29 juillet 1958 – Création de la NASA

  1. La guerre froide n’était pas encore un film, mais une réalité. URSS et US s’affrontent sur tous les terrains : armes, nucléaires, aviation, sport, échecs, technologie, innovation et bien sûr, l’espace. Les Russes dominaient dans le domaine spatial. Les Américains s’appuient sur les scientifiques nazis récupérés en Europe à la fin de la guerre pour reverser la courbe.

Le 29 juillet 1958, le président Dwight D. Eisenhower, pour contrer la réussite spatiale soviétique, crée une branche civile de l’aérospatiale états-unienne, la « National Aeronautics and Space Administration« , plus connue sous le nom de NASA. Cette agence gouvernementale est dirigée par Charles F. Bolden. Elle employait 18 493 personnes en 2012 pour un budget annuel de 18,7 milliards de dollars ($).
Après l’échec de la première tentative de lancement d’un satellite dans le cadre du projet Vanguard, les Amerloques s’étant fait coiffer au poteau par Spoutnik 1, l’équipe de Wernher von Braun est autorisée à effectuer ses propres essais le 31 janvier de la même année. C’est ainsi qu’est envoyé le premier satellite artificiel américain dans l’espace, 4 mois après le satellite russe. N’empêche, la gifle est retentissante. Ingénieur nazi de la SS, Wernher von Braun est l’inventeur des V2. Employé par les États-Unis pour des recherches en balistique, il avait été écarté du projet à cause de son passé. Après ce succès, ses compétences techniques feront de lui le principal artisan de la conquête spatiale américaine au sein de la NASA, et surtout la construction du lanceur Saturne V qui permit à la mission Apollo d’atteindre la Lune.

Mais le 29 juillet, on n’y était pas encore là. Le 29 juillet, le président Eisenhower signe la loi instituant la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

La NASA coordonne les travaux de recherche et d’exploration aéronautiques et spatiales et vient en remplacement de la NACA (National Advisory Committee for Aeronautics), avec pour objectif primaire de gagner la « course de l’espace » engagée contre l’URSS.

En 62, la NASA place le premier américain en orbite. L’astronaute John Herschel Glenn est le premier Américain à prendre part à un vol spatial habité. À bord de la capsule « Mercury Friendship 7 », il effectue trois révolutions autour de la Terre (129 000 km) en 4 heures et 56 minutes. Les Américains réussissent ce vol habité, mais toujours avec près d’un an de retard par rapport aux Russes : le 12 avril 1961, Youri Gagarine avait été le premier homme de l’espace.

Le programme lunaire annoncé par le président Kennedy en 1961 provoquera le véritable essor de la NASA. Le pari d’envoyer un homme sur la Lune sera tenu en 1969 et mettra KO l’URSS qui peu à peu perdit la course à l’espace.

Aujourd’hui, la NASA n’ayant plus de navette spatiale, doit compter sur les vieux protagonistes d’hier et leur « vieux » système Soyouz pour alimenter la station spatiale.

O tempo o mores…

20 Juillet 1969 – Informations insolites et peu connues des premiers pas sur la Lune

Le 20 juillet 1969, à 20:17:40 UTC, le module lunaire Eagle touche la surface de notre satellite naturel après trois jours de voyage dans l’espace. L’homme a quitté sa planète originaire.

La NASA accomplit l’exploit humain et technologique d’aller sur la Lune avec un budget de 21 milliards de dollars. Dans les missions Apollo subséquentes, l’agence spatiale multipliera la durée et le nombre de sorties des astronautes. Mais en 1972, accablé par les coûts de la guerre du Vietnam, le président Richard Nixon décide de mettre fin au programme de conquête lunaire.

Pour ne pas refaire un énième cours des faits qui ont abouti à ce fascinant périple, cet article s’arrête sur les faits les moins connus de cet alunissage.

Premiers mots sur la lune :

« That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind » ont été prononcés par Neil Armstrong en descendant l’échelle. C’est un petit pas pour [un] homme, mais un pas de géant pour l’humanité. Le hic c’est qui’il a raté l’article [un], ce qui rend la phrase vide de sens, pourtant il l’avait répétée tellement de fois avec Nixon au téléphone le bougre. Saad Hariri aurait pu faire mieux en arabe !

20juillet-3Pourtant, avec ou sans [un], ce ne sont pas les premiers mots à voir été prononcés sur la Lune. Les premiers mots, bien moins glamour, auraient été prononcés par Buzz Aldrin et seraient « Contact light » au moment de l’alunissage.

Première nourriture consommée sur la Lune

Ce fut une hostie. Buzz Aldrin, croyant et pratiquant, a voulu communier et recevoir le « corps du Christ » qu’il avait ramené de Terre.

Lieu d’alunissage manqué

Le module lunaire Eagle se pose dans la mer de la Tranquillité, après une phase d’approche finale plus longue que prévu. Le site sélectionné pour l’atterrissage est dépassé de 7 km à la suite de problèmes rencontrés durant la descente. Neil Armstrong a été gêné par des alarmes de l’ordinateur de bord qui gère le pilote automatique et assure la navigation. Accaparé par ces alarmes, Neil Armstrong laisse passer le moment où, selon la procédure, il aurait dû exécuter une dernière manœuvre de correction de la trajectoire. Le LEM s’approchant d’un site encombré de rochers, Armstrong doit prendre le contrôle manuel du module lunaire et survoler à l’horizontale le terrain afin de trouver un site adapté à l’atterrissage. Cette manœuvre entame dangereusement la faible réserve de carburant qui subsiste : il ne restait plus que 45 secondes du propergol réservé à l’atterrissage lorsque l’appareil se posa à 7 km du lieu prévu à l’origine. Ça aurait été embêtant une panne sèche à  385,000 KM de la plus proche station. L’alunissage s’est finalement fait tellement en douceur, grâce au talent de pilotage d’Armstrong, que les pieds coulissants ne se sont pas repliés. Les astronautes ont dû sauter depuis la dernière marche de l’échelle pour atteindre le sol.

Capacité de calcul de l’ordinateur de bord

L’ordinateur d’Apollo avait une mémoire de moins de 2000 mots. Il tournait à 0,0004GHZ, soit 100,000 fois moins vite qu’un ordinateur portable d’aujourd’hui. D’ailleurs, l’ensemble du programme spatial Apollo, qui a duré 11 ans et a lancé 17 missions a consommé l’équivalent du temps de calcul nécessité par une recherche Google à l’heure actuelle.

20juillet-main-qimg-558b4c2b286a5c72ef0f226de98a43cc-cL’ordinateur du module lunaire a une puissance équivalente à celle d’une calculatrice bas de gamme des années 2000. D’ailleurs, il a été saturé par les signaux en provenance du radar de rendez-vous, d’où l’erreur d’Armstrong qui a raté le site.

Ça schelinguait dans la capsule

La présence de bulles d’hydrogène dans l’eau que buvaient les astronautes leur a donné des flatulences durant les huit jours du voyage vers le satellite de la Terre.

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La Lune pue

Quand les astronautes sont remontés dans le module après avoir marché sur la Lune, ils ont pu sentir la poussière lunaire sur leurs combinaisons. Dans ses mémoires, Buzz Aldrin décrit une odeur métallique et âcre, comme de la poudre à canon avec un relent de steak brûlé.

Un stylo a sauvé la mission

Durant la mission, l’un des astronautes a cassé le bouton permettant d’activer les moteurs de remontée du module. Buzz Aldrin a pu les activer au moment de repartir de la Lune grâce à un stylo qu’il avait dans sa combinaison, qu’il a traficoté et enfoncé à la place du bouton cassé.

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Déclaration des douanes

Les astronautes de la mission ont été ramenés sur Terre via Hawaï. À l’aéroport, ils ont dû, comme tous  les voyageurs, remplir une déclaration auprès des douanes. Dans le champ « départ de : », ils ont donc écrit « la Lune ». Ils ont également dû déclarer les poussières et roches lunaires qu’ils avaient rapportées sur Terre. On ne badine pas avec les agents d’immigration… Heureusement qu’ils n’ont pas découvert le petit réfugié martien à la mèche de paille répondant au nom de Donald Trump qui s’est qui infiltré avec les bagages.

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Mieux qu’une assurance : des autographes

Les trois astronautes de la mission n’avaient pas les moyens de se payer des assurances vie qui couvriraient un voyage vers la Lune, au cas où il leur arriverait malheur. Ils ont décidé de signer des cartes postales que leurs familles auraient pu revendre plus cher après leur mort. Aujourd’hui, certaines de ces cartes se montrent parfois dans des ventes aux enchères.

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Veni Vidi Pipi

Buzz Aldrin s’est vanté d’être le premier homme à avoir uriné sur la Lune, dans sa combinaison spatiale. Ceci lui est arrivé tout de suite après avoir posé le pied sur la Lune ; anticipant leurs futures émotions, les ingénieurs de la NASA avaient d’ailleurs spécialement équipé les combinaisons d’Aldrin et d’Armstrong avec une poche à urine. Las, en sautant, la poche se détache et verse l’urine dans les pieds de Buzz.

Coucou à la caméra

Sur toutes les photos prises sur la lune ce fameux 21 juillet 1969, aucune ne représente Neil Armstrong, car c’était lui qui tenait l’appareil photo. Neil s’en rendit compte, un peu déçu à son retour sur le plancher des vaches.

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Buzz Aldrin. En reflexion, sur la visière, on peut voir Armstrong tenant la caméra

Quarantaine au retour

Par peur de maladies extraterrestres, les astronautes ont dû rester cloitrés en quarantaine pour deux jours. Chaque astronaute devait se tenir à cette obligation jusqu’au retour de la mission Apollo 14. Après cette expédition, les scientifiques étaient convaincus que la Lune ne contenait aucune maladie mortelle.

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La presse et les photographes

Armstrong ne voulait pas de la présence des reporters et photographes au sortir de la période de quarantaine passée dans le LRL (Lunar Receiving Laboratory). La veille de cette sortie, au cours d’une discussion avec Charles « Chuck » Berry (pas le chanteur, mais le médecin-chef de la NASA), il avait prévenu qui si les caméras étaient présentes, lui et son équipage feraient semblant d’être malades, pariant même que tous les gens présents eux aussi se sentiraient subitement mal.

Et le gros agnant est … ?

Non, ce ne furent pas les astronautes. Le grand gagnant au nom inconnu est David Threlfall. Il avait parié 10 livres sterling en 1961 auprès des bookmakers qu’avant la fin de la décennie un homme, femme ou enfant marcherait sur la Lune. Il gagna son pari à 1 contre 1000, empochant l’équivalent de USD190,000 en monnaie en constante.

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1er juillet 1751 – Naissance tumultueuse de l’Encyclopédie

Le 1er juillet 1751 paraît le premier volume de l’Encyclopédie «tableau général des efforts de l’esprit humain dans tous les genres et dans tous les siècles». La levée des boucliers ne se fait pas attendre, science et religion ne font pas un bon couple.

L’aventure inédite et révolutionnaire est née six ans plus tôt dans la tête du libraire Le Breton qui voulait traduire la Cyclopaedia de l’anglais Ephraïm Chambers, un dictionnaire illustré des sciences et des arts publié en 1728. Mais Denis Diderot à qui il soumet l’idée voit plus grand. Il ne veut pas juste traduire l’ouvrage, mais écrire une œuvre qui englobera tout. Absolument tout. Il perçoit l’immense portée philosophique que peut représenter le projet. Il n’hésite donc pas un instant à se lancer corps et âme dans l’entreprise, faisant appel à plusieurs grandes plumes de l’époque. Rousseau, Voltaire et Montesquieu qui peinaient à faire accepter leurs articles par Wikipédia jouent le jeu. Il planche sur le nom, il pense tout d’abord à Al Jarass (qui contient tout, absolument tout), mais c’est déjà pris. Alors il invente un néologisme grec, Encyclopédie, qui signifie « les sciences destinées à être enseignées ».

Diderot s’associe les services de son ami, le mathématicien et philosophe Jean Le Rond d’Alembert. En octobre 1750, il expose son projet dans un Prospectus en vue d’attirer des souscripteurs. Pas moins de 2.000 répondent à l’appel, ainsi que le support de madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV. Le projet est lancé.

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Séance de lecture chez Diderot

Le succès de l’Encyclopédie est immédiat en France, mais aussi dans toute l’Europe des Lumières. Son tirage s’élève rapidement à 4200 exemplaires, ce qui est beaucoup compte tenu du coût et de l’ampleur de l’œuvre. Les livres à l’époque étaient vendus tout au plus à 1,500 copies. Diderot aurait pu vendre beaucoup plus si la version Kindle n’avait pas été piratée et offerte en téléchargement gratuit sur un serveur russe.

Les premiers ennuis débutent en 1752, avec un article sur la Genèse et la création du monde rédigé par un ecclésiastique quelque peu libre penseur. Un arrêté du conseil du roi Louis XV interdit l’impression et la diffusion des deux premiers volumes de « L’Encyclopédie » ou « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers ». L’œuvre est jugée subversive par les Jésuites qui la qualifient « d’athée et matérialiste », « contaminées par l’esprit voltairien ».

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Un dîner de philosophes, par Jean Huber. Denis Diderot est le second de la droite (assis)

Mais Mme de Pompadour et le directeur de la Librairie, Malesherbes, arrivent à convaincre le roi et font lever l’interdiction, autorisant la parution des cinq tomes suivants.

 En 1759, le pape Clément XIII condamne l’Encyclopédie de Diderot

L’encyclopédie n’est pas qu’un simple dictionnaire : Diderot y récuse l’idée de monarchie de droit divin et définit les limites de tout pouvoir, si bien que son « Encyclopédie », malgré le soutien du public, cette fois-ci, l’ouvrage dans tous ses volumes est interdit, par le pape, le roi et Nabih Berri. Le travail sera tout de même secrètement poursuivi par Diderot et le libraire Le Breton. Mais ce dernier censurera plusieurs articles à l’insu des auteurs, ce qui scandalisera Diderot lorsqu’il s’en apercevra.

D’Alembert, découragé, renonce à poursuivre l’entreprise. Les dix derniers tomes sont publiés clandestinement par Diderot en 1765 et les derniers volumes de planches illustrées sont enfin publiés sans la participation de Diderot en 1772. Au total, en trente ans, auront été publiés 28 volumes auxquels ont participé environ 200 auteurs, y compris les plus réputés de leur temps : Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Condorcet, Quesnay, Turgot, Marmontel, Helvétius, le baron d’Holbach… David Wolfe n’y apparaît pas, son article sur la noix de coco ayant été recalé.

En chiffres, l’Encyclopédie a fait :

  • 17 volumes d’articles, publiés entre 1751 et 1765
  • 11 volumes d’illustrations, publiés entre 1762 et 1772
  • 18,000 pages de texte
  • 75,000 entrées
    • 44,000 articles principaux
    • 28,000 articles secondaires
    • 2,500 illustrations
  • 20,000,000 mots au total

Pour comparer: Facebook pointe en tête avec 30 milliards d’articles partagés chaque mois, suivi par Wikipedia qui totalise 5 millions et demi d’articles en mai 2017 en anglais, avec une croissance de 20,000 articles par mois. L’Encyclopédie de Diderot leur a pavé la route avec seulement 75,000 entrées, pour que le premier serve à faire fondre la masse grise et le second à copier-coller les devoirs.

 

29 juin 2007 – Après le fiasco du premier Apple phone, le Rokr E1, le 29 juin 2007 Apple commercialise l’iPhone

Le Rokr E1, premier téléphone de la marque à la pomme dévéloppé conjointement avec Motorola fut un bide total. Le 29 juin 2007, le premier iPhone est commercialisé. Ce fut une machine truffée de bugs, avec des problèmes à n’en plus finir, mais au potentiel en or. Avant cette date, on était thé ou café, dessert ou fromage, Nord ou Sud, et depuis, on est iPhone ou autre.

2007, c’était il y a dix ans. Ce n’est pas vraiment de l’histoire, mais l’histoire fut écrite ce jour-là. Depuis l’annonce par Steve Jobs de l’iPhone en janvier de cette même année, la ferveur du public et la panique des ingénieurs d’Apple ne cessaient de monter.

Le 29 juin, ce sont les queues devant les Apple Stores. Le public qui se rue à l’intérieur après plusieurs jours d’attente sur le trottoir, dormant sur place sous les tentes. Les analystes et les médias ne comprennent pas cet engouement pour un téléphone. Ils filmaient ces extra-terrestres faisant la queue, attendant l’ovin d’iPhone. Pourtant ce genre de folie de groupe n’est pas nouveau à New York. En 1945, les New-Yorkais faisaient déjà la queue pour un produit qui voulait révolutionner leur vie: le stylo bille, notre fidèle BIC. Et à l’époque, ils ont payé l’équivalent de 150 dollars pour se le procurer. Sauf que depuis, et contrairement à l’iPhone, son prix a bien baissé.

La conception de ce premier iPhone avait démarré dans le plus grand secret. Jobs voulait l’expérience de l’internet sur un téléphone sans boutons.

« C’était comme la première mission sur la Lune ! » raconte Tony Fadell, le père de l’iPod.

Au moment du keynote, en janvier 2017, l’iPhone n’était qu’un « prototype qui fonctionnait à peine » Il n’y avait pas encore de ligne de production mise en place, il en existait une centaine d’exemplaires, dont certains avaient de gros défauts, pleins de bugs, et qui plantaient aléatoirement. Par exemple, l’iPhone pouvait lire un extrait de musique ou de vidéo, mais pas jouer un clip entier sous peine de planter. Il pouvait envoyer un e-mail puis surfer sur le Web, mais pas l’inverse ! Des heures de tests avaient permis de définir l’ordre précis dans lequel on pouvait enchaîner les actions sans plantage. Mais toute sortie de route était pénalisée.

Concevoir un écran tactile était à lui seul un projet titanesque. Un des tout premiers appareils équipés de la technologie tactile multipoints, sur lequel travaillait l’équipe Mac, était « énorme, il remplissait la pièce ». Le premier vrai prototype ressemblait à un iPod dont on utilisait la molette cliquable pour composer les numéros. Pas assez cool pour le boss.

Le deuxième prototype, conçu début 2006, plus proche de la version finale, était entièrement en aluminium. Deux experts des antennes ont dû aller « jusqu’en salle du conseil pour expliquer à Steve (Jobs) et (Jonathan) Ive qu’on ne pouvait pas faire traverser du métal à des ondes radio » raconte Phil Kearney, qui dut expliquer aux « artistes » que c’était juste une belle brique, qui ne pourrait jamais fonctionner. Loin de faciliter les discussions, par obsession du secret, Steve Jobs avait tenu à séparer les équipes du logiciel de celles travaillant sur le matériel… Au final : un bel appareil qui ne peut servir que comme presse-papier.

Pour mettre la pression, Jobs annonce la keynote aux grands désarrois de ses ingénieurs. En janvier 2007, la veille du jour J, après cinq jours de répétitions d’arrache-pied, l’ultime prototype se comportait rarement sans plantage. Les ingénieurs d’Apple avaient établi un «  golden path  », autrement dit un cheminement sûr pour le démonstrateur, Steve Jobs. S’il enchaînait les tâches dans le bon ordre, l’iPhone donnait l’impression de bien fonctionner. Mais au moindre faux pas, il aurait planté. En fin de compte, le miracle se produisit. Steve Jobs parvint à accomplir sa démonstration sans incident.

Pendant ce temps, au cinquième rang, une bande d’ingénieurs et de cadres, stressés et exténués, saluaient chaque étape réussie de la présentation de Steve Jobs d’une lampée de Scotch, se préparant à subir la foudre de Jobs en cas de plantage.

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George E. Kennedy Jr., left, first in line to purchase the new iPhone, shows his purchase, at an Apple store in Tysons Corner, Va., Friday, June 29, 2007. Kennedy is switching from Nextel to AT&T, and for him it is « bye bye Blackberry, hello iPhone. » (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)

La keynote réussie, restait à sortir un produit commercialisable. Finalement, le 29 juin 2007, les portes des Apple Store s’ouvrent, et les fans, qui attendaient depuis plusieurs jours aux portes, vont se ruer à l’intérieur pour s’en emparer. À l’époque, le premier iPhone n’avait pas d’App Store, une faible 2G, pas de fonction copier-coller ni même de possibilité de changer le fond d’écran. Ce modèle n’était pas opérationnel, les bugs étaient nombreux, et ni les médias ni les analystes ne comprenaient la folie qui entourait le produit. Mais en 2007, tout ce qui intéressait les gens avec l’iPhone, au-delà de l’aspect gadget ultramoderne véhiculé par Apple, c’était l’expérience du Web qu’offrait le téléphone avec une qualité encore jamais vue.

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Quelques mois plus tard seulement, Apple baissait le prix de son téléphone, le faisant passer de 600 à 400 dollars. Le modèle sorti l’année suivante, l’iPhone 3G ne sera vendu que 200 dollars. Un rabais tout simplement inconcevable aujourd’hui: l’iPhone 7 coûte aux alentours de 650 dollars dans les magasins alors qu’il ne coûte que 227 dollars à produire.

 

Quelques anecdotes sur l’iPhone:

L’iPhone n’était pas le premier téléphone d’Apple. En 2005 le Rokr E1 lancé avec Motorola fut un total échec.

Adios femmes et enfants. À quelques semaines du lancement de l’iPhone, insatisfait de l’appareil, Jobs avait demandé à toutes les personnes travaillant sur le projet de rentrer chez elles pour prendre quelques affaires dans une valise et revenir travailler non-stop jusqu’à ce que tout fonctionne comme il se doit.

Le téléphone de Google et Android ringardisé avant son lancement. Andy Rubin, papa d’Android et à la tête du projet de téléphone Google du nom de code Sooner était en route pour un rendez-vous à Las Vegas, où se tenait l’édition 2007 du CES. Il devait y rencontrer un fabricant de téléphones, prêt à intégrer son bébé. Bluffé par la présentation qu’il était en train de voir, il a demandé à son chauffeur de s’arrêter sur le bas-côté pour finir de regarder l’événement. « Shit ! », aurait-il dit à un de ses collègues dans la voiture, «  je crois qu’on ne va pas sortir le téléphone  ».

Le téléphone en question était pourtant plus performant que l’iPhone sur certains aspects. Il était, entre autres, multitâche, fonctionnait sans avoir besoin d’être connecté régulièrement à un PC ou un Mac et intégrait un Android Market. Problème : il était laid et ringard, avec un clavier physique et écran non tactile. Google dut remettre à plat son projet pour le relancer en 2008 sous le nom de code Dream.

Le Gorilla Glass. À l’origine, l’iPhone devait avoir un écran en plastique, comme ceux des iPod. Mais une fois les premiers prototypes en main, Steve Jobs voulut passer au verre, plus noble et élégant. La difficulté était de trouver un verre solide et inrayable… Un tel matériau existait bel et bien : baptisé Gorilla Glass, il avait été inventé dans les années 60 par l’entreprise Corning… mais n’avait jamais trouvé de marché. Corning n’en produisait donc pas et n’avait pas d’usine capable d’en fabriquer dans le délai de six mois fixé par Jobs. Quelque peu poussé par le patron d’Apple, Wendell Weeks, directeur général de Corning, releva le défi. Le Gorilla Glass, qui orne encore les iPhone, a été produit en moins de six mois après qu’une usine fut transformée en une nuit.

L’iPad avant l’iPhone. Apple travaillait sur une tablette tactile bien avant de se mettre à développer son iPhone. Mais Steve Jobs avait un problème avec le concept de tablette : il ne savait pas comment le « vendre » ce Safari Pad. En revanche, il pensait pouvoir vendre un appareil tactile destiné à remplacer les téléphones mobiles de l’époque. Apple s’est donc orienté vers l’iPhone. Le Safari Pad ne fut lancé que trois ans plus tard sous le nom d’iPad.

Steve Jobs ne voulait pas de l’App Store. Il était même très réticent à ce que des applications tierces viennent polluer son appareil avec des virus ou des logiciels indésirables. Pour que Steve Jobs change d’avis, il a fallu toute l’insistance de Phil Schiller et d’Arthur Levinson. Siégeant au board de Google, ce dernier savait que le magasin applicatif était central à Android. L’App Store a été lancé en juillet 2008, avec l’iPhone 3G.

Le nom d’iPhone était propriété de Cisco. Ainsi que l’iOS. Un accord passant par les cases tribunal et  chéquier permit à Apple de garder le nom.

26 juin 1903 – Le chewing-gum Wrigley ouvre l’ère de la codification de la distribution… et du consommateur, avec le premier code-barre mis en service

Le premier produit doté d’un code-barres scanné à une caisse est un paquet de gomme à mâcher de la William Wrigley Jr. Company dans un supermarché de la ville de Troy (Ohio).

Le zèbre cubiste qui trône sur le cul de tous les produits, emballage, billets, ou n’importe quel objet conçu et vendu n’est pas né d’hier. Le code-barres UPC (Universal Product Code) a été créé afin de définir une codification adaptée à la grande distribution, dans les années 70. Cette invention allait devenir l’une des techniques industrielles les plus marquantes de l’histoire, bouleversant les pratiques des distributeurs et de toutes les organisations qui achètent et transportent des objets, avec  la mise en œuvre des systèmes de traitement de l’information dans les magasins du monde entier, pour des millions de types de marchandises et d’articles.

L’idée de coder les produits était devenue une nécessité. Déjà, le 20 octobre 1949 N. Joseph Woodland, qui travaillait à l’époque au Drexel Institute of Technology, avant de devenir un IBMer, présenta la première demande de brevet sur la technologie des code-barres, brevet qu’il obtint avec Bernard Silver le 7 octobre 1952. Les premiers code-barres étaient circulaires et concentriques, ce qui permettait de scanner dans toutes les directions. Les choses devaient en rester là pendant plus de vingt ans, car la technologie des lecteurs optiques lasers n’était pas encore au point. Le premier scanner construit par Woodland dans son salon faisait la taille d’un bureau, devait rester recouvert d’une bâche huilée pour le protéger de la lumière, et pire, la lumière des lampes brûlait le papier portant le code-barres sans parler des dommages et lésions des yeux ! Ce genre de scanner aurait été intéressant pour les inspecteurs du TSL pour scanner les preuves, mais pas vraiment utile pour les supermarchés.

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Vers 1970, au centre Triangle Park d’IBM Research, George Laurer entreprit de trouver une solution pour scanner des étiquettes et développer un code à lecture numérique. Rapidement, une équipe fut mise sur pied, avec la participation de N. J. Woodland. Le premier essai porta sur le code en « œil de bœuf » de cercles concentriques, mais personne n’en fut satisfait, car il prenait trop de place sur les emballages.

Entre-temps, face au développement des supermarchés dans l’Amérique de l’après-guerre, le secteur de la distribution alimentaire voulait automatiser le passage en caisse pour gagner du temps, réduire les coûts de personnel et systématiser la gestion des stocks dans le magasin. L’équipe d’IBM avait quant à elle revu son approche et adopté les barres verticales que nous connaissons aujourd’hui, contenant chacune plusieurs copies des informations.

C’est le 26 juin 1974 qu’eut lieu la première lecture optique d’un article, dans le cadre d’un projet pilote réalisé dans un supermarché Marsh de Troy (dans l’Ohio). Il s’agissait d’un paquet de chewing-gum Juicy Fruit de Wrigley, exposé aujourd’hui au Smithsonian National Museum of American History, à Washington. Oui, c’est bien ça, ce premier chewing-gum portant un code-barre est préservé dans un musée. Oui, les maisons historiques de Beirut sont passées au pilon et au marteau piqueurs, et les colonnes et chapiteaux gréco-romains de Beirut sont jetés sur les plages du Biel.  26juin-4724952_orig

Les magasins alimentaires adoptèrent rapidement les nouveaux lecteurs, tandis que les consommateurs se convainquirent peu à peu de leur fiabilité pour la facturation.

Les doutes éventuels sur l’avenir du nouveau système furent définitivement balayés à la fin des années 1970. Le coût des passages en caisse avait chuté et leur vitesse avait augmenté de 40 % ; les transactions avaient gagné en fiabilité ; et les systèmes de gestion des stocks des magasins avaient été considérablement optimisés, pour la gestion des marchandises disponibles, en commande ou nécessitant un réassort.  Le code-barres a ouvert la voie à l’essor de l’hyperchoix, la multiplication des produits. Il a permis aux magasins de gérer un flux continu de nouvelles références, sans faire exploser les frais de gestion. Chaque jour, 8 milliards de « bips » retentissent partout sur la planète. La lecture optique du code-barres n’enregistre pas seulement la transaction. Elle déclenche aussi une incroyable cascade d’opérations, depuis l’enregistrement des données d’achats des clients jusqu’à la gestion des stocks, les commandes de réapprovisionnement automatique.

Et ce n’était qu’un début. L’une des conséquences immédiates fut la capacité des magasins à suivre les habitudes d’achat globales et, par la suite, individuelles des consommateurs grâce au scan de bons de réduction et de cartes de fidélité. En d’autres termes, le consommateur, autant que le produit, est fiché, tracé, suivi, prédit et en quelque sorte, codifié. Merci IBM.

15 juin 1844 — Charles Goodyear brevette le caoutchouc

Cette découverte ne fut pas sans accrocs. Mr Goodyear, après être passé trois fois par la case prison, essuyé trois banqueroutes, deux déménagements forcés et inhalés des milliers de litres d’air aux effluves de caoutchouc brûlé, arriva à sortir de ses fours la matière proche de celle qu’on flambe les soirs de nos désaccords cordiaux à Tarik el Jdidé.

Charles Goodyear commença à travailler dans une quincaillerie de Philadelphie à l’âge très respectable de 14 ans, soit le double de la moyenne des migrants syriens travailleurs au noir.

Quelques années plus tard, vers 1824 Charles ouvre sa propre quincaillerie, qui fera faillite suite au crash boursier de 1828. Il passera une première fois par la prison pour dettes impayées avant de s’y remettre au business. Il a la niaque. Il s’intéresse au potentiel du caoutchouc. Il essaie de l’exploiter dans de nouvelles utilisations, mais la matière est instable. Le caoutchouc utilisé résiste mal aux changements de température : mou quand il est soumis à la chaleur, cassant une fois exposé au froid. Ses expériences et les odeurs incommodantes le forcent à déménager. Il part s’installer à New York pour expérimenter un nouveau mélange d’acide nitrique et de caoutchouc qui lui permet de décrocher un contrat pour des sacs postaux. Mais la recette n’est pas la bonne. Les sacs fondent au soleil ! Top Chef lui conseille de raffiner sa recette en ajoutant un peu plus de mayonnaise. Mais ça ne prend toujours pas. Ruiné il doit déménager encore une fois à Woburn.

En 1839, Goodyear achète les droits à un nouveau procédé qui utilise l’addition du soufre au caoutchouc par imprégnation pour éliminer la nature collante du produit. Un jour, affairé à ses fours, un extrait de caoutchouc soufré tombe dans un poêle : la cuisson stabilisa les propriétés élastomères de la gomme. Goodyear découvre ainsi par hasard le procédé de « vulcanisation ». Le jury de Top Chef fait la moue, car un peu de mélasse aurait fait l’affaire quand même. Mais le produit fini n’est pas parfaitement homogène… Goodyear fait faillite et repasse par la case prison.

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Finalement, en 1842, un nouveau procédé consistant à l’ajout de vapeur d’eau sous pression au mélange de caoutchouc et du soufre permit d’obtenir un produit stable et homogène. Charles Goodyear est aux anges.  Les applications et les inventions se succèdent : fils de caoutchouc, canots de sauvetage, ressorts, roues, etc. Mais la fortune ne lui sourit toujours pas, car l’idiot, pris par son labo et ses essais, se fait coiffer au poteau par Thomas Hancock qui le devança en déposant le brevet de la vulcanisation le 21 novembre 1843, ayant pu découvrir sur les échantillons de Goodyear les traces de soufre révélant son procédé. Charles Goodyear ne tira presque aucun bénéfice de ses inventions.

Il passa ses dernières années en procès, essayant de poursuivre en justice ceux qui ont spolié son invention. Ses économies y passent en frais de justice. Il repasse brièvement par la case prison pour une chambre d’hôtel impayée avant de s’éteindre le 1er juillet 1860, très endetté et malade à force d’avoir brassé l’air de ses cuissons.

En 1898, l’entreprise Goodyear Tire & Rubber Company spécialisée dans la production de pneus en caoutchouc, est fondée aux États-Unis. Cette entreprise n’est aucunement liée à Charles Goodyear ni à sa famille. Comme quoi, ce n’est même pas le nom de Charles Goodyear que le Sayyed bénit à chaque brasier de pneus.

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