante et avoir une influence sur une partie du peuple et sur le préfet romain Oreste ; voilà plusieurs raisons qui vont conduire Hypatie à sa perte. Celle-ci intervient en 415, dans un empire romain désormais devenu chrétien. Et Cyrille, pour s’en défaire va suivre les conseils de Samir Geagea en appelant une milice chrétienne pour le sale boulot. Ainsi les paraballanis, groupe de quelques centaines de bras armés aux ordres du puissant patriarche lapident Hypatie à mort.

En 428, Cyrille ouvre les hostilités contre Nestorius, évêque de Constantinople, et prend la défense du Théotokos (Marie, Mère de Dieu).

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Concile d’Éphèse

L’église jusqu’à présent voyait en Marie la mère de Jésus, l’homme. Nestorius essaya de trouver un compromis pour en finir avec cette querelle gênante en proclamant Marie mère du Christ. Mais Cyrille et l’évêque de Rome, Célestin, ne voulaient pas de compromis : Ils cherchaient la destitution de Nestorius pour en finir avec le pouvoir de Constantinople. Cyrille proclame alors Marie mère de Dieu et convoque un concile à Éphèse où Nestorius, arrivé avec une dizaine d’évêques pour parler théologie, fit face à quelques deux cents évêques de Cyrille qui le destituèrent. Oh Marie si tu savais, composa Johnny Hallyday à cette occasion.

Petite parenthèse sur les statuts de Marie qui changeaient au fil du temps. Déjà, au 2e siècle, pour faire comme les vestales et prêtresses païennes, on fit de Marie la mère de famille, une vierge. Puis, pour faire mieux, on remonta la virginité à sa conception même, un dogme décréta qu’elle fut ainsi conçue sans la faute originelle. Puis on raya d’une explication vite bâclée la mention des frères de Jésus. Un autre dogme fit qu’elle resta vierge après la naissance de Jésus, ainsi, il est sorti de son sein… et ainsi de suite. Fin de la parenthèse.

Résultat des courses : milliers de juifs, de païens et d’hérétiques tués ; fin de la pensée philosophique et l’ère des lumières ; premier schisme de l’église consommé en 430 avec la destitution de Nestorius dont les adeptes formèrent l’église nestorienne.

Et là, vous vous demandez, et Cyrille qu’est-il devenu? La réponse est très simple : Saint Cyrille, sanctifié et glorifié. Il meurt le 27 juin 444. Saint pour les orthodoxes et catholiques, il est aussi, depuis la proclamation du pape Léon XIII en 1882, Pèreét Docteur de l’Église catholique.

La postérité est clémente sous nos cieux du Proche Orient, ce qui fera respirer bon nombre de personnes à la Place de l’Étoile et à Baabda.

26 juin 1903 – Le chewing-gum Wrigley ouvre l’ère de la codification de la distribution… et du consommateur, avec le premier code-barre mis en service

Le premier produit doté d’un code-barres scanné à une caisse est un paquet de gomme à mâcher de la William Wrigley Jr. Company dans un supermarché de la ville de Troy (Ohio).

Le zèbre cubiste qui trône sur le cul de tous les produits, emballage, billets, ou n’importe quel objet conçu et vendu n’est pas né d’hier. Le code-barres UPC (Universal Product Code) a été créé afin de définir une codification adaptée à la grande distribution, dans les années 70. Cette invention allait devenir l’une des techniques industrielles les plus marquantes de l’histoire, bouleversant les pratiques des distributeurs et de toutes les organisations qui achètent et transportent des objets, avec  la mise en œuvre des systèmes de traitement de l’information dans les magasins du monde entier, pour des millions de types de marchandises et d’articles.

L’idée de coder les produits était devenue une nécessité. Déjà, le 20 octobre 1949 N. Joseph Woodland, qui travaillait à l’époque au Drexel Institute of Technology, avant de devenir un IBMer, présenta la première demande de brevet sur la technologie des code-barres, brevet qu’il obtint avec Bernard Silver le 7 octobre 1952. Les premiers code-barres étaient circulaires et concentriques, ce qui permettait de scanner dans toutes les directions. Les choses devaient en rester là pendant plus de vingt ans, car la technologie des lecteurs optiques lasers n’était pas encore au point. Le premier scanner construit par Woodland dans son salon faisait la taille d’un bureau, devait rester recouvert d’une bâche huilée pour le protéger de la lumière, et pire, la lumière des lampes brûlait le papier portant le code-barres sans parler des dommages et lésions des yeux ! Ce genre de scanner aurait été intéressant pour les inspecteurs du TSL pour scanner les preuves, mais pas vraiment utile pour les supermarchés.

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Vers 1970, au centre Triangle Park d’IBM Research, George Laurer entreprit de trouver une solution pour scanner des étiquettes et développer un code à lecture numérique. Rapidement, une équipe fut mise sur pied, avec la participation de N. J. Woodland. Le premier essai porta sur le code en « œil de bœuf » de cercles concentriques, mais personne n’en fut satisfait, car il prenait trop de place sur les emballages.

Entre-temps, face au développement des supermarchés dans l’Amérique de l’après-guerre, le secteur de la distribution alimentaire voulait automatiser le passage en caisse pour gagner du temps, réduire les coûts de personnel et systématiser la gestion des stocks dans le magasin. L’équipe d’IBM avait quant à elle revu son approche et adopté les barres verticales que nous connaissons aujourd’hui, contenant chacune plusieurs copies des informations.

C’est le 26 juin 1974 qu’eut lieu la première lecture optique d’un article, dans le cadre d’un projet pilote réalisé dans un supermarché Marsh de Troy (dans l’Ohio). Il s’agissait d’un paquet de chewing-gum Juicy Fruit de Wrigley, exposé aujourd’hui au Smithsonian National Museum of American History, à Washington. Oui, c’est bien ça, ce premier chewing-gum portant un code-barre est préservé dans un musée. Oui, les maisons historiques de Beirut sont passées au pilon et au marteau piqueurs, et les colonnes et chapiteaux gréco-romains de Beirut sont jetés sur les plages du Biel.  26juin-4724952_orig

Les magasins alimentaires adoptèrent rapidement les nouveaux lecteurs, tandis que les consommateurs se convainquirent peu à peu de leur fiabilité pour la facturation.

Les doutes éventuels sur l’avenir du nouveau système furent définitivement balayés à la fin des années 1970. Le coût des passages en caisse avait chuté et leur vitesse avait augmenté de 40 % ; les transactions avaient gagné en fiabilité ; et les systèmes de gestion des stocks des magasins avaient été considérablement optimisés, pour la gestion des marchandises disponibles, en commande ou nécessitant un réassort.  Le code-barres a ouvert la voie à l’essor de l’hyperchoix, la multiplication des produits. Il a permis aux magasins de gérer un flux continu de nouvelles références, sans faire exploser les frais de gestion. Chaque jour, 8 milliards de « bips » retentissent partout sur la planète. La lecture optique du code-barres n’enregistre pas seulement la transaction. Elle déclenche aussi une incroyable cascade d’opérations, depuis l’enregistrement des données d’achats des clients jusqu’à la gestion des stocks, les commandes de réapprovisionnement automatique.

Et ce n’était qu’un début. L’une des conséquences immédiates fut la capacité des magasins à suivre les habitudes d’achat globales et, par la suite, individuelles des consommateurs grâce au scan de bons de réduction et de cartes de fidélité. En d’autres termes, le consommateur, autant que le produit, est fiché, tracé, suivi, prédit et en quelque sorte, codifié. Merci IBM.

25 juin 1903 – Naissance de George Orwell, auteur des deux bibles politiques : la Ferme des Animaux, et 1984

Son 1984, livre de chevet livré avec les clés du palais de Baabda, décrit un régime que chaque président rêverait de recréer. A chaque citation du Big Brother, Machnouk ne peut s’empêcher un frémissement orgasmique… Si seulement il pouvait faire pareil…

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George Orwell

De son vrai nom Eric Arthur Blair, George Orwell naît aux Indes le 25 juin 1903 d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium. Ce poste de dealer légal de l’état était plutôt bien en vue, et bon nombre de prétendants attendaient la libération du poste. Georges Wassouf et Mohamad Fneich étaient déjà sur la liste d’attente.

Mais papa dealer n’avait pas les moyens. Alors Eric décroche une bourse pour pouvoir rejoindre les pensionnats de l’élite anglaise. Mais il éprouve l’amertume du déclassement. Par contre, à Eton, à la place des soirées néonazies du prince Harry, il découvre le communisme. Au bout de ses études, il s’engage comme sergent en Birmanie. Il démissionne au bout de cinq ans, en désaccord total avec une idéologie oppressive. Commence alors une période difficile, ponctuée de petits travaux et de chômage, pendant laquelle Orwell reste fidèle à l’écriture : il écrit à Paris et à Londres des romans et des nouvelles, qui ne trouveront pas d’éditeur. C’est la dèche.

S’ennuyant de Paris et de Londres, il s’engage en Espagne aux côtés des communistes dissidents du POUM pour faire sa petite guerre. Pendant la guerre d’Espagne, il prend conscience de la nature totalitaire du communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges.

Son intérêt pour les luttes révolutionnaires n’ayant pas altéré son amour pour la démocratie, il écrit le 8 mai 1940, avant l’invasion de la Belgique et de la France par la Wehrmacht : «Si je prends parti pour la Grande-Bretagne et la France, c’est parce que je préfère rejoindre les plus anciens impérialismes- décadents, – comme Hitler a raison de les appeler – que les nouveaux, beaucoup plus sûrs d’eux-mêmes et donc beaucoup plus impitoyables. »

Réformé suite à une blessure à la gorge, George Orwell devient reporter à la BBC et publie en 1945 un petit roman parodique publié : Animal Farm (la Ferme des Animaux).

Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes :

«TOUS LES ANIMAUX SONT ÉGAUX,

MAIS CERTAINS ANIMAUX SONT PLUS

ÉGAUX QUE D’AUTRES ».

Le CPL ne peut qu’approuver ce choix judicieux des mots.

 

En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» (Grand Frère) en lequel chacun reconnaît Staline. Le titre ne fait pas référence à un futur imaginaire, mais à son époque ; il faut y voir en effet une anagramme de 1948. Dans ce roman, l’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue. Elle se caractérise par l’appauvrissement du vocabulaire pour restreindre les mots aux termes permis. Quelle bonne idée ! Au lieu de foutre les twitteurs en prison, enlevons les mots qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser; Gebran s’est mis à la rédaction du novalibanais.

George Orwell meurt l’année suivante de la tuberculose sans avoir connu le succès planétaire de son 1984.

24 juin 1901 – Pablo Ruiz devient Pablo Picasso

Le jeune peintre inconnu a droit à un vernissage à Paris, et du coup décide de signer du nom de sa mère. Picasso sonnait plus rond et plus thêatral que Ruiz. Le jeune Pablo commence à l’utiliser pour signer ses toiles en prévision de ce premier vernissage chez Ambroise Vollard, marchand d’art à Paris. Suite à cette première exposition, Félicien Fagur, critique d’art en dit qu’il est « peintre, absolument peintre, il adore la couleur pour elle-même ». Comme quoi, tous les critiques ne sont pas cons. Certains sont visionnaires.

Et ces visionnaires auraient pu être millionnaires aujourd’hui, car un investissement de 150 anciens francs en 1901, soit ce que le marchand Pere Manach a payé contre toutes les toiles de Picasso, aurait rapporté au plus bas $650,000,000 un siècle plus tard. Riad Salamé s’est mis à la peinture après avoir fait ce calcul, rêvant à une nouvelle ingénierie financière pareille à offrir en cadeau pour les banques.

Ce n’est pas le cas de tous les critiques. Sur sa précédente exposition au cabaret du Els Quatre Gats, un critique anonyme parlant du modernisme de Pablo Ruiz « cette exposition révèle chez ce peintre, comme chez bien d’autres avant lui, en proie â une folle passion pour cette école, une déplorable perversion du sens artistique et une conception erronée de l’art. »

En 1901, le jeune peintre rend un hommage très personnel aux anciens. À Vélasquez avec les naines royales qui posent sans vergogne. À Goya le vaporeux, a

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vec sa Spanish Woman, mondaine et bien contemporaine, à la fois tout en détail minutieuse et en touches rapides. À Van Gogh et à Gauguin pour les contours noirs très marqués et l’intensité franche des couleurs avec Arlequin et sa compagne. À Degas  avec La Nana, clin d’œil moqueur à ses ballerines trop charnelles et à sa fillette en bronze de 14 ans, chétive et malsaine. À Toulouse-Lautrec dans ses tableaux de la vie parisienne comme ce French cancan qui danse en état d’ivresse dans des vapeurs éthyliques. Les influences se mélangent.

Et le fier Andalou ne se prend pas pour une sous-merde, finit par signer haut fort sur son autoportrait: Yo, Picasso (Moi, Picasso)

La première visite de Picasso à Paris date de l’automne-hiver 1900. Le «le petit Goya» comme l’ont surnommé ses amis, a convaincu Ambroise Vollard, grand marchand d’art moderne, de lui exposer ses peintures. Il passe le début de l’année 1901 à Madrid où il apprend le suicide de son ami Carles Casagemas. Un dépit amoureux qui s’est soldé par une balle dans la tempe en plein Café de l’Hippodrome à Montmartre devant la femme en jeu, Germaine Gargallo. Marcela Iacub a bien essayé de contacter Picasso et se faire passer pour Germaine sans succès.

Picasso ne produit pas, ou très peu, et la date de l’expo approche. Il rentre à Paris avec seulement quelques tableaux, pas assez pour une expo. Il s’installe 130 ter, boulevard de Clichy, à Montmartre, dans l’ancien atelier de Casagemas, avec un peu plus d’un mois pour œuvrer. Commence alors un travail frénétique. Jusqu’à trois tableaux par jour. La période bleue y est crachée au rythme de 3 tableaux par jour pour atteindre u64 œuvres réalisées en un temps record, dans un style expérimental, à la fois virtuose et changeant, pile pour l’exposition.

Poussé par la critique qui désormais loue ses traits fermes et précis, Picasso devient un tourbillon créatif, «celui qui peint 24 heures sur 24», comme le baptise Gustave Coquiot.

Après la ­fièvre parisienne et l’impertinence des reprises, la mélancolie se fait jour, peuplant ses tableaux d’esseulés, de muets avec les postures et les mains en position émouvante, de buveurs d’absinthe, d’Arlequins tristes (son alter ego), même accompagnés de mère aux abois bien avant Guernica.

La palette sourde qui sera la marque de sa période bleue envahit ses toiles. Et pour son ami Casagemas, il offre une mise en bière rêvée, picturale et grandiose à la Courbet avec des prostituées dans les cieux, copiées sur les malheureuses de la prison des femmes de Saint-Lazare.

22 juin 1893 – Arrogant et Têtu, le Vice-amiral Tryon Envoie au Fond de l’Eau le HMS Victoria à Tripoli

Comme quoi la bêtise humaine peut venir à bout de toute technologie, science ou logique. Lors d’une manœuvre en mer censée épater les badauds et leur donner plein les yeux, , l’amiral Tryon s’entête dans ses ordres et vient empaler le HMS Victoria contre le HMS Camperdown. Résultat des courses : le navire amiral au fond de l’eau et le Camperdown cloué au port.

Les badauds rassemblés au port de Tripoli n’en croient pas leurs yeux. C’est ça la fameuse toute puissante et première force marine de l’histoire ? N’importe quel pêcheur du port a fait la même manœuvre au moins des centaines de fois sans jamais frôler le moindre rocher ou navire. Car le HMS Victoria vient de sombrer devant la foule, plongeant en quelques minutes et disparaissant de la surface de la mer, plus vite que la valeur de Saudi Oger.

Ce matin du 22 juin, la f22juin-HMS_Victoria_(1887)_William_Frederick_Mitchelllotte de onze navires de guerre anglais, devait en une manœuvre planifiée comme une cérémonie d’Oscars montrer à ces manants autochtones, et surtout aux français et italiens dont les espions rodent toujours dans le mont Liban, comment la marine anglaise maîtrise la mer. Car la méditerranée est devenue la route vitale qui relie les Indes au reste de l’empire de Sa Majesté. Le message doit être bien clair : aucune menace ne sera tolérée. Et quoi de mieux pour faire passer ce mes

 

sage qu’un géant de 100m de long, 21m de large, 8.15m de tirant d’eau, car le cuirassé HMS Victoria, qui a à peine six ans, est vanté comme étant le plus puissant et le plus rapide des cuirassés en service, possédant le meilleur blindage et les canons les plus puissants. Ce navire amiral, fine fleur de ce que la technologie pouvait produire avait un seul point faible : son commandant.

 

L’amiral Tryon, Tryon était un tacticien bien reconnu dans la première force navale de la terre, considéré comme un des meilleurs du haut État major de la Royal Navy. Il croyait dur comme fer en l’obéissance absolue des équipages en temps de guerre. Et c’est ce qu’il prônait ce jour de manœuvre! Au briefing, lord Tryon avait informé les capitaines d’une manœuvre classique, une avancée en deux colonnes, vers la côte, puis les têtes de colonnes, soit les cuirassés Victoria et Camperdown tourneront de180 degrés vers l’intérieur, suivis par le reste des navires, et ainsi les deux colonnes repartiront dans le même ordre. Et de fait, il demande à ce que les deux colonnes soient séparées de 1,100m. Les officiers lui ont fait remarquer que 1,100 m c’est trop peu, chaque navire a besoin de 800m pour effectuer un demi-tour. Pardon me ? L’addition n’était point le point fort du Lord, puis on ne discute pas avec un amiral de Sa Majesté. D’ailleurs, les capitaines s’attendaient à ce que l’amiral les teste en pleine manœuvre avec de nouveaux ordres à exécuter, les mettant à l’épreuve en envoyant de nouveaux signaux. La manœuvre vouée à l’échec débute. Mais l’ordre de changer ne vient pas. Et en bons soldats de Sa Majesté, avec un flegme tout britannique, les deux navires naviguent l’un vers l’autre : le HMS Victoria et les HMS Camperdown entrent en collision. Le navire amiral s’est empalé sous la ligne de flottaison.

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Collision des HMS Camperdown et HMS Victoria

Comme une erreur n’est jamais assez, et contre toute logique, Tryon ordonne de faire machine arrière. L’eau s’engouffre alors dans la brèche alors dans les soutes. Conscient de son erreur, essayant de sauver le navire, Tryon ordonne de reverser les machines en avant toute pour rejoindre le port. Hélas, en moins de temps qu’il ne faut à Trump pour twitter, le Victoria s’enfonce dans les flots, entraînant avec lui 358 hommes, parmi lesquels le vice-amiral Tryon. Seul un député du parlement libanais aurait pu faire pire.

Le Victoria, devenu cimetière marin, git encore à presque 200m de profondeur face à la Mina – Tripoli dans une position des plus shocking : proue enfoncée dans les sédiments et la poupe vers le haut, car les machines reversées en avant toute ont quasiment propulsé le Victoria vers le fond, le clouant dans la vase. Un Brexit avant l’heure en quelque sorte.

À noter que Tryon, fervent admirateur de Nelson conservait quelques objets de valeur dans sa cabine, dont l’épée du grand amiral. Avis aux pilleurs de cimetières et voleurs de tout genre, bandits, cagoulards, ministres et députés, maraudeurs, barboteur : l’épée vaut une fortune.

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L’épave verticale du HMS Victoria

 

21 Juin 217 av. J.-C. – Hannibal décime à Trasimène les légions romaines équipées de cochons de guerre

Il a traversé les Alpes avec des éléphants. Rome répond avec des attaques de cochons de guerre, mais n’arrive pas à entraver l’avance. La bataille de Trasimène, l’une des plus importantes victoires d’Hannibal dans la Deuxième Guerre punique, ouvre la route de Rome à l’armée carthaginoise.

Le 20 Juin 217 av. J.-C., Fluminius avec son armée, ultime rempart que Rome peut placer sur la route d’Hannibal avance à la recherche de l’armée exténuée d’Hannibal.

Fluminius s’est même muni de ses armes anti-éléphant pour contrer les fameux pachydermes de guerre d’Hannibal: des cochons de guerre enduits d’huile ou de résine en enflammés avant d’être lâchés parmi les éléphants pour les effrayer.

Non, ce n’est pas Angry Birds, mais bel et bien la seconde Guerre Punique. Pline l’Ancien, repris par Aleanus avait déjà recommandé cette arme, précisant que « les éléphants sont effrayés par le plus petit grognement de cochon. » Mais l’armée carthaginoise est dans un état de fatigue avancé. Ils ont réussi la traversée la méditerranée, la péninsule ibérique, et réalisé l’impossible, la montée et la descente des Alpes en dix-huit jours ! Ils ont tant enduré sur les pistes blanches de la montagne, même les quarante éléphants de guerre sont tous morts malades ou devenus fous, se sont jetés dans les abîmes, entraînant avec eux cornacs et soldats.

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Hannibal sur un éléphant de guerre (fresque)

Les morsures des glaciers ont esquinté les sabots des chevaux, Hannibal lui-même a perdu un œil, ils ont même croisé une certaine Jackie Chamoun qui fuyait en ski, poursuivie par une horde de prêcheurs. Chaque jour était une bataille. Tant d’hommes qui n’ont jamais vu la neige tombaient épuisés. Mais, à la fin, il a réussi la traversée des Alpes, perdant la moitié de son armée qui est à bout de forces. La Tosca

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Hannibal

ne qu’il découvre avec son soleil, ses champs et ses vignes n’arrive pas à leur faire oublier la brume, la neige, la glace et la souffrance sous le soleil. Fluminius n’a qu’à cueillir cette horde de barbares exténués. Il sait bien qu’il est le dernier espoir de Rome qui n’a plus d’armée à mettre sur le chemin d’Hannibal. L’empire tremble. L’ennemi déferle et rien ne semble pouvoir arrêter ce fou qui rassemble avec lui toutes les peuplades opprimées et révoltées que ce soit les Ibères, Gaulois, Baléares, Étrusques, Libyens ou Numides… Il a la responsabilité de sauvegarder Rome, sinon, Antoine Kerbaj n’arrêtera plus d’ânonner à ses oreilles « Roma, Roma, je suis ton soldat et gnagnagna ».  Il espère que cette bataille sera décisive. Il a quitté Rome avec 25,000 hommes, et poursuivait les hordes carthaginoises.

Hannibal poursuivi et traqué savait que l’armée romaine devait inévitablement passer par le lac de Trasimène. Au lieu de fuir, il décide de placer son armée sur les hauteurs qui surplombent le vallon de Trasimène tout en faisant allumer des feux sur des collines lointaines pour faire croire à Fluminius que son armée est encore loin. Si l’armée romaine décide de passer par le vallon en suivant le fleuve, il pourra les attaquer par surprise, par contre, s’ils passent par la montagne, ou s’ils envoient des éclaireurs et découvrent sa position, alors il sera pris à son propre piège avec son armée de 40,000 hommes divisée sur deux hauteurs et séparée en deux groupes.

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Le 20 juin au soir, l’armée romaine arrive au lac et y campe pour la nuit. Le brouillard recouvre tout le terrain. Satané brouillard. Les deux armées ne se voient pas. Le silence règne, surtout du côté carthaginois, Hannibal ayant ordonné silence absolu, même pas un cliquetis d’arme n’était toléré. On n’entendait dans la nuit qu’Antoine Kerbaj qui criait toujours « Roma, Roma, je ne suis qu’un soldat, je veux dormir, dormir… ».

Le 21 au matin, le soleil se lève. Le brouillard commence à se dissiper en hauteur. Si l’heure avance encore, les Romains pourront voir les positions découvertes de leurs ennemis. Mais ils lèvent le camp et se mettent en marche dans le brouillard, en position normale : les chefs devant, les charriots et les vivres au milieu, et les soldats sur les côtés, suivant le vallon. La réaction des Carthaginois ne se fit pas attendre. Ils se ruèrent de « mille endroits à la foi », décimant tout d’abord le groupe des chefs. Fluminius a la tête tranchée dès les premières minutes. Le temps que les Romains réalisent que c’est une embuscade et c’est la panique. Adios l’ordre légendaire des légions romaines. C’est le sauve-qui-peut. En fin de journée 15,000 soldats romains sont massacrés au fil de l’épée, l’eau du lac est rouge de sang. 10,000 autres soldats sont faits prisonniers. Les captifs italiens, non romains sont libérés: c’est la poursuite de la politique commencée rappelant aux peuplades qu’Hannibal leur apportait avant tout « la liberté », c’est là toute son habileté politique.

L’eau du lac est rouge de sang. Hannibal n’a perdu de son côté que 1,500 hommes, la plupart sont des Gaulois, turbulents et moins disciplinés, ce qui en faisait des cibles faciles.

La route de Rome est ouverte.

(Spoiler) Hannibal ne marchera pas surRome, car il n’avait pas de machines de siège. Il envahit le reste de l’Italie avant d’être refoulé.

20 Juin 1815 – Les Rothschild attaquent la bourse de Londres

Au lendemain de la bataille de Waterloo, spéculant sur le résultat de la bataille et propageant de fausses informations, Nathan Rothschild effectue son fameux « coup de bourse » qui donne à sa famille le pouvoir financier absolu sur la bourse de Londres. Comme quoi, il n’y avait pas que les vautours qui se gavaient au lendemain des batailles. Quelques banquiers trainaient aussi…

Certains gagnent des batailles, mais perdent leurs âmes. C’est ce qu’on pourra dire des Anglais au lendemain de la bataille de Waterloo. La famille Rothschild, n’est plus à présenter, de commerçants juifs ayant gravi les échelons depuis la maison où leur ancêtre tenait négoce et change, la maison « à l’écusson rouge » ou zum roten schild à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, qu’ils prirent comme patronyme, pour devenir financiers, banquiers et barons.

Or en 1815, la famille était assez puissante : elle possédait des banques dans cinq pays, et avaient prêté de l’argent à pratiquement tous les gouvernements où ils opéraient, notamment aux Anglais autant qu’au Français pour financer la guerre, ils attendaient le dénouement pour reprendre les affaires. Le retour de Napoléon, et la bataille que la coalition s’apprêtait à livrer allaient décider du sort de l’Europe.

Une des forces de la banque Rothschild était le réseau d’informateurs et d’espions, partout présents à l’échelle internationale, et qui rapportait toute sorte d’information en des échanges codés et secrets. Avec leurs agents, la famille avait son réseau d’information privé.

 Les voitures de Rothschild arpentaient les routes, les bateaux de Rothschild voguaient le long des canaux, l’ombre des agents de Rothschild se déplaçait sans un bruit dans les rues des capitales. Tous transportaient de la monnaie, des messages ou encore des courriers confidentiels, et par-dessus tout – des informations exclusives concernant les plus récents mouvements sur le marché des matières premières et la bourse.

Et il n’y avait de plus précieuse information que celle concernant Waterloo en ce jour du 18 juin.

De la bataille de Waterloo dépendait le futur du continent européen. Si Napoléon sortait victorieux de cette bataille, la France se verrait devenir maître inconditionnel en Europe. Et dans le cas contraire, l’Angleterre deviendrait de facto le pays le plus puissant d’Europe et se trouverait ainsi en position d’étendre largement sa sphère d’influence. Si l’Angleterre venait à être vaincue, la livre anglaise sombrerait sous des dettes colossales tandis que le franc s’envolerait. A contrario, si elle venait à écraser Napoléon, la valeur de la livre atteindrait des records.

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Nathan Mayer de Rothschild

Nathan de Rothschild, qui tenait la banque à Londres avait fait de gros investissements, et attendait, comme toute la bourse de Londres d’ailleurs, le résultat de la bataille pour savoir comment adapter sa stratégie. Or, contrairement aux autres banquiers de Londres, Nathan n’avait d’appartenances qu’à la maison des Rothschild. Les sentiments nationaux n’avaient pas lieu d’exister dans sa stratégie froide. C’était le genre de banquier calculateur et tranquille, pas le genre de celui dont les gardes du corps poignardent les passants à Achrafieh. Alors que les deux armées se préparent à la bataille, Nathan Rothschild avait déployé ses agents aux positions les plus stratégiques dans les deux camps, ainsi qu’il avait préparé les postes pour le transport des bulletins d’information. Et il avait concocté sa stratégie en grand secret. Aucun commis ou assistant n’était au courant du coup qu’il préparait, surtout pas son petit commis nommé Rafic H. qui essayait alors d’apprendre le métier en spéculant sur les dettes souveraines libanaises.

18 Juin au matin, la bataille de Waterloo commence. Le sort du combat qui laissa 25,000 morts resta indécis jusqu’à la soirée. Mais dès la fin de l’après-midi du 18, une information capitale dépêchée par un agent des Rothschild part vers Londres, avant les dépêches officielles.

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Diorama du champs de la bataille de Waterloo
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Bataille de Waterloo

Le 20, l’information que Wellignton est sorti victorieux arrive à Nathan qui la garda secrète. Il partit vers la place boursière de Londres et s’installa dans son coin préféré, contre ce qui fut appelé plus tard le ‘pilier Rothschild’. Avec un visage de poker, le chef de la maison Rothschild donne le signal à ses agents situés aux alentours de vendre des livres britanniques. Rafic H. qui trainait dans la salle passa l’info à son copain Najib M. qui avait besoin d’un peu de tunes pour s’acheter des voix.

Presque instantanément, les agents de Rothschild commencent à vendre des livres, qui, vu les sommes déversées sur le marché commença à perdre de sa valeur. Il ne fut pas nécessaire d’attendre bien longtemps pour voir la devise anglaise s’effondrer totalement.

Nathan ne s’éloigna pas de son ‘pilier’ de toute la durée de l’opération, le visage toujours figé. Il continua à vendre, et à vendre encore. La livre continua sa dégringolade, et dans la salle, le bruit commença à circuler que Rothschild « savait » que Wellington avait perdu.

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Le pilier de Rothschild

Un mouvement de panique s’ensuivit, alors que tous se précipitaient pour se débarrasser de leurs livres en échange d’or ou d’argent dans l’espoir de conserver ne serait-ce qu’une partie de leur richesse. La livre continua sa chute effrénée, et après quelques heures de ventes incessantes, se trouva ruinée, à 5% de sa valeur initiale.

Nathan Rothschild, moins expressif que jamais, toujours adossé contre son pilier, continuait de donner des ordres à ses agents, mais ses signaux ont changé. Ils ont changé de manière si subtile que seuls ses agents surentraînés se trouvaient en mesure de s’en apercevoir. Immédiatement, une douzaine de ses agents se précipitèrent vers le guichet et achètent toutes les livres disponibles pour trois fois rien. Najib M. passa l’info à Walid J. qui suivit la foule des agents pour se faire un peu de pèze pour s’acheter une nouvelle montagne.

Ce ne fut que peu de temps après que la vraie nouvelle se fit savoir dans la capitale anglaise. L’Angleterre était devenue maître incontesté en Europe.

En l’espace de quelques secondes, la livre vit sa valeur flamber jusqu’à atteindre des sommets.

Nathan avait achevé son contrôle sur l’économie anglaise qui était à sa merci. En l’espace de quelques heures, sa fortune avait été multipliée par plus de vingt.

Ce n’est pas tout, grâce au pouvoir acquis dans la bourse de Londres et à ses réserves quasiment illimitées, la famille Rotshchild, avec la branche française rejoue le même coup en France. En 1818, la banque achète une énorme quantité d’obligations du gouvernement français. Ensuite elle inonde le marché des principales places commerciales d’Europe de ces obligations ce qui provoque une panique boursière. Le commis Walid J. passa l’info à son copain Gebran B. qui avait besoin d’un max d’oseille pour un nouveau jet et un peu plus d’ego. Alors, le scénario joué à Londres est suivi, et la famille rachète pour une bouchée de pain les titres et obligations du gouvernement français, empochant en chemin le contrôle de la bourse de Paris.

Comme quoi, vainqueurs et perdants de la bataille de Waterloo sont logés à la même enseigne. Les soldats croupissent et les banquiers trinquent.

À bon entendeur, salut.

19 Juin 1867 – Maximilien l’autrichien, nommé par les français empereur du Mexique est fusillé

 

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Maximilien, un Autrichien ayant reçu de la France le titre d’empereur du Mexique, fusillé à Queretaro par les troupes victorieuses de Benito Juarez, qui n’est autre que son prédécesseur et son successeur ! C’est trop marrant pour ne pas s’y attarder.

Que va faire au Mexique  un Habsbourg, au nom aussi long qu’un discours de Nasrallah? Raquel et Antonio étant mariés puis divorcés, la tequila et les halapeños mis à part, qu’y a-t-il à Mexico d’aussi intéressant ? Maximilien de Habsbourg, né le 6 juillet 1832, à Vienne, avant de devenir Maximilien 1er, dernier empereur du Mexique, est avant frère de l’empereur d’Autriche, beau-frère de l’impératrice – et pas n’importe quelle impératrice ! Sissi, l’impératrice la plus connue de tout temps, merci Hollywood -, époux de la fille du roi des Belges, Charlotte de Belgique.

En fait, c’est l’insistance d’un autre empereur, Napoléon III de France qui amena ce jeune bel homme bien apprécié au trône mexicain. En effet, les troupes françaises sont engagées depuis 1861 au Mexique, dans le but d’y instaurer un empire latin et catholique favorable aux intérêts de la France, et de contrebalancer l’influence croissante des jeunes États-Unis protestants. Ayant reçu l’accord du Saint-Siège, Napoléon III commence à chercher dans la liste des couronnés chômeurs un empereur. Il refusa le CV de Gibran Bassil qui ne demandait qu’à être président, roi ou empereur, n’importe où sur la planète, pourvu que le titre et les biffetons soient du package, et lui préféra Maximilien.

Le jeune Maximilien, instruit, bel homme, libéral avant l’heure, s’ennuyait dans son château de Miramar. Il s’était marié avec la belle et spirituelle Charlotte de Belgique. Sur son mariage, Maximilien écrivit dans une lettre « Elle est petite, je suis grand, ce qui doit être. Elle est brune, je suis blond, ce qui est bien aussi. Elle est très intelligente, ce qui est bien ennuyeux (…) » La Lombardie-Vénétie que Maximilien gouvernait ne lui resta pas longtemps. L’Autriche perdit cette région qui est annexée à la France suite à la défaite de l’Autriche face au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II et son allié Napoléon III. Le jeune couple se réfugie à Miramar où Maximilien profite de la luxueuse oisiveté qui lui est offerte. Mais Charlotte s’ennuie ferme. Elle a d’autres ambitions et le projet de la couronne impériale arrive à point, et elle incite l’archiduc à décrocher la couronne.

Après multiples tergiversations et hésitations, poussé par la famille, par l’opinion publique, par le Vatican, par la France qui promet l’appui militaire inconditionnel, et par une délégation mexicaine qui vient leur offrir le trône dans leur château de Trieste, Maximilien finit par accepter. Commence alors le voyage. Charlotte est enthousiasmée, exaltée. Mais Maximilien 1er et Carlotta, reconnue depuis comme l’impératrice Carlota, n’ont aucune idée de ce qui les attend. Las, le Mexique qu’ils ne connaissent pas du tout ne ressemble en rien au paradis promis. C’est un cadeau empoisonné. Ce n’est pas la cour respectueuse où l’étiquette impériale prime qui les attend, mais un pays presque hostile, soulevés par les libéraux et les républicains, une chaleur excessive, des insectes gros comme des poings, et un fou blond au prénom Donald sur la frontière nord qui s’efforce à construire un mur sans fin tout en réclamant de l’argent… Carlotta déchante tandis que Maximilien voit une occasion pour assouvir sa passion pour les sciences naturelles.

Mais dès son arrive au pouvoir en 1864, l’empereur accumule fautes et maladresses qui seront fatales au régime. La menace d’une invasion de la France par la Prusse conduit Napoléon à retirer ses forces du front mexicain pour les concentrer en Europe. Maximilien ayant dissout l’armée mexicaine et n’ayant que le contingent français pour le défendre, il se retrouve seul face à l’armée levée par les libéraux et les républicains et qui avance rapidement vers Mexico. Il dépêche alors l’impératrice en Europe pour chercher du soutien qui lui est refusé. Entretemps, Maximilien est arrêté le 15 mai 1867 avant d’être fusillé, le 19 juin de la même année.

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Maximilien, emmené au peloton d’execution

Charlotte, qui montrait déjà des signes avant-coureurs de démence, sombre dans une folie peuplée de fantômes et de complots  de folie sombre et devint la maniaco-dépressive la plus connue de toute l’Europe qui vivra internée jusqu’à sa mort en 1927, soit 60 ans après la mort de son époux.

Une question qui reste : pourquoi Maximilien de Habsbourg et non pas un autre ? Pourquoi lui. Une réponse. Or, une rumeur fait de ce Maximilien de Habsbourg le fils de Napoléon II, duc de Reichstadt reclus à la Cour de Vienne entre 1814 et 1832. Officiellement Napoléon II, fils du premier du nom, ou l’Aiglon, est décédé sans descendants. Mais, lorsqu’il résida à la Cour de Vienne, Napoléon II fut très intimement lié à sa cousine l’archiduchesse Sophie de Bavière, épouse de l’archiduc François-Charles.

Alors, Sophie était déjà mère de l’archiduc François-Joseph, futur empereur d’Autriche-Hongrie ; mais c’est au cours du séjour de Napoléon II à Vienne que naquit en 1832 son deuxième fils, Maximilien, futur empereur du Mexique. Ce qui laisse donc planer un doute sur l’identité du père de Maximilien qui pourrait donc être le fruit des amours secrètes de l’archiduchesse Sophie et de Napoléon II, duc de Reichstadt. Napoléon III aurait-il placé son petit cousin, héritier de tonton Bonaparte sur le trône du Mexique, ce qui revient à écarter un potentiel concurrent au titre d’empereur des Français ?

The Execution of Maximilian
Exécution de Maximilien (centre)