27 octobre1962 – Vassili Arkhipov empêche une guerre nucléaire d’éclater

Merci Vassily Arkhipov ! En ce jour-ci, il y a 55 ans, tu pris la bonne décision.

Si cher lecteur, ton chat n’a qu’une seule tête, le poulet dans ton assiette ne brille pas dans le noir, et si tu es assis devant ton écran avec un café bio commerce équitable, c’est probablement grâce à Vassily Alexandrovich.

Le 27 octobre1962, en plein milieu de la crise des missiles à Cuba, pendant que Castro tirait sur un cigare roulé sur les jambes fermes d’une jeune vierge, et Kennedy tirait son coup sur une jeune stagiaire plus si vierge que ça, les marines étaient en exercice d’entrainement pas loin de Guantanamo. Le groupe de onze destroyers et le porte avion USS Randolph localisent dans la journée un sous-marin soviétique classe B-59 pas loin des côtes du « bordel de l’Amérique », comme était le surnom de Cuba à l’époque.

Bien qu’ils étaient en eaux internationales, les marines commencèrent à balancer des charges explosives profondes, soi-disant pour l’exercice, question de titiller les rouges et forcer le sous-marin à faire surface pour identification.

Dans le B-59, les marins soviétiques étaient depuis plusieurs jours sans aucun contact extérieur, et ils ne savaient pas si la guerre a éclaté ou pas encore. Peu avant le départ du B-59, Vassili Arkhipov avait demandé à son supérieur, l’amiral Vladimir Fokhine, dans quel cas utiliser l’arme nucléaire. La réponse n’avait pas été très claire, le sous-marin devant utiliser son arme nucléaire en cas de dommages qui lui seraient portés ou sur ordre spécial de Moscou.

Mais en entendant les charges explosives, le capitaine du sous-marin, Valentin Savitsky, fut convaincu que la guerre a déjà éclaté et donna l’ordre d’armer un torpido nucléaire pour répondre aux destroyers.

La procédure veut que les trois officiers au bord du submersible, valident à l’unanimité l’ordre pour lancer une projectile nucléaire. Il fallait donc l’accord du capitaine Savitsky, l’officier du bureau politique Ivan Semonovich Maslennikov, et le commandant en second Arkhipov.

Un vive discussion s’en suivit entre Arkhipov et les deux autres officiers.

La suite on peut l’imaginer. La torpille nucléaire ne fut pas envoyée, le monde évita de justesse une guerre nucléaire, et aujourd’hui, la population de la terre a dépassé les sept milliard, et le chat n’a toujours que quatre pattes et une seule queue.

11 Août 480 av. J.-C – Bataille des Thermopyles

Comment 300 spartiates ont retenu une armée de 300,000 hommes pour donner le temps à la Grèce de se défendre. Abou el Dam n’a plus qu’à remettre ses couches-culottes.

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Passage des Thermopyles

À l’entrée du défilé des Thermopyles qui commande l’accès de la Grèce centrale, le long de la mer Égée, la grande armée perse du Grand Roi Xerxès Ier qui comptait, selon les estimations modernes, entre 70 000 et 300 000 soldats est à l’arrêt. Devant eux, défendant la position, 7,000 hommes de l’alliance des cités grecques les attendent.

Le « grand roi » perse, Xerxès, fils de Darius Ier, ne voulait pas subir une nouvelle défaite contre les Grecs, comme son père à Marathon dix ans plus tôt. Darius est mort quatre ans après la défaite, et Xerxes, en bon fiston ne pensait qu’à la revanche.

Les nations ont afflué pour prêter serment au Roi des rois. L’armée était composée d’au moins une centaine de nations différentes, aux dialectes et aux mœurs toutes plus étranges les unes que les autres. Au cœur de cet assemblement, la garde personnelle de Xerxes, composée de 10.000 Immortels, une unité d’élite qui lui est dévouée corps et âme.

Pour traverser la mer, il n’a pas eu à se casser la tête pour se construire une armada. En Phénicie, on vend de tout et à tous. Ça n’a pas changé depuis. Les bateaux phéniciens formèrent le fleuron de sa flotte emmenée à l’assaut de la Grèce. Les rois des cités phéniciennes étaient les amiraux, chacun à la tête du contingent de sa cité : Hérodote cite parmi eux Tetramnestos de Sidon, Matten de Tyr et Merbalos d’Arwad, car quand on est phéniciens, on offre du service après-vente, surtout si le client paie comptant !

Même les oracles, ces prêtres en contact direct avec les dieux, sont unanimes: il n’existe aucun moyen de repousser l’armée de Xerxès. D’ailleurs, son avancée confirme la puissance de son armée.

Pour affirmer sa supériorité du peuple perse, il entreprend deux chantiers titanesques.

Le premier est la construction de deux ponts parallèles de plus de 3,000m enjambant les Dardanelles, pour faire passer ses hommes au plus vite. Une première tentative de ponts assis  sur des bateaux alignés et reliés les uns aux autres sont déchiquetés par une tempête. Que nenni. Xerxes fait décapiter les ingénieurs, et donner 300 coups de fouet à la mer avant de reprendre le chantier qui cette fois aboutira. Finalement, en juin -480, l’armée traverse le détroit, le défilé prend sept jours et sept nuits sur les deux ponts.

Le deuxième chantier est un canal au pied du mont Athos afin d’éviter à sa flotte de contourner la péninsule de l’Aktè. Douze ans plus tôt, une tempête au large de cette péninsule avait décimé toute la flotte de son père Darius, et Xerxes ne voulait pas subir le même sort. Le canal de 2400 mètres de long sur 30 mètres de large qui sera creusé et la flotte passa sans contourner la péninsule.

Malgré ces précautions, 400 navires et 40,000 hommes furent perdus dans des tempêtes.

Finalement, arrivé devant le passage des Thermopyles, Xerxès attendit quatre jours, pensant que la minuscule armée grecque fuirait. Cce ne fut pas le cas. Au cinquième jour, il donna l’ordre d’attaque.

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Léonidas aux Thermopyles, par Jacques-Louis David (1814)

Au premier jour de l’attaque, soit le 11 août, l’armée attaqua les Grecs frontalement « avec pour ordre de les amener vivants devant lui ». La bataille dura toute la journée. Les troupes de Léonidas tinrent fermement leur position en phalange dans le défilé et repoussèrent les Perses, ceux-ci ayant des lances plus courtes que les Grecs, leur infligeant de lourdes pertes.

Xerxès décida d’envoyer ses troupes d’élite, les 10 000 Mélophores ou Immortels. Ils connurent bientôt le même sort que leurs alliés, ne profitant pas de leur supériorité numérique dans le défilé trop étroit et moins bien armés que les Grecs. Les spartiates entamèrent une manœuvre de repli, attirant les Immortels à leur suite pour se retourner brusquement et les écraser.

Les corps des milliers de morts faisaient désormais une barrière naturelle entre les deux camps.

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Le champ de la bataille des Thermopyles

Le deuxième jour, Xerxès lança un assaut massif d’infanterie, comptant sur la fatigue des Grecs, et que le nombre aurait raison d’eux et qu’ « affaiblis par leurs blessures, ils ne puissent se battre ». Cependant, les troupes impériales ne réussirent pas mieux que la veille et se firent tailler en pièces.

Mais le soir,  un certain Éphialtès, citoyen de Malide, trahit son camp et livra aux Perses le moyen de contourner l’armée grecque, par le sentier d’Anopée. Ce chemin n’étant défendu que par un millier de soldats de Phocide, qui se replièrent quand les Perses arrivèrent. Léonidas décida alors de se sacrifier avec les 300 hoplites spartiates, ainsi que 700 soldats de Thespies, 700 Lacédémoniens non spartiates et 400 Thébains, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense et à l’armée de se retirer en bon ordre.

Le troisième jour, toujours selon Hérodote, les Grecs changèrent de stratégie et avancèrent hors de leur position jusqu’à l’endroit le plus large des Thermopyles. Ils résistèrent héroïquement autour du roi spartiate Léonidas, qui fut tué. Leur infériorité numérique empira avec l’arrivée par le sentier d’Anopée des troupes perses. Ils se replièrent avec le peu d’armes qu’il leur restait sur le mont Kolonos. À l’issue de la bataille, Xerxès ordonna qu’on décapitât Léonidas et qu’on mît sa tête au bout d’un pieu, ce qui est étrange pour Hérodote puisqu’en ce temps, les Perses accordaient de la valeur aux soldats héroïques qu’ils avaient combattus.

Cette bataille devint l’emblème de la résistance grecque à l’envahisseur et de l’esprit de sacrifice des Spartiates. Au sommet du Kolonós, théâtre de l’ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556 ; -467), commémore cette action :

« Ὦ ξεῖν’, ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι » (« Étranger, annonce aux Lacédémoniens, que nous gisons ici, ayant obéi à leurs lois. »)

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Épitaphe de Simonide

10 Août 1961 – L’agent orange déversé pour la première fois en tant qu’arme chimique

Qui est le plus grand criminel à l’arme chimique : Ali Al Takriti le Chimiste ? Bachar El Assad ? Ni l’un ni l’autre : le gagnant de ce titre d’honneur n’est autre que J.F. Kennedy.

La plus grande guerre chimique a lieu au Viêt-nam, avec l’utilisation massive de l’Agent Orange. L’objectif de l’épandage de ce désherbant arc-en-ciel est tout simplement de tuer les récoltes des Vietnamiens, de détruire leur environnement, de tuer les forêts qui leur servaient d’abris et de dégarnir le terrain autour des positions armées. En d’autres termes, de niquer tout un pays pour satisfaire les États-Unis qui faisaient une guerre qui n’était pas la leur.

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Bidons d’agent orange

L’agent orange, de couleur rose brun en fait, mais nommé agent orange à cause des bidons rayés en orange vif, dans lequel il était livré, contient dans sa composition de la dioxine, un polluant chimique qui peut notamment entraîner des cancers, des maladies de la peau, du cerveau et des systèmes nerveux et des maladies congénitales.

Ce produit était d’usage courant dans l’agriculture aussi bien aux États-Unis qu’en URSS, dans les années 1960. Sa toxicité pour l’être humain n’était pas avérée. Il faut noter à ce sujet qu’au Viêt Nam le produit fut en moyenne surdosé d’un facteur 13 (!) ce qui rend difficile la comparaison entre l’usage agricole et l’usage militaire.

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Épandage d’agent orange au Viêt Nam

Il fut ensuite utilisé pour empêcher les guérilleros vietnamiens de se cacher dans les forêts du Sud Viêt Nam, pour détruire leurs récoltes, mais aussi afin de dégager les abords des installations militaires américaines. Ces opérations de guerre chimique débutèrent en 1961, le premier épandage ayant lieu le 10 août dans la province de Kontum au centre du pays. Le programme, intitulé Opération Ranch Hand, débuta ensuite progressivement avec le feu vert du président John F. Kennedy en novembre 1961 jusqu’à atteindre son apogée en 1965.

Les épandages ont soulevé de nombreuses protestations dans le monde et aux États-Unis même, de la part de scientifiques, d’un certain nombre de parlementaires et même d’anciens combattants. Les conséquences sur les populations civiles et embrigadées ont été massives : la destruction des récoltes provoquant un exode rural des paysans non belligérants vers des villes qui ne sont pas capables de les accueillir, et migration de combattants infiltrés par le même mouvement.

80 millions de litres de l’agent ont été déversés, et l’épandage a touché 20 % des forêts du sud Viêt Nam et empoisonné 400 000 hectares de terrain agricole, empoisonnement toujours actif et qui nécessite une décontamination massive.

Une version plus nocive a été créée au Liban sous le nom de code Super Agent Orange Gebran B. Les conséquences de l’utilisation de ce dernier sont fatales, et la décontamination complexe.

À noter que le développeur de l’agent orange n’est autre que Monsanto, la même compagnie entachée de scandales depuis près d’un siècle comme pour le PCB, l’hormone de croissance, l’aspartame et  qui aujourd’hui a presque l’exclusivité des marchés des grains OGM, et dont on mange les produits chaque jour, sous forme de produits congelés ou en conserve.

Dans les années 1970, des vétérans du Viêt Nam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l’agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, dont Dow Chemicals, accusé principal d’un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l’agent orange acceptent de verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains pour clore le procès, mais aucune condamnation n’a eu lieu pour les dommages subis par la population vietnamienne.

A noter que l’un des dérivés de l’agent orange, le 2,4-D, ne contenant pas de dioxine, reste un des herbicides les plus utilisés dans le monde et au Liban. Bon ap.

6 Août 1945 – Hiroshima est effacée de la carte. Merci uncle Sam.

La bombe était inutile, le Japon étant déjà défait, elle est lâchée pour montrer les dents à l’ami Staline. Lâchée de l’avion, 43 secondes plus tard, Hiroshima est effacée. 70,000 incinérés en une fraction de seconde, 150,000 au total. La question de la nécessité militaire et du moindre mal peut être rapidement écartée, car le Japon allait capituler dans tous les cas. Mais lancer la bombe permettait de faire étalage de la puissance militaire américaine devant l’URSS de Staline.

6aout-15Au moment où les Américains finalisent la bombe, l’Allemagne nazie s’apprête à capituler. Seul le Japon, dirigé par des généraux jusqu’au-boutistes, s’entête dans une résistance désespérée. Mais au pays du soleil levant, la situation était désespérée, et on savait la guerre perdue et la capitulation inévitable. Mais on discutait toujours sur le meilleur moyen de le faire, pour éviter d’avoir l’empereur démis, ou pire, jugé pour crime de guerre.

La simple prise de l’île d’Okinawa avait coûté 12,500 morts à l’armée américaine et 110,000 aux Japonais. L’état-major américain estimait les pertes à 500.000 soldats pour conquérir Honshu, l’île principale de l’archipel. Truman opte pour la solution radicale.

Le 6 août 1945, à 2h45, un bombardier nommé Enola Gay décolle de Tinian, dans les îles Mariannes. Le colonel Paul Tibbets et ses hommes ont survolé Iwo Jima, puis poursuivi vers le nord avant d’apercevoir, peu après 8 heures, leur objectif : Hiroshima, un important centre industriel et portuaire du sud du Japon, jusque-là épargné par les raids des forteresses volantes américaines.

 

 

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Hiroshima, avant et après l’impact. La capitale Tokyo n’est informée de la cause exacte du désastre qu’une quinzaine d’heures plus tard, lorsque la Maison-Blanche annonce publiquement le bombardement. Le gouvernement japonais ne formule aucune réponse officielle.

L’avion, isolé, ne déclenche aucun tir de défense. A 8 h 15, il largue au-dessus de la ville une bombe de 4,5 tonnes surnommée « Little Boy », longue de 4,30 m et d’un diamètre de 76 cm, avant d’effectuer un virage pour s’éloigner. Quarante-trois secondes plus tard, à 600 mètres d’altitude, l’engin explose. A l’éclair foudroyant succède une boule de feu d’un kilomètre de diamètre, puis une terrible onde de choc, qui secoue violemment le bombardier. En quelques secondes, une gigantesque colonne de fumée s’élève jusqu’à 12 000 mètres d’altitude. L’avion refait un passage au-dessus de la ville, terrifié, le capitaine Lewis s’écrie : « Mon Dieu, qu’avons-nous fait ? »

Le monde vient de basculer dans l’ère nucléaire.

6aout-7Environ 80 % des personnes vivant dans un rayon de 1 kilomètre autour du point d’explosion sont tuées sur le coup. Si quelque 70 000 personnes meurent instantanément, le bilan atteint 150 000 victimes dans les mois suivants, où d’autres personnes sont emportées à la suite de l’exposition aux radiations.

Trois jours plus tard, rebelote sur Nagasaki. Le bilan sera de 80,000 mort dans cette deuxième ville.

Le 15 août 1945, l’empereur japonais Hirohito annonce la capitulation de son pays, mettant fin à la Deuxième Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de l’histoire avec plus de 60 millions de morts.

La bombe vient  bouleverser les lois de la guerre, abolissant des siècles de domination de la poudre à canon sur les champs de bataille pour ouvrir la terrifiante ère de l’atome. Une ère dominée par une arme tellement écrasante que la décision de son usage devient plus politique que stratégique.

« Le Japon était déjà vaincu et les bombes n’étaient absolument pas nécessaires. » Ces paroles ne sont pas celles d’un révisionniste ou d’un écrivain gauchiste. Ce ne sont certainement pas les paroles d’un antiaméricain primaire. Ce sont les paroles de Dwight D. Eisenhower, Commandant suprême des forces alliées en Europe et futur président des États-Unis. Eisenhower savait, comme toute la hiérarchie militaire des États-Unis, que le Japon était sans défense.

L’amiral Chester W. Nimitz, Commandant en Chef de la flotte US du Pacifique, fit écho à cette réalité lorsqu’il écrivit, «  En fait, les Japonais avaient déjà avoué leur défaite, la bombe atomique n’a joué aucun rôle sur le plan strictement militaire. » L’Amiral William D. Leahy, chef de cabinet du Président Truman, a dit la même chose : «  L’emploi des (bombes atomiques) sur Hiroshima et Nagasaki n’était d’aucune utilité dans la guerre contre le Japon. Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. »

Cette question de la nécessité de la bombe est toujours critique aux États-Unis. Par exemple, le Smithsonian qui avait osé poser la question en 1995 a dû rapidement fermer l’exhibition suite aux indignations et aux critiques hystériques des visiteurs, cinquante ans après les faits.

Dix scientifiques allemands sont détenus depuis la capitulation nazie dans un cottage anglais près de Cambridge. Le 6 août 1945, des micros dissimulés enregistrent le contenu de leurs conversations. Ils sont dix, physiciens ou chimistes, théoriciens ou expérimentateurs, qui ont participé au programme nucléaire allemand. Ils sont traités avec tous les égards dus à leur valeur intellectuelle et ils jouissent d’un confort qu’ils n’ont sans doute pas connu depuis des mois. En début de soirée, après avoir écouté la BBC, le commandant Rittner s’isole avec Otto Hahn. Il réserve à l’homme qui a découvert la fission nucléaire en 1938 la primeur de l’annonce qu’une bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima. Hahn est « complètement brisé par la nouvelle ». Il ne cesse de répéter qu’il est coupable : c’est lui qui a rendu tout cela possible. On doit lui faire boire de l’alcool jusqu’à ce qu’il ait suffisamment retrouvé son calme pour rejoindre les autres et leur révéler ce qu’il vient d’apprendre.

 

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Les 450 000 survivants de ces attaques, appelés les hibakusha (exposés à la bombe), connaîtront une existence pénible. Ils ont été blessés par la force et la chaleur de l’explosion et malades après avoir été exposés aux radiations qui provoquent d’innombrables symptômes comme la perte des cheveux, et des cancers. 

 

Pour faire un parallèle si la bombe avait explosé à Beyrouth par exemple:

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Si la bombe était lachée sur Beyrouth, le bilan serait de 133,00 morts et 358,000 blessés, avec pratiquement la moitié de Beirut rayée de la carte. À noter que la bombe lachée sur Hiroshima a un effet minuscule comparé aux bombes « modernes », tel la Tsar Bomba qui détruira tout le liban et une partie d’Israel et de la Syrie en un seul coup.

 

 

Quelques images d’Hiroshima, avant/après:

 

 

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4 Août 70 – Titus lève le siège de Jérusalem, après avoir détruit le temple

Le 10 du mois de Loos, soit le 4 août, Titus détruit le Temple de Jérusalem. Un soldat y jette un fagot et le temple prend feu. Cette date correspond à la chute de Jérusalem.

Le siège de Jérusalem en 70 est l’événement décisif de la première guerre judéo-romaine, la chute de Massada en 73 ou 74 y mettant un terme.

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Reconstitution du Temple de Jérusalem

L’armée romaine, menée par le futur empereur Titus, qui est secondé par Tibère Alexandre, assiège et conquiert la ville de Jérusalem, qui avait été tenue par ses défenseurs juifs depuis 66. La ville est mise à sac, et le second Temple de Jérusalem détruit.

Cet événement a été conté en détail par le dirigeant juif passé au service des Romains puis devenu historien, Flavius Josèphe.

Pompée avait conquis Jérusalem en 66 av J.-C, et depuis, les Romains gouvernent la Judée soit à travers des princes locaux mis en place, comme Hérode Ier le Grand ou Hérode Agrippa Ier, soit directement par des procurateurs souvent corrompus, qui suscitent l’hostilité des Juifs en s’appuyant sur l’importante population hellénisée.

Les causes immédiates de la révolte des Juifs, en 66, sont un sacrifice païen devant l’entrée de la synagogue de Césarée, suivi par le détournement de 17 talents du trésor du Temple de Jérusalem par le procurateur Gessius Florus. Franchement, une révolte pour 17 talents ! Même pas de quoi satisfaire un sous-fifre de parlementaire chez nous.

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Buste de Titus

Titus, arrivé pour mater la rébellion, est secondé par Tibère Alexandre, apostat du judaïsme, ancien procurateur de Judée, qui connaît donc la région et qui a déjà massacré des Juifs à Alexandrie en tant que préfet d’Égypte sous Néron. Les Juifs opposent aux Romains 23 400 hommes, mais ils appartiennent à des factions antagonistes et obéissent à de multiples chefs qui se sont entretués dans une féroce guerre civile. Jérusalem est donc tenue par trois factions zélotes dirigées par Éléazar ben Simon dont la forteresse est la cour intérieure du Temple, Simon Bargiora qui tient la ville haute et partie de la ville basse et Jean de Gischala qui tient le mont du Temple. Tacite raconte que « ce n’était entre eux que combats, trahisons, incendies et une partie du blé avait été dévorée par les flammes ».

En gros, rien n’a changé en Orient depuis : détournement d’or, guerres civiles, factions antagonistes, trahisons…

Au moment du siège, Jérusalem, entièrement ceinte de remparts, fait 7 kilomètres de tour et peut abriter 600 000 personnes.

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Titus met en place le siège devant la ville peu avant la Pâque 70. Il a avec lui quatre légions qu’il dispose d’abord sur les collines entourant Jérusalem. Malgré la gravité de la situation, les Juifs ne s’entendent toujours pas et Jean, en bon juif, profite de ce qu’Éléazar laisse les pèlerins venir au Temple célébrer la Pâque, pour y introduire ses hommes et s’en emparer, éliminant ainsi Éléazar.

Titus fait alors aplanir le terrain au pied des remparts de façon à en faciliter l’approche et construire des hélépoles, les fameuses tours roulantes, qui permettent à son armée de s’attaquer au nouveau rempart de la ville neuve. Le 25 mai 70, les troupes romaines peuvent le franchir, puis, cinq jours plus tard, s’emparer du second rempart et de la ville neuve jusqu’au pied de la forteresse Antonia, tenue par Jean de Gischala.

Mais les factions juives de Jean de Gischala et de Simon bar Giora résistent toujours, alors Titus décide de construire autour de Jérusalem une muraille de 7 kilomètres de long pour mieux isoler la ville.

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Siège de Jérusalem

Jérusalem possédait des provisions pour tenir le siège durant des années. Cependant, pour « motiver » les habitants au combat, les zélotes incendièrent ces provisions !!!

Un peu de famine pour se remuer le cul. La famine commença à faire ses ravages. Flavius Josèphe raconte : « Les terrasses étaient encombrées de femmes et de petits enfants exténués, les ruelles de vieillards morts ; des garçons et des jeunes gens erraient comme des fantômes, le corps tuméfié. Sur les places, ils tombaient là où le fléau les accablait. Les malades n’avaient pas la force d’ensevelir les cadavres de leurs proches ; ceux qui étaient encore vigoureux différaient ce soin, effrayés par la multitude des cadavres et l’incertitude de leur propre sort ; beaucoup tombaient morts sur ceux qu’ils ensevelissaient ; beaucoup, avant que fût venu pour eux le moment fatal, succombaient dans ce labeur »7. Et, malgré cela, la guerre civile continue alors dans Jérusalem où les zélotes se livrent toujours à de nombreuses exécutions sommaires, particulièrement parmi les prêtres.

Le 20 juillet, les Romains réussirent à percer une brèche dans le rempart, pour se retrouver devant un nouveau rempart qui avait été construit à la hâte par les assiégés.

Puis, ils construisirent une rampe d’accès à l’esplanade du Temple, et progressèrent malgré la résistance des Juifs qui, pour les repousser, mettaient le feu aux différents portiques qui entourent le Temple. En ce moment de la fin du siège quand les sacrifices quotidiens avaient cessé dans le Temple, la famine atteint en ville son point culminant : « en dernier lieu, ils usèrent du cuir de leurs ceintures et de leurs sandales ; ils grattèrent, pour la mâcher, la peau de leurs boucliers. D’autres se nourrirent de brindilles de vieux foin ». Josèphe cite aussi un cas de cannibalisme où une mère cuit et dévore son bébé.

Les combats redoublent d’intensité dans les derniers jours d’août 70. Finalement, le 10 du mois de Loos, quand les Romains s’approchèrent du Temple, un légionnaire jette un brandon dans le Temple qui s’embrase, et malgré les ordres de Titus, les Romains ne peuvent éteindre l’incendie.

Destruction of Jerusalem by Ercole de' Roberti

Finalement, les Romains donnent l’assaut final le 25 septembre (8 du mois de Gorpiée) en massacrant la population et en incendiant la ville. Simon bar Giora et Jean de Gischala sont faits prisonniers.

Selon Favius Josèphe, le nombre de prisonniers de guerre s’élève à 97 000 et le nombre de morts pendant le siège à 1 100 000, ce qui peut paraître exagéré même s’il faut se rappeler que le siège a commencé peu avant la Pâque, fête de pèlerinage où les Juifs avaient l’habitude de se rendre à Jérusalem. Mais en Orient, on sait depuis toujours jouer avec les chiffres. 700 prisonniers, dont Simon et Jean, sont emmenés à Rome pour le triomphe de Titus.

2 Août 1914 – Jules Peugeot et Albert Mayer se tuent l’un l’autre. Les premiers morts de la Grande Guerre

Peugeot et Mayer, deux noms inconnus et oubliés, les deux premiers morts de la Grande Guerre. Le caporal français Jules Peugeot et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer se trouvent face à face à Joncherey, sur le territoire de Belfort, et échangent des coups de feu. Pourtant la guerre n’était pas encore déclarée. Tous les deux ils tombent. C’est le bilan de cette première journée. Huit millions suivront tout au long des quatre années du conflit.

 

La Grande Guerre, la Der des Der, ou the Great War for Civilisation, qui ne fut en fin de compte qu’une boucherie dans la boue a été déclarée suite à une série de surenchère. Comme des cow-boys du Far West, les gouvernements européens étaient convaincus que la victoire appartiendrait à celui qui dégaine le premier, tout en espérant que l’autre se retiendrait. Malheureusement, la retenue ne fut pas de mise.

 

Trois coups de feu qui ont engendré 8 millions de morts.

Le destin se joue à quelques détails. Trois assassinats, trois coups de feu, ont  abouti au déclenchement de la boucherie générale.

Premier coup de feu :

Le 16 mars 1914, un fait divers anodin impliquant la femme du président du conseil a lieu. Henriette Caillaux abat avec son revolver le directeur du Figaro, Gaston Calmette, par crainte que le passé sentimental de son couple soit étalé sur la place publique, des lettres ayant fait surface. Ce qui aurait dû rester un fait divers sera le premier rouage au déclenchement de la Grande Guerre, car, suite à son crime, son mari, Joseph Caillaux se retire de la vie politique le temps du procès, et quitte la présidence du Conseil à un moment crucial. Partisan de la paix et de la diplomatie, il laisse libre cours aux partisans de la guerre, les revanchards, qui veulent venger Sedan et la guerre de 1870. Pas son absence, il a annihilé l’espoir d’une alternative diplomatique à la tragédie majeure dans laquelle va sombrer l’Europe.

Deuxième coup de feu :

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L’archiduc Franz-Ferdinand d’Autriche, avec sa femme, une heure avant leur assassinat dans cette même voiture

Le 28 juin 1914, un nationaliste serbe abat l’archiduc Ferdinand, héritier de la couronne austro-hongroise, et sa femme. Suite à l’assassinat de l’archiduc, l’empereur autrichien François-Joseph se décide à donner une leçon à la Serbie pour écraser toute volonté indépendantiste. Ce qu’il ne prévoyait pas, c’est que tout l’équilibre européen basé sur un jeu d’alliance allait s’ébranler: la Russie soutient les Serbes Slaves. La France, alliée à la Russie est obligée de lui apporter son soutien, tandis que l’Allemagne, par alliance germanique, soutient l’Autriche.

Troisième coup de feu :

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Jean Jaurès

Quelques mois plus tard, à Paris, au café du Croissant, le 31 juillet, un déséquilibré assassine Jean Jaurès.  Le leader respecté des socialistes était le dernier partisan de la paix qui défendait la voie diplomatique.

 

Dès lors, les surenchères allaient se suivre en dominos, les partisans de la paix étant réduits au silence.

Les débordements diplomatiques et fanfaronnades militaires se suivent de part et d’autre. Tout le monde compte sur le maintien de l’équilibre européen pour résoudre la crise, sans compter sur les revanchards français. Les revanchards, comptant des partisans de l’extrême gauche et l’extrême droite monarchique, qui pour une fois partagent la même analyse, poussent le gouvernement à guerroyer en Alsace et Lorraine. De l’autre côté du Rhin, le commandement allemand craint par-dessus tout d’être pris en tenaille par la France et la Russie. Ils ne voient l’espoir du salut que dans une attaque immédiate de la France qui mettrait celle-ci hors de combat avant que la Russie ait eu le temps de mobiliser ses troupes innombrables.

En Russie, sous la pression de ses généraux, qui craignent d’être pris de court, le tsar mobilise dès le 29 juillet.

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Mobilisation des troupes, août 1914

Le 1er août, l’Allemagne riposte avec une surenchère en déclarant la guerre à la Russie.

Le samedi 1er août 1914, à 4 heures de l’après-midi, tous les clochers de France sonnent le tocsin. C’est la mobilisation générale.

Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France, et pour essayer de mater l’adversaire, elle envahit la Belgique, violant sa neutralité.

Le lendemain, les Anglais, qui avaient garanti la neutralité la Belgique, déclarent à leur tour la guerre à l’Allemagne.

En quelques jours, 6 millions d’hommes se retrouvent ainsi sous les drapeaux ! Chacun se résigne à un conflit que l’on espère court et, fait exceptionnel, on compte très peu de désertions dans tous les camps.

La Grande Guerre commence.

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1er Août 1096 – La croisade populaire entre à Constantinople

Mais que peut faire l’empereur Alexis 1er Comnène de cette armée en guenilles, qui est plus connue par les bagarres et brigandages, et qui déferle à Constantinople, pour libérer les lieux saints ? Pour s’en défaire, il organise leur transfert sur le Bosphore. Au final, ils seront presque tous exterminés par les ottomans. 40,000 y périront.

Lorsque le pape Urbain II lance le 27 novembre 1095 son appel à délivrer les Lieux Saints, il espérait une mobilisation de la classe combattante, mais il se trouva avec 40,000 femmes, d’enfants et de paysans que plusieurs années de sécheresse et de famine ont désespérés, et qui y trouvent un moyen de s’échapper de leur quotidien. Puis plusieurs phénomènes astronomiques leur sont apparus comme signes envoyés par Dieu : chutes de météorites, aurores boréales, éclipse lunaire et apparition de comètes. La conviction que la fin du monde est alors proche connaît également un regain de popularité. Finalement, cerise sur le gâteau, un moine illuminé, Pierre l’Ermite, d’Amiens, qui prétend avoir reçu une lettre de la main de Dieu – pas moins – lui enjoignant à libérer la terre sainte s’y met de la partie. Nasrallah lui-même ne peut prétendre à pareille faveur divine. Il n’en faut pas plus pour la croisade populaire pour s’ébranler.

Gravure de Pierre Daret publiée autour de 1655, reproduction No

La longue marche commence. Première conséquence, la flambée d’antijudaïsme. Les Juifs sont considérés comme des ennemis, à l’instar des musulmans : on les considère responsables de la crucifixion, et ils sont plus visibles que les lointains musulmans. De nombreuses personnes se demandent pourquoi parcourir des milliers de kilomètres pour combattre des non-chrétiens quand il y en a près de chez eux. Alors on massacre du juif tout le long de la route.

Des milliers de croisés français suivent un autre prédicateur, Gautier Sans-Avoir et se joignent aux 40,000 Allemands de Pierre l’Ermite.

La marche des Français atteint Belgrade. Le gouverneur, surpris de cette arrivée et n’ayant reçu aucune instruction, leur refuse l’entrée de la ville. Il s’ensuit des accrochages entre les croisés et les soldats de Belgrade et, pour comble de malheur, seize hommes de Gautier sont surpris en train de voler dans le marché.  Ils sont dépouillés de leurs armures et pendus. Enfin, les croisés sont autorisés à pénétrer dans le territoire byzantin, où ils sont ravitaillés, et à continuer leur route, sous escorte, jusqu’à Constantinople.

Pierre l’Ermite et les autres croisés arrivent quelques jours plus tard à Belgrade. La vue des armes des seize compagnons de Gautier Sans-Avoir, pendues sur les murs de la ville, accroît la méfiance des croisés et un différend sur le prix d’une paire de chaussures au marché dégénère en émeute au cours de laquelle les croisés prennent la ville d’assaut et tuent environ quatre mille Hongrois.

Pour échapper aux représailles, les croisés traversent la Save à Belgrade, mais quelques escarmouches les opposent aux troupes byzantines. Les Belgradois ont fui leur ville que les croisés pillent et incendient.

Ils arrivent à Niš le 3 juillet. Le commandant de la ville leur promet des vivres et une escorte jusqu’à Constantinople, s’ils laissent la ville. Mais suite à des querelles et un moulin incendié, la ville de Niš envoie alors sa garnison contre les croisés, qui sont écrasés, et qui perdent le quart de leurs effectifs tués au combat. Les survivants atteignent finalement Sofia et sont conduits sous escorte vers Constantinople, pour rejoindre les croisés de Gautier. Ils arrivent à la ville le 1er août.

L’empereur Alexis, inquiet pour la sécurité de Constantinople, organise la traversée du Bosphore par, laquelle commence le 7 août, et leur assigne comme lieu de séjour le camp de Civitot. 30,000 croisés sont rassemblés à Civitot.

La croisés sont en ferveur et peu enclins à la prudence et à la patience, ils font route vers Nicomédie, en territoire turc. Là, une querelle oppose les Allemands et les Italiens aux Français. Les premiers choisissent pour chef un Italien du nom de Renaud, et les Français choisissent Godefroy Burel. Pierre l’Ermite a totalement perdu son influence sur les croisés.

Malgré les conseils d’Alexis, les croisés attaquent les villes turques. Renaud, à la tête de six mille Allemands et Italiens prend la forteresse de Xerigordon et l’utilise comme base arrière pour piller le pays. Le sultan seldjoukide Kılıç Arslan Ier envoie une armée qui coupe les points d’eau approvisionnant Xerigordon, assiège la citadelle puis la prend d’assaut. Les croisés sont écrasés lors de la bataille de Civetot et n’ont comme choix que la mort ou la conversion à l’Islam.

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Les Turcs massacrant les croisés

 

Arslan envoie ensuite des espions à Civitot qui font courir le bruit que Renaud et ses croisés ont pris Nicée. Les croisés, enthousiasmés par la victoire et aussi par la perspective du pillage, y vont malgré les recommandations de prudence. Le 21 octobre, 25,000 croisés prennent la route de Nicée, laissant quelques femmes, enfants, vieillards et malades à Civitot.

À trois miles du camp, à un endroit où la route est resserrée, l’armée turque leur tend une embuscade, et massacrent la plupart. Seuls les jeunes garçons et les filles sont épargnés pour être vendus sur le marché des esclaves. Seuls trois mille croisés, conduits par Godefroy Burel, s’enfuient et reviennent à Civitot, qui est assiégée par les Turcs. Les Byzantins réussissent à évacuer les croisés rescapés par bateaux.

Ainsi finit la première croisade populaire. Suivront d’autres croisades populaires, telle la Croisade des enfants en 1212, les Croisades des Pastoureaux de 1251 et 1320 la croisade des enfants, qui eurent encore moins de résultats.

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26 Juillet 657 – Bataille de Siffin entre Ali et Moawiya, ou comment perdre quand on avait déjà gagné

Ali ibn Abi Taleb, le gendre du prophète Mahomet, est nommé quatrième calife. En désaccord avec cette décision, le gouverneur de Damas, Muawîya, prend les armes contre le nouveau calife à Siffin sur les bords de l’Euphrate. Son armée perdant du terrain, Amr ben al-As, général de Muawîya a une idée: placer des pages du Coran sur les lances de ses soldats. Ali se retrouve alors dans l’incapacité de poursuivre le combat contre le Coran et accepte l’arbitrage qui lui est proposé. Mais ce compromis lui sera fatal. Il perdit sur tapis vert ce qu’il avait gagné sur le champ de bataille. Une partie de ses partisans, les kharidjites, considérera l’arbitrage humain comme un outrage à la justice divine. Ali sera assassiné le 24 janvier 661.

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L’investiture d’Ali, at Ghadir Khums (Ilkhanid, illustration manuscrit)

L’armée de Muawîya venant de Damas comptait 80 000 hommes, celle d’Ali 50 000 hommes. Une première bataille eut lieu entre les deux avant-gardes à Raqqa, qui se replièrent chacune dans son camp. L’armée de Muawîya prit position sur les rives du fleuve de l’Euphrate, ce qui empêcha les troupes d’Ali d’accéder à l’eau. Après une courte négociation, Muawîya permit aux troupes d’Ali de se rendre au fleuve. Les deux armées se reposèrent pendant deux jours. Ali envoya des émissaires demandant de le reconnaître comme seul souverain légitime, mais Muawîya refusa prétextant qu’il était là pour venger Uthman Ibn Affan, troisième calife de l’Islam. Pourtant Ali n’avait rien à voir avec les assassins: Uthman a été assassiné à Médine, l’année précédente dans sa maison, après avoir été assiégé durant 40 jours par un groupe d’insurgés. Ali qui n’était plus à Médine, se retira dans sa maison, mais les mêmes sahaba, ou premiers compagnons du Prophète, qui avaient élu Uthman vinrent le voir afin de lui demander de devenir calife, ce qu’il refusa d’abord avant de changer d’avis quelques jours plus tard.

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Bataille de Siffin, illustration persane safavide, 1516

Au début du mois de Mouharam, Ali déclara qu’il voulait que l’on cesse les combats pendant le mois sacré. Durant ce mois, les deux armées se firent face, sans réel combat et dans l’espoir d’une conciliation. À la fin du mois, Ali annonça à ses hommes : « préparez-vous à combattre demain ». Un assaut général qui dura deux jours vit l’armée de Muawîya reculer. Une vraie boucherie. Les deux camps comptèrent de nombreux blessés et tués. À la fin de cet assaut, les deux armées comptaient 40,000 tués sans compter ceux qui moururent de leurs blessures dans les jours suivants.

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Lieu de la bataille de Siffin

Le 26 juillet, sentant la défaite proche, Amr ben al-As, le général de Muâwîya utilisa alors une ruse : il fit mettre au bout des lances de ses soldats une page du Coran. Les soldats de l’armée d’Ali arrêtèrent le combat ne voulant pas combattre contre le livre saint.

Les deux adversaires convinrent alors d’un arbitrage. Ali signa, plutôt contraint, un traité qui devait durer huit mois, laissant à Amr et à Abou Moussa al-Achari le soin de trancher le conflit. Un certain nombre de partisans d’Ali refusèrent cette solution, arguant qu’Ali avait été désigné par Allah comme calife et qu’il n’a donc pas le droit de revenir sur cette décision divine. Ces réfractaires formèrent ensuite un des premiers courants dissidents de l’Islam,le courant kharidjite.

Les deux arbitres désignés à Siffin devaient examiner le Coran chacun de son côté. Muâwîya et Ali devaient envoyer quatre cents hommes parmi les mieux qualifiés pour devenir calife pour assister aux débats. Abû Musa avança que le futur calife ne pouvait être ni Muâwîya ni Ali, Amr lui répondit qu’il ne voyait pas pourquoi exclure Muâwîya, alors qu’Ali, au contraire devait être exclu comme responsable de la mort d’Uthman. Finalement ils semblèrent tomber d’accord de soumettre le califat à l’élection et d’en exclure Muâwîya et Ali. Tout le monde se sépara, mais les Syriens nommèrent quand même Muâwîya prince des croyants.

 

Dans les mois qui suivirent, Ali perdit un grand nombre de ses partisans: même son frère Aqil rallia Muâwîya.

En 661, les kharijites organisèrent un triple meurtre des protagonistes de cet arbitrage: Muâwîya à Damas, Ali à Koufa et l’arbitre du conflit Amr en Égypte. Les trois attentats furent exécutés le même jour. Ali mourut de ses blessures, Muâwîya fut blessé et survécut, et Amr échappa complètement à l’attentat.

Aux termes de la conciliation de Siffin, Muâwîya devenait le seul candidat au titre de calife et il fut alors généralement accepté comme calife, puisque Hasan, fils aîné d’Ali renonça au califat et à toute prétention.

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Bataille de Siffin, illustration

25 juillet 306 – Constantin proclamé empereur

Faisant fi de la méritocratie, Constantin remet l’hérédité par le sang et se fait proclamer empereur. Première étape d’une longue marche qui le rendra maître de Rome, après avoir éliminé tous ses rivaux.

Le 25 juillet 306, Constantin est proclamé empereur par ses soldats à Eburacum, en Bretagne (aujourd’hui York, en Angleterre), où il a rejoint le quartier général de son père Constance Chlore, qui vient de mourir.

C’est le début d’une prodigieuse ascension qui va conduire le jeune trentenaire à la tête de l’Empire romain, après l’élimination de tous ses rivaux, et après avoir enterré la méritocratie pour l’hérédité, un peu comme chez les oranges chez nous.

Une dizaine d’années plus tôt, Dioclétien et son compagnon d’armes Maximien Hercule ont tenté de résoudre la question successorale à la tête de l’Empire romain en instaurant la « tétrarchie », du grec ancien, ou quatre gouvernements. Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ?

En fait, sous la pression des invasions barbares, l’Empire romain connaissait une grave crise. Les empereurs ayant de plus en plus de mal à repousser les envahisseurs, l’armée prit, parallèlement à la croissance de ses effectifs, une place de plus en plus importante dans l’État, désignant et renversant les empereurs. Comme quoi, Émile, Michel et Michel n’ont pas inventé le passage de la grande muette à la tête de l’état. Au sein de l’Empire romain, des guerres civiles s’ajoutaient aux guerres étrangères, les légions d’une région désignant un général populaire empereur, dans l’espoir d’obtenir la prime attribuée par les nouveaux empereurs à leurs troupes : le donativum. Il arriva que certaines parties de l’Empire fissent sécession, proclamant leur propre empereur. Bref, c’était le bazar à la tête de l’Empire.

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Palais de Dioclétien (actuel emplacement de la ville de Split en Croatie)

Ce problème fut résolu par Dioclétien. Ce dernier, arrivé au pouvoir en étant désigné nouvel Auguste par ses troupes, puis en éliminant ses concurrents, il décida d’instaurer un nouveau système. Pour ne plus être seul à gouverner tout l’Empire, il nomma Maximien César, avec charge de défendre la partie occidentale de l’Empire. La répartition territoriale se fit naturellement en fonction de la langue administrative, la partie orientale de l’Empire (Balkans et Grèce en Europe, Proche-Orient, Égypte) utilisant traditionnellement le grec, la partie occidentale (Italie, Gaules, Espagnes, Nord de l’Afrique, cours supérieur du Danube), utilisant le latin.

Cependant, malgré ces deux chefs, l’Empire n’était pas divisé, et Dioclétien gardait toute autorité sur son César, ainsi que sur l’ensemble de l’Empire et des légions. Maximien ne bénéficiait que d’une délégation de pouvoir. Il fut néanmoins bientôt élevé au rang d’Auguste, égalant en titulature Dioclétien.

Pour compléter la tétrarchie, Dioclétien et Maximien désignèrent chacun son César, ou remplaçant.

Dioclétien choisit Galère, berger d’origine dace devenu un brillant stratège dans l’armée de Rome, qu’il maria à sa fille. Quant à Maximien, il a jeté son dévolu sur Constance Chlore, militaire illyrien comme lui.

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Portrait des Quatre Tetrarques, porphyre initialement placée au palais de Constantin, puis trasnférée à la basilique St Mark à Venise

Constance Chlore avait auparavant noué une liaison avec Hélène, une femme de basse extraction, exerçant la profession de stabuleria, ce qui peut se traduire par « servante d’auberge » ou par prostituée recrutant ses clients dans les étables (stabula) près des auberges. Il s’éprit de la belle femme et l’épousa. Elle lui donna un fils: Constantin, le futur empereur. Tôt convertie à la religion chrétienne, Hélène a contribué à rapprocher son mari et son fils de la foi nouvelle, l’un et l’autre se gardant toutefois d’afficher leurs convictions en public.

Mais une fois nommé César, raison d’État oblige, Constance Chlore fut forcé de répudier Hélène et se remaria avec Théodora, fille de son protecteur Maximien, qui lui donna six enfants.

De la succession par le mérite à la succession héréditaire

Usés par la tâche, Dioclétien et Maximien se retirent de leur plein gré le 1er mai 305, selon la règle qu’ils ont eux-mêmes fixée. Mais leurs successeurs montrent beaucoup moins de désintéressement et ne tardent pas à se disputer le pouvoir.

Suivant l’exemple de Dioclétien, Constance Chlore, nouveau «Auguste» d’Occident, doit choisir un «César», qui fut Sévère, tandis que son propre fils est placé sous le commandement de Galère, «Auguste» d’Orient. Mais Constantin avait les dents longues, et ne voyait pas les choses de cet œil. Apprenant que son père était mourant, Constantin obtient de revenir auprès de lui, à York. Il resta avec lui jusqu’à ce que Constance Chlore décède, et alors, il se fait désigner «Auguste» à sa place, faisant fi des règles édictées par Dioclétien.

De son côté, à Rome, Maxence, fils de Maximien, n’accepte pas davantage d’être privé de la succession de son père. Il se fait à son tour proclamer «Auguste» par la garde prétorienne, la troupe d’élite stationnée dans la ville éternelle et chargée de la protection de l’empereur.

Ainsi le principe héréditaire vient-il brutalement se heurter à la cooptation au mérite qu’avaient tenté d’instituer les premiers tétrarques… Gebran Bassil jubile. Constantin aussi. Avec la mort de la méritocratie, s’ensuit une confusion augustéenne, où les césars et augustes sont nommés, puis écartés en orient et en occident.

Maxence, pour consolider son pouvoir, invita son père Maximien Hercule à revêtir de nouveau la pourpre et prendre place à ses côtés, puis il poursuivit Sévère, le César légal qui lui disputait le pouvoir en Occident, et le fait mettre à mort.

En 307, Maximien, qui prend peur devant la tournure des choses, tente d’évincer son fils mais il échoue et doit se réfugier à Trèves, au nord de la Gaule, sous la protection de son gendre Constantin. Mais, il ne peut s’empêcher de comploter contre ce dernier. Dénoncé par sa fille, il s’enfuit à nouveau jusqu’à Marseille, poursuivi par Constantin. Finalement il est contraint de se suicider en 310.

De son côté, Galère, nouveau «Auguste» d’Orient, ajoute à la confusion en tentant de remettre de l’ordre dans la tétrarchie. Il hisse à la fonction d’«Auguste» son compagnon d’armes Licinius, un ancien paysan dace comme lui. Mais, malade, il doit se retirer de la compétition. Avec lui disparaissent les derniers vestiges de la tétrarchie.

Finalement, le 28 octobre 312, Constantin bat son rival Maxence au Pont Milvius, sur le Tibre, à la sortie de Rome.

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La Bataille du Pont Milvius – détail (Fresque de Raphaël, Vatican, Salle de Constantin)

Cette bataille entre les deux prétendants à l’Empire va s’inscrire dans les mémoires en raison moins de son aspect militaire que de son aspect symbolique : pour la première fois, en effet, le futur empereur Constantin le Grand révèle son empathie pour la religion chrétienne, et arbore la croix.

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Constantin le Grand, ou Saint Constantin, saint de l’église Orthodoxe

Le règne de Constantin voit l’établissement de la liberté de culte individuel qui met fin aux persécutions des chrétiens (édit de Milan, 313). Il met provisoirement fin aux dissensions des Églises d’Orient en convoquant le concile de Nicée (325) et affirme son autorité dans le domaine religieux : c’est le césaropapisme. Il instaure une monnaie stable (le solidus, 312), développe l’administration centrale, défend les frontières de l’Empire contre les Francs, les Alamans, les Sarmates, les Goths et les Perses. Il fonde en 330 une nouvelle capitale à son nom, Constantinople (actuelle Istanbul). Ses réformes favorisèrent largement l’essor du christianisme, vers lequel il se tourna progressivement et dont il est devenu l’un des saints pour l’Église orthodoxe.

Ses noms de référence sont Imperator Caesar Flauius Valerius Aurelius Constantinus Pius Felix Inuictus Augustus, Germanicus Maximus, Sarmaticus Maximus, Gothicus Maximus, Medicus Maximus, Britannicus Maximus, Arabicus Maximus, Adiabenicus Maximus, Persicus Maximus, Armeniacus Maximus, Carpicus Maximus. (Gebran, faut s’y mettre à la rédaction du nom, le temps presse !)

 

22 Juillet 1209 – Les croisés massacrent la population de Béziers

Ils n’ont pas eu à trier les hérétiques des bons croyants, massacrant tout le monde, car « Dieu reconnaîtra les siens ».

Le chemin vers la Terre Sainte des croisés du légat du pape Arnaud-Amalric passait par Béziers. Un constat que même Arafat aurait eu de la peine à annoncer, avec sa route de Jérusalem qui passait par Jounieh. Cette croisade contre les Albigeois était destinée à éradiquer les hérétiques cathares dans le midi de la France.

La croisade décidée par le pape Innocent III, Philippe Auguste, roi de France, étant parti en guerre au nord, Arnaud-Amalric fut nommée à la tête de l’armée. Il était légat du pape, abbé de Cîteaux et chef du puissant ordre des moines cisterciens. Ce choix ne pouvait que plaire à Philippe Auguste qui ne voulait pas trop de cette nomination.

L’objectif donné à Amalric est d’attaquer les seigneuries et les communautés urbaines de la région qui, bien que catholiques, sont supposées soutenir l’hérésie. Le légat, qui bénéficie du ralliement forcé et contraint du comte de Toulouse Raimon VI, décide de briser d’abord le maillon le plus faible, à savoir Raimon-Roger de Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne…

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Massacre de Béziers

Les cathares, ou hérétiques albigeois ont fait leur apparition entre le Xe et XIIe siècle. Les adeptes du catharisme se qualifient eux-mêmes de « vrais chrétiens » et s’opposent avec vigueur à l’Église catholique. Ils sont soupçonnés de monothéisme dualiste, ou une foi manichéenne, comme quoi le monde est mauvais, et il importe de s’en détacher par la quête de la pureté absolue. Difficile à avaler à Rome où l’ostentation et pouvoir étaient indissociables. Bientôt l’expansion du catharisme et sa menace sont telles que l’Église catholique est contrainte de mener une guerre à l’éradication de cette religion.

Dénommée croisade contre les Albigeois, cette guerre bénéficie de l’onction du pape Innocent III. Elle va avoir raison de l’hérésie, mais son effet le plus tangible sera l’annexion de la région au domaine capétien, ce qui deviendra la France. Comme quoi, défendre la foi n’empêche pas de grappiller des gains et des terres au passage…

Le vicomte de Béziers et Carcassonne tenta de convaincre les croisés de sa bonne foi. Il essaya de négocier avec Amalric. Un arrangement fut proposé par l’évêque catholique de Béziers, qui suggéra aux habitants de livrer aux assaillants 222 cathares réfugiés dans la ville, contre la levée du siège, mais les habitants suspicieux refusèrent l’offre.

La ville ne craignait pas le siège. Il y avait des greniers pleins de provisions et possédés maintes sources à l’intérieur de ses murailles. À l’opposé, les assiégeants manquaient de vivres et devaient affronter une paysannerie hostile. Le siège se présentait d’autant plus mal que les croisés avaient toute latitude de rentrer chez eux au terme de quarante jours de campagne, laissant Amalric se démerder seul, selon la coutume féodale. Donc le temps ne pouvait que jouer en faveur des assiégés.

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La prise de Bézier par les croisés durant la croisade des Albigeois – Paul Lehugeur – XIX siècle

L’erreur fatale des assiégés fut d’accepter le combat et de sortir de la ville pour affronter les croisés en pleine campagne. Ces derniers, au lieu d’affronter les soldats sortis à leur rencontre, profitent de l’occasion pour pénétrer dans la ville, les portes n’ayant pas été fermées à temps. Béziers tombe rapidement entre les mains de l’armée du pape. La population, terrorisée, se réfugie dans l’église Sainte-Madeleine, mais les croisés n’en ont cure et massacrent à qui mieux mieux…

Avant l’attaque, Amalric aurait répondu lorsqu’on lui aurait demandé comment reconnaître les hérétiques des bons croyants : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens …»

Abou Bakr el Baghdadi et Abou Omar le Tchétchène s’enlacèrent en séchant une larme devant une telle horreur.

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Le siège de Béziers

L’assaut contre la ville fut donné essentiellement par les « ribauds », très probablement des bandes de routiers, truands de sac et de corde, habitués au combat. Ils « tuèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent » (Guillaume de Tudèle, poète). Ils « massacrent presque tous les habitants, du plus petit jusqu’au plus grand, et mettent le feu à la ville » (Pierre des Vaux de Cernay, moine croisé et historien).

Bilan des comptes : 18,000 morts. Croisade accomplie.